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Société

#MonSainté : Côte-Chaude, entre les crassiers et le cimetière, si loin et si proche à la fois

mercredi 29 novembre 2017 à 19:38 Par Angy Louatah, France Bleu Saint-Étienne Loire

Pour certains habitants, il n'y a pas de quoi se réjouir d'habiter un quartier où les services publics et les commerces perdent du terrain. Pourtant, l'humour, le sport et un attachement profond tient les historiques de Côte-Chaude par le cœur.

Depuis le cimetière : le quartier, les crassiers, puis la ville.
Depuis le cimetière : le quartier, les crassiers, puis la ville. © Radio France - Angy Louatah

Saint-Étienne, France

Pour y entrer ou pour en sortir, c'est la ligne 7 par la STAS qu'il faut emprunter. Vu de l'extérieur, le quartier de Côte-Chaude est une sorte d'enclave, la végétation et la rocade l'entourent. Entre le cimetière et les crassiers, c'était vraiment chez les mineurs dans le temps. Aujourd'hui environ 2.600 personnes, des retraités, des ouvriers, mais aussi des jeunes, l'habitent. Il y a une amicale et un club de football, mais lorsqu'on y tend le micro, on n'y recueille pas que de belles choses.

Ce quartier, c'est de la grosse m... Il n'y a rien à faire ici, j'en pense que du mal !" - un jeune qui a grandi à Côte-Chaude

Un avis, un regard personnel et un vécu que tout le monde ne partage évidemment pas ici. Cependant, beaucoup de gens disent qu'à Côte-Chaude, c'était mieux avant. Jean-Claude y vit depuis 1952 : "Il n'y a pas de commerce, il n'y a plus rien, il ne reste que deux boulangeries, c'est tout, vous voyez des fruits et légumes vous ?" , peste-t-il. À l'intérieur du bar tabac central, Steeve est un patron heureux, malgré tout. Il a quitté Monaco il y a trois ans pour venir à Côte-Chaude et comprend que certains jeunes se sentent mal ici : "On est un peu à l'écart de la ville, on n'est pas en centre ville".

Pour son client Gilbert, le principal problème, c'est la fermeture de certains services publics : "il n'y a plus la poste depuis 4 ans, c'est ici que je viens chercher mon courrier", au bar tabac qui fait relais", explique-t-il. Pour autant, il ne supporte pas les propos de Laurent Wauquiez sur les quartiers perdus : "Ce n'est pas en dénigrant la troisième ville de la région qu'on va la remonter".

À l'amicale, un attachement viscéral

Côte-Chaude, c'est aussi une vie de quartier, avec du sport et de la camaraderie. Ancien quartier de mineurs, ce que l'on résume souvent sous l'expression des "valeurs stéphanoises" s'illustre parfaitement ici. Pierre est l'une des pierres angulaires de l'amicale laïque. Il suit également avec attention le club de foot du Côte-Chaude Sportif, connu notamment pour ce match si particulier en 32e de finale de la Coupe de France, perdu 10-0 à Geoffroy-Guichard face au Paris Saint-Germain de Raï en 1994. "On a le foot, mais aussi le tarot, le billard, les boules, le basket, la danse, le judo... " , énumère-t-il avant d'être coupé par un ami : "On a le Ricard aussi !".

Pour Jean-Pierre, l'humour aussi est caractéristique de Côte-Chaude. "Vous m'avez vu moi, je plaisante toujours, je suis un emmerdeur" , plaisante-t-il. Lui qui ne veut pas noircir le tableau explique : "Je ne peux pas me passer de mon quartier, j'aime mon quartier, j'y suis né, j'ai mes amis, même ma femme y est revenu, pourtant elle est de Saint-Just-Saint-Rambert, mais elle aime Côte-Chaude !"

Émission spéciale ce vendredi 1er décembre sur France Bleu Saint-Étienne Loire pour tirer le bilan de l'opération #MonSainté. Nous serons en direct de la place Jean-Jaurès à Saint-Étienne, sous le kiosque, de 11 à 13 heures.

Virginie Salanson - Radio France
Virginie Salanson © Radio France