Société

A Montreuil, l'ancienne maire Dominique Voynet vient soutenir 13 familles Roms expulsées

Par Rémi Brancato, France Bleu Paris Région mercredi 3 août 2016 à 12:10

Dominique Voynet et Liliana Hristache, de l'association Rom Réussite, lors du rassemblement mardi soir à Montreuil (93)
Dominique Voynet et Liliana Hristache, de l'association Rom Réussite, lors du rassemblement mardi soir à Montreuil (93) © Radio France - Rémi Brancato

Depuis jeudi, 40 Roms dont 19 enfants dorment à la rue, à Montreuil, après l'expulsion du hangar qu'ils occupaient depuis 2010, occupation tolérée par l'ancienne maire Dominique Voynet. Elle est venue les soutenir ce mardi lors d'un rassemblement devant l'hôtel de ville.

Depuis jeudi, ils passent leurs jours et leurs nuits à errer dans les rues de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. 13 familles roms, qui représentent 40 personnes, dont 19 enfants, ont été expulsées jeudi dernier du hangar occupé pourtant depuis 2010. Les familles y vivaient et y travaillaient : du tri de métaux et de tissus. Ces roms étaient soutenus depuis leur installation par l'ancienne maire, Dominique Voynet, venue plaider leur cause ce mardi soir, lors d'un rassemblement devant la mairie de Montreuil.

"Ne pas les expulser sans les reloger"

"Ces familles sont montreuilloises depuis des années, elles savaient depuis le début que ce site allait être détruit mais on ne peut pas les en expulser sans les reloger" explique l'ancienne maire écologiste, qui a beaucoup travaillé sur la question de l'insertion des Roms.

Les familles expulsées se sont rassemblées devant la mairie de Montreuil. Rémi Brancato

Mais ce site doit en effet être détruit, pour accueillir un nouvel écoquartier. Le maire (PCF) de Montreuil depuis 2014, Patrice Bessac, a pris un arrêté d'extrême urgence, après un incendie dans le bâtiment voisin, en septembre. Dans un communiqué, la ville explique sa décision par "l'aggravation des risques" et assure que "les bâtiments occupés étaient impropres à l'habitation". Après plusieurs recours des familles, la préfecture de Seine-Saint-Denis a finalement attendu la fin de l'année scolaire pour ordonner l'expulsion, en plein été, car les enfants sont scolarisés.

Des enfants scolarisés

"La plupart des gens disent que ces familles-là n'étaient pas capables de s'intégrer mais nous l'avons prouvé", plaide Liliana Hristache, présidente de l'association Rom Réussite qui accompagne ces familles. "Ce n'est pas normal que des enfants soient à la rue" ajoute-t-elle.

Liliana Hristache dénonce la situation de ces familles, expulsées après plus de 5 ans d'occupation.

Avec d'autres soutiens militants et associatifs, elle est allée remettre en mairie le courrier rédigé par Dominique Voynet au préfet de région. "Avec cette municipalité, à chaque fois que j'ai envoyé des lettres, pas de réponses" dénonce aussi Liliana Hristache, qui figurait  pourtant sur la liste du maire actuel lors du second tour des municipales en 2014.

La municipalité se défend d'un changement de politique et assure que "pendant 5 ans (...) la Ville de Montreuil s'est engagée dans un processus d'accompagnement des familles roms qui a porté ses fruits". Dans l'entourage du maire on assure que 4 familles ont refusé des propositions d'hébergement le jour de l'expulsion. Les représentants des roms expliquent que les parents ne voulaient pas éloigner les enfants des lieux de scolarisation.

Ce mardi, des élus ont reçu une délégation de représentants des familles Roms. Aucune solution de relogement n'a été proposée. Les élus ont renvoyé vers le 115, très régulièrement saturé. La municipalité estime que c'est à l'Etat de "reprendre l'accompagnement financier des dispositifs d'insertion à long terme". Dominique Voynet a aussi alerté la ministre du Logement.