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Société
Dossier : Mort de Raymond Poulidor

Un chemin de chèvres goudronné grâce à "Poupou" dans les Landes

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Par , France Bleu Gascogne

Raymond Poulidor est mort à l'âge de 83 ans dans la nuit de mardi à mercredi. Celui que l'on appelait "Poupou" ou l’éternel second en raison de ses combats sur le Tour de France face à Anquetil, notamment, est venu plusieurs fois dans les Landes.

Raymond Poulidor est venu plusieurs fois dans les Landes, la dernière au printemps pour les 90 ans d'André Darrigade
Raymond Poulidor est venu plusieurs fois dans les Landes, la dernière au printemps pour les 90 ans d'André Darrigade © Maxppp - Thomas JOUHANNAUD

Département Landes, France

Beaucoup de réactions après la mort de Raymond Poulidor. Celui qu'on surnommait "Poupou" est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Il avait 83 ans. Éternel second du Tour de France... Jamais maillot jaune... Raymond Poulidor est venu plusieurs fois dans les Landes pour des courses cyclistes, dont un contre-la-montre décisif du Tour de France 1964 entre Peyrehorade et Bayonne, mais aussi à titre personnel pour rendre visite à son ami André Darrigade. 

Le mythique mur de Banos goudronné pour Poulidor

Aujourd'hui encore, dans les Landes, le mur de Banos est réputé pour sa difficulté. Les organisateurs essaient de faire passer leurs courses par le mur de Banos, comme le Tour des Landes Cycliste ou le Circuit de la Chalosse. Ce mur est devenu un mythe, un peu grâce à Raymond Poulidor.

Il faut savoir que Raymond Poulidor est venu sur les routes de Chalosse, le 24 avril 1965. Bertrand Lucq, habite à Mugron. Il est l'auteur de plusieurs livres sur le cyclisme et notamment le Tour de France. Il raconte cette anecdote savoureuse sur la venue de Poulidor dans les Landes, il y a 54 ans. Pour les 80 ans du Stade Montois Cyclisme, le président de l'époque, Pierre Cescutti, veut créer l'événement : une course en ligne avec Raymond Poulidor et son équipe. Il contacte alors Antonin Magne, le directeur sportif de "Mercier", qu'il connaît bien, et lui propose d'être les têtes d'affiche de la course. 

Sur le principe, Antonin Magne est d'accord, mais émet une réserve : que le parcours soit suffisamment long et sélectif, comprenez qu'il faut quelques difficultés,  comme un bon entraînement juste avant le début du Tour d'Espagne (qui se courait au printemps à cette époque). 

Pierre Cescutti relève le défi. Bertrand Lucq raconte comme il est allé trouver le maire de Banos, au sud de Saint-Sever : "Il savait qu'il y a avait là, un chemin de chèvres, qui menait au village. Il savait que c'était une côte relativement escarpée. Il s'en va trouver le maire de l'époque, Mr Ciron, et lui explique : voilà, j'organise une course cycliste et si vous goudronnez la route je vous fais passer Raymond Poulidor devant la porte. Le maire, quelque peu surpris, accepte face aux garanties de Pierre Cescutti. Donc, le maire de Banos fait goudronner cette portion de route et la côte de Banos, avec des pourcentages à 18%. Et le 24 avril 1965, pari tenu ! Raymond Poulidor est passé en tête en haut de la côte de Banos, devant un de ses co-équipiers de Tarbes, Robert Poulou, et un certain Luis Ocaña, qui était encore amateur et qui courait au Stade Montois."

Cette course dans les Landes aura été bon entraînement pour l'équipe Mercier. Puisque l'un des co-équipiers de Raymond Poulidor, l'Allemand Rolf Wolfshohl a remporté quelques jours plus tard le Tour d'Espagne. 

1964 : Poulidor perd le maillot jaune entre Peyrehorade et Bayonne

L'année précédent cette course, Raymond Poulidor est déjà dans les Landes. Nous sommes en juillet 1964, en plein Tour de France. Certainement l'édition la plus marquante du duel Anquetil-Poulidor où tout le monde se souvient chacun de l'étape Brive-Clermont Ferrand et cette arrivée au sommet du Puy-de-Dôme.  Mais, c'est bien dans le sud-ouest que tout s'est joué cette année là. Dans le contre-la-montre entre les Landes et Pays Basque, entre Peyrehorade et Bayonne, le 9 juillet 1964. 

Raymond Poulidor le dira lui même : "Le Puy-de-Dôme, c'est rentré dans la légende, ça a été un moment fort, oui. Mais c'est pas là que le Tour de France est perdu pour moi." Au micro de France Bleu en 2018, il explique : "Ce contre-la-montre Peyrehorade-Bayonne, c'est là que j'ai perdu ce Tour de France, puisque j'ai crevé à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée. J'ai dû changer de vélo, mon mécano était sur le pare-choc. Grand coup de frein et le bonhomme et le vélo sont partis dans le fossé. J'ai perdu 35... 40 secondes. Pour moi, j'ai perdu le Tour de France là." 

Ce tour de France 1964, Raymond Poulidor finira deuxième. La première fois d'ailleurs qu'il finira deuxième du Tour de France, ce qui marquera le début de son surnom qui lui collera injustement à la peau... "L'éternel second".

"Le Lévrier des Landes" et le fils de métayers limousins adversaires et amis

Personne n'oubliera le duel Raymond Poulidor - Jacques Anquetil. Mais une autre légende du cyclisme l'a bien connu. Lui, était un sprinter et lui aussi avait un surnom : "Le Lévrier des Landes". André Darrigade, enfant de Narosse à côté de Dax, était un ami de Raymond Poulidor. Ils ont couru de nombreuses courses dans le même peloton dans les années 1960. André Darrigade, aujourd'hui installé à Biarritz, se souvient avec émotion et malice. 

France Bleu Gascogne : On imagine votre tristesse quand vous avez appris le décès de Raymond Poulidor

André Darrigade : Oui, je m’y attendais parce que je savais qu’il n’était pas bien du tout. J’ai essayé de l’avoir il y a une huitaine de jours à l’hôpital et on n’a pas voulu me le passer parce qu’il était trop fatigué et qu’il était dans l’impossibilité de pouvoir me parler. 

La dernière fois que vous vous êtes vus, c’était pour l’anniversaire de vos 90 ans à Narrosse ? 

C’est pas la dernière fois. La dernière fois qu’on s’est vu, c’était à Pau à l’occasion du centième anniversaire du maillot jaune et là, je l’avais trouvé fatigué. Il voulait rester le plus longtemps possible dans le vélo, il était resté sur le Tour de France. Il portait une chemise jaune (rires), il n’a jamais porté le maillot jaune mais il portait une chemise jaune. Il m’a dit un jour "moi je ne peux pas me passer du cyclisme et du tour de France". 

C’était un ami ? 

Oui, c’est un ami. On n'a couru pas dans la même équipe mais on a couru beaucoup de courses ensemble. 

Parce que ça a été un concurrent mais c’est devenu un ami ? 

Oui ! C’est vrai que Raymond, je l’aimais beaucoup parce il me faisait de la peine souvent quand il était battu dans certaines courses. Des fois, il ne méritait pas ça. Ce qui me fait plaisir, c’est que c’est un coureur qui sort de la terre parce que ses parents étaient métayers, moi-même mes parents étaient métayers aussi et il y avait donc une certaine relation entre nous. 

Vous, métayer dans les Landes et lui ? 

A côté de Limoges. 

Est-ce que vous avez des souvenirs marquants de courses avec lui ? 

Oui, j’ai des souvenirs marquants oui. Notamment sur le tour de France 1964 où il n’a pas eu de chance. Il est tombé à plusieurs reprises notamment dans l’étape contre-la-montre Peyrehorade-Bayonne et je pense que cette année-là, il aurait pu gagner le tour. C’était la grande bagarre avec Anquetil, il n’a pas eu de chance parce que je crois qu’il a crevé après, le mécano en le poussant l’a fait tomber. Ça fait qu’il a perdu pas mal de temps et s’il n’y avait pas eu cette malchance dans cette étape-là, je pense que cette année-là, il aurait pu gagner le tour. 

Vous disiez en avril dernier pour votre anniversaire "J’étais très populaire à l’époque, en tous cas, jusqu’à l’arrivée de Poulidor". Il vous a volé la vedette Raymond Poulidor ? 

Effectivement oui (rires), c’est vrai. 

Ces derniers jours, vous saviez qu’il était proche de la fin, qu’il était fatigué et vous avez tenté de le joindre sans succès, qu’est-ce que vous lui auriez dit si vous l’aviez eu au téléphone ? 

Je voulais lui dire qu’il s’accroche bien, un bon moral quoi. 

Le parcours de Raymond Poulidor - Visactu
Le parcours de Raymond Poulidor © Visactu -
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