Société

Attentat de Charlie Hebdo : deux ans après la mort de Cabu, "ce qui me reste c'est son rire éclatant !"

Par Sophie Constanzer, France Bleu Paris Région, France Bleu Champagne-Ardenne et France Bleu vendredi 6 janvier 2017 à 10:03

Jean Cabut dit "Cabu" venait régulièrement dans la Marne, à Châlons et en Argonne.
Jean Cabut dit "Cabu" venait régulièrement dans la Marne, à Châlons et en Argonne. © Maxppp - Richard Brunel

Deux ans après la mort du dessinateur châlonnais Cabu dans l'attentat contre Charlie Hebdo, son ami de toujours Georges Schmitt a accepté de raconter ses souvenirs. Lui qui a été croqué par Jean Cabut pendant plus de 60 ans, a encore du mal à accepter sa disparition.

"C'est pratiquement tous les jours que je pense à lui", avoue Georges Schmitt. D'entrée, le ton est donné. L'ami d'enfance de Jean Cabut se souvient comme si c'était hier, de ce 7 janvier 2015, le jour où celui qu'on appelle "Cabu" a été tué dans les locaux de Charlie Hebdo."C'est pas passé... on a appris la chose, on était en voiture, j'ai pensé avec mon épouse : on est mercredi, jour du comité de rédaction, pourvu que Jean n'y soit pas", raconte Georges Schmitt. La suite on la connaît. Il apprendra un peu plus tard que son ami de toujours fait partie des 11 victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo.

C'était jamais de l'improvisation quand on faisait un canular... -- Georges

Georges Schmitt a connu Jean Cabut au lycée Pierre Bayen de Châlons-en-champagne en 1954 et les deux compères sont restés amis pendant plus de 60 ans. "Chaque fois qu'il avait un bouquin qui sortait, il me l'envoyait", explique-t-il. Du coup des livres, et surtout des caricatures signées de la main de "Cabu", il en a des dizaines. Mais Georges Schmitt se souvient surtout des canulars avec son ami Jean Cabut. Et particulièrement du canular en juin 1959 lors de l'arrivée de l'épreuve Paris-Strasbourg. "C'était jamais de l'improvisation quand on faisait un canular, on travaillait dessus. Donc le Paris-Strasbourg on avait étudié le costume, la gestuelle...", raconte Georges qui s'était ainsi fait passé pour un concurrent suivi par son compère Jean.

Voici l'un des dessins offerts à Georges par le dessinateur Cabu.  - Radio France
Voici l'un des dessins offerts à Georges par le dessinateur Cabu. © Radio France - Sophie Constanzer

Ce qui me reste de Jean, c'est son rire éclatant

"Ce qui me reste, c'est son rire éclatant", avoue amusé Georges Schmitt. Mais quel est son dernier souvenir de Jean Cabut ? A l'automne 2015, peu avant sa disparition. Comme chaque année, Jean Cabut était venu passer quelques jours en Argonne, dans la Marne, chez son ami Georges. "On avait pris nos vieilles voitures, et on était allés se promener dans la forêt avec les couleurs d'automne...". Balade dans la Citroën Trèfle que les deux hommes aimaient tant. Voiture qui avait déjà fait leur bonheur à l'âge de 18 ans...

"Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi gentil..."