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Société
Dossier : Mort de Jacques Chirac

Mort de Jacques Chirac : les réactions au Pays basque

-
Par , France Bleu Pays Basque

Jacques Chirac est mort ce jeudi à l'âge de 86 ans. Au Pays basque, l'émotion est palpable chez les élus et les politiques qui ont connu l'ancien président de la République.

L'émotion des élus basques après la mort de Jacques Chirac. Ici, avec Michèle Alliot-Marie, à Socoa en 2007
L'émotion des élus basques après la mort de Jacques Chirac. Ici, avec Michèle Alliot-Marie, à Socoa en 2007 © Maxppp - BERNIERE Patrick/PHOTOPQR/SUD OUEST

Pays Basque, France

Jacques Chirac est mort ce jeudi. L'ancien président de la République, en fonction de 1995 à 2007, avait 86 ans. Son état de santé s'était largement dégradé depuis la fin de son mandat, après un accident vasculaire cérébral en 2005. Depuis, il se montrait beaucoup plus discret. Sa dernière visite officielle au Pays-Basque, lorsqu'il était encore président, à remonte avril 2007 à la citadelle de Bayonne pour saluer les forces du 1er RPima. Depuis l'annonce de sa mort, les réactions des élus basques sont nombreuses. 

Michèle Alliot-Marie, très proche de l'ancien président 

"Je suis très triste, Jacques Chirac faisait un peu partie de notre famille. C'était un ami de mon père, de longue date. C'est lui qui m'a lancée en politique et par un curieux effet du hasard, il se trouve que je suis à Saint-Jean-de-Luz, où je l’ai rencontré pour la première fois, j'avais 19 ans. Saint-Jean-de-Luz où j'étais dans mon bureau à la mairie quand il m'a dit qu'il voulait me nommer au ministère de la défense, et Saint-Jean-de-Luz, où j'ai appris son décès. 

Je pense que Jacques Chirac a été un grand chef d'état auquel l'histoire rendra justice. Il a aussi été très dénigré, et je pense qu'au final son bilan national et international, institutionnel et humain sera par la suite reconnu. 

Jacques Chirac avait une stature, que l'on ne retrouve pratiquement pas depuis son départ.

Il avait la capacité d’avoir une vision globale des équilibres du monde, une grande générosité, on l'a vu notamment avec tout ce qui concerne les arts premiers, sa reconnaissance des peuples.

Jacques Chirac est venu à de nombreuses reprises au Pays-Basque, comme ici au sommet européen de Biarritz - Maxppp
Jacques Chirac est venu à de nombreuses reprises au Pays-Basque, comme ici au sommet européen de Biarritz © Maxppp - Georges Bartoli

Il avait une réelle une volonté, très forte, qui s'est manifestée lors de la guerre d'irak, il a su  s'imposer contre toutes les pressions. C'est quelqu’un dont la parole comptait, et qui était écouté, chaque fois qu'il s'exprimait sur le plan international. 

Sur le plan national, les Français ont montré qu’au-delà des péripéties de la politique, ils savaient que c'était un homme qui les aimait. Ca fait aussi partie du bilan de Jacques Chirac, il était attentif à chacun, soucieux d'écouter ce qui se disait sur le terrain, soucieux d'essayer d'éviter et de réparer les fractures sociales dans d'autres pays. 

Il me disait toujours : « Faites attention la France est un pays fragile. Il faut faire attention à ce que les gens ne soient pas opposés les uns autres car il y a potentiellement de la violence dans cette opposition. "

Max Brisson, sénateur Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques

"Je suis touché, parce qu'une grande partie de mon engagement politique s'est fait derrière Jacques Chirac, lorsqu'il était président-fondateur du RPR. Puis, j'ai participé, à ma place, à son élection à la présidence de la République. 

J'ai quelques souvenirs personnels de mes rencontres avec lui. La plus forte, c'était du côté d'Espelette lorsqu'en 1992, je lui avais organisé une magnifique rencontre avec des agriculteurs dans une ferme. Quand André Darraidou, le maire, l'avait accueilli en basque, Jacques Chirac s'était retourné vers moi et m'avait dit : "Qu'est-ce qu'il dit ? Tout le monde sait que je ne parle pas le basque." Et je lui avais répondu : "Président, pas de problème, il ne dit que du bien de vous." 

Après la fin de son  mandat, Jacques Chirac s'est fait plus discret, mais il continuait de revenir au Pays Basque. Notamment en juillet 2007, pour une Thalasso avec sa femme, à Biarritz - AFP
Après la fin de son mandat, Jacques Chirac s'est fait plus discret, mais il continuait de revenir au Pays Basque. Notamment en juillet 2007, pour une Thalasso avec sa femme, à Biarritz © AFP - DANIEL VELEZ / AFP

J'ai plein de souvenirs émus d'un homme qui était très chaleureux, aimait les gens, était dans l'empathie. J'ai un autre souvenir encore plus fort, lors d'un moment qu'il avait consacré à un élève de l'école de Ciboure pendant une visite. Il avait de gros soucis de famille. Je me souviens de l'attention que Jacques Chirac avait porté sur ce dossier, à propos de quelqu'un qu'il ne reverrait plus jamais. Un dossier personnel, très fort, qu'il avait réglé un 25 décembre.  Voilà, j'ai vraiment le souvenir d'une personne d'exception dans ses relations. 

Il aimait les gens, et les Français, finalement, le ressentaient

On a pu souvent l'accuser d'immobilisme lorsqu'il était président de la République, mais il était, et le chef de l'État devrait en prendre de la graine, très attentif à la fragilité du tissu social français, à la société française. Et je pense c'est une notion que l'on peut garder de Jacques Chirac."

Claude Olive, maire d'Anglet, président du parti Les Républicains des Pyrénées-Atlantiques

"Beaucoup d’émotion. Tout jeune, quand je me suis engagé au RPR à 17 ans, je me suis engagé pour combattre à ses cotés et qu’il soit un jour président de la République. Je crois que la France perd un grand monsieur, un grand président, un homme qui aimait profondément son pays et les françaises et les français. 

C'est un grand monsieur que la France perd aujourd'hui

On a tous quelque chose de Chirac en nous.  C'est pour ça que c'est un homme qui a réussi à faire de grands rassemblements autour de lui. Au-delà des valeurs gaullistes qu'il défendait, c'était un homme humainement bon tout simplement. C'est peut-être pour ça que les français et les françaises se projettent sur ce qu'il a été."

Lucien Delgue, maire LR d'Armendarits 

"C'est un grand homme d'état qui disparaît, un grand homme de la politique française. Un pan de l'histoire qui se ferme définitivement. Jacques Chirac c'était un grand défenseur du monde rural. Comme ministre, il a défendu l'agriculture au niveau européen. Il avait cette fibre rurale que doit avoir un président de la République en France. 

Jacques Chirac, lors de son dernier déplacement officiel en tant que président de la République, s'était rendu le le 3 avril 2007 à la citadelle de Bayonne, pour saluer les soldats du 1er RPIMA - Maxppp
Jacques Chirac, lors de son dernier déplacement officiel en tant que président de la République, s'était rendu le le 3 avril 2007 à la citadelle de Bayonne, pour saluer les soldats du 1er RPIMA © Maxppp - BERNIERE Patrick/PHOTOPQR/SUD OUEST

Jacques Chirac c'était aussi celui qui a tenu front aux USA à la guerre d'Irak en attaquant pas Sadam Hussein, avec le recul on peut dire qu'il avait raison.  Je l'avais rencontré quand il était venu faire un meeting en 1978 à Saint Palais. Il était venu soutenir Michel Inchauspe, la figure gaulliste du Pays Basque. Il avait fait un éloge de Michel Inchauspe. Il était accompagné à l'époque de Charles Pasqua. Les gens étaient enthousiastes. Il y avait à l'époque le marché plein, et avec le recul je me dis que maintenant si un homme politique venait, il n'attirerait pas ces foules là. Cette époque là disparaît avec la mort de Jacques Chirac. "

Jean-René Etchegaray, président UDI de la communauté d'agglo du Pays Basque et maire de Bayonne

"Quand on pense à Jacques Chirac, on pense forcément à son action pour ce pays. Il aura été un grand président de la République, indiscutablement. Parmi les présidents de la Ve, c'est celui qui a eu le meilleur rapport avec la terre et la campagne. Il y était très attaché. Il avait une connaissance du territoire très forte, dans toute sa diversité. On souhaiterait que tous les présidents puissent avoir la même.

Il a eu l'occasion de se déplacer au pays basque, à Bayonne, et j'ai pu le croiser à ce moment-là. Il avait la poignée de main facile et très communicative. Il aimait la vie, les produits du terroir, et le revendiquait. Il ne refusait jamais un verre de vin, ni un repas, et savait prendre le temps qu'il fallait pour s'adresser à la population. C'est extrêmement important, c'est un côté de lui qui était très positif. Les obsèques de Johnny Hallyday ont donné lieu à des funérailles nationales, et je ne crois pas que Jacques Chirac mérite moins que ce grand chanteur. C'était un grand homme d'État."

Jean-François Irigoyen, maire de Saint Jean de Luz

« Jacques Chirac, c’est d’abord un souvenir personnel puisque c’est l’homme qui a fait que je me suis engagé en politique.  C’était évidemment un destin hors normes et une personnalité hors du commun, avec un parcours politique brillant. Il a su se relever de plusieurs échecs, pour finalement devenir Président de la République. 

N’oublions pas qu’en 1995, alors que tout le monde le donnait battu, il a finalement réussi à l’emporter, grâce à son énergie et sa ténacité. C’est aussi le premier Président de la République qui a reconnu la responsabilité de l’Etat français dans les crimes commis contre les juifs ; souvenons-nous de son magnifique discours devant le monument commémorant la rafle du Vel d’Hiv. C’est lui qui a su dire non à l’entrée en guerre de notre pays en Irak. Et c’est lui encore qui a interpellé la planète en dénonçant l’indifférence des grands de ce monde devant la dégradation de notre environnement. Là aussi, c’est son célèbre discours de Johannesburg « la maison brûle et nous regardons ailleurs » qui aujourd’hui prend un relief tout particulier.

C’est un homme dont le parcours a parfois été controversé, mais depuis son départ de la vie politique, les Français reconnaissent en lui un homme avant tout sympathique et attentif à chacun. Au-delà de l’homme d’Etat qu’il était, c’est quelqu’un qui aimait les gens et c’est finalement cela que je retiens de lui. » 

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