Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Municipales dans l’Yonne : le casse-tête des dépôts sauvages d'ordures

-
Par , France Bleu Auxerre

Suite de votre série "Rendez-vous en mairie" consacré aux grands enjeux des élections municipales. Après la santé, le sport, la sécurité... on parle de la propreté.

Deux membres du collectif "la belle au bois d'ordures" devant une décharge sauvage en pleine nature au sud d'Auxerre
Deux membres du collectif "la belle au bois d'ordures" devant une décharge sauvage en pleine nature au sud d'Auxerre © Radio France - Damien Robine

On estime qu'en France, plus de 80 000 tonnes de déchets sont jetés chaque année en pleine nature. Un problème qui touche aussi de nombreuses communes de l'Yonne. Car on trouve de tout dans les forêts et aux bords de chemins de nos campagnes. Les promeneurs le constatent au quotidien, tout comme Camille Oudry, qui a créé le collectif  la belle au bois d'ordures : "J'ai découvert l'état désastreux des forêts du coin lors de mes balades en forêt. On a trouvé tout et n'importe quoi : des écrans plats, des caisses de munitions, des aspirateurs, des pneus, de la litière pour chats, des vêtements... la liste est longue !". 

Un lien controversé avec la redevance incitative 

Ces artistes prennent des photos des déchets pour éveiller les consciences, et Camille Oudry constate que le phénomène perdure : "malheureusement, ça ne baisse pas. Parfois ça augmente, notamment quand les mairies ont mis en place une taxe à la levée des déchets", assure la jeune femme. 

 .Photo du collectif "la belle au bois d'ordure" - Aucun(e)
.Photo du collectif "la belle au bois d'ordure" - .

Ce lien entre la mise en place des redevances incitatives dans les communes, Pascal Germain, le président de la communauté de communes Avallon - Vézelay - Morvan n'y croit pas  : "Il est fréquent qu'on découvre sur nos points d'apports volontaires des dépôts sauvages par des habitants des communes limitrophes de la Nièvre qui n'ont rien à voir avec ce système qu'on a mis en place dans l'avallonnais ! Et puis il y a des secteurs ou des départements autour de nous qui ne sont pas passés à la redevance incitative et qui connaissent la même problématique, donc je ne fais pas le lien entre la redevance incitative et les dépôts sauvages", assure le président de la communauté de commune Avallon - Vézelay - Morvan, par ailleurs maire de la petite commune d'Annéot, 137 habitants.

Un coût pour les collectivités

En tout cas, ce phénomène des dépôts sauvages a un coût pour les collectivités. A la communauté de commune Avallon - Vézelay - Morvan, on a consacré un agent et un camion à la propreté, soit 50 à 60 000 euros par an. Mais selon Pascal Germain, ça s'arrange : "J'ai le sentiment que ça s'arrange tout doucement. Moi, j'ai embauché quelqu'un il y a 7 ans, qui ne faisait que ça toute la journée pendant 35 heures ! Aujourd'hui, cette personne passe un tiers de son temps à ramasser les déchets qui traînent ici ou là, et le reste du temps, il fait de l'entretien général. Donc vous voyez, on peut dire que ça a diminué".

L'élu estime que pour réellement éradiquer ce phénomène, il faut une prise de conscience générale : "Pour que ça s'arrange complètement, il faudrait que tout le monde y mette du sien : les maires d'un côté, les propriétaires-bailleurs de l'autre. Et c'est là que le bas blesse à mon avis. Car il y a une telle rotation dans les locations, notamment dans les quartiers de ville, si bien que les propriétaires n'informent pas toujours leurs nouveaux locataires, qui mettent leurs déchets n'importe ou, ou dans de mauvais sacs", poursuit Pascal Germain

Une brigade verte et une réorganisation des collectes

A Sens, la mairie a créé une brigade verte il y a deux ans. Il s'agit de deux agents qui ont été affecté spécialement à ce service, pour patrouiller et intervenir en cas de dépôts sauvages. "Il s'agit à la fois d'identifier et de sensibiliser les habitants", résume Paul-Antoine de Carville, adjoint au maire de Sens. 

A sa création, cette brigade verte était chargée d'intervenir exclusivement dans le centre historique de la ville, le secteur le plus touristique, mais ensuite, son champ d'action a été élargi à  l'ensemble de la ville. "Mais si les résultats sont aujourd'hui satisfaisant, c'est parce qu'on ne s'est pas contenté de mettre en place une brigade verte. On a accompagné cette brigade d'une série de mesures de bon sens et d'une réorganisation complète des collectes", poursuit l'élu. "On a acheté plus de matériel pour améliorer la productivité et le confort de nos agents et on a aussi repensé la façon dont on ramassait les ordures ménagères dans le centre-ville. Vous aviez quasiment tous les jours des déchets sur les rues, donc on a fait en sorte que les collectes soient réalignées. Si les collectivités veulent vraiment agir sur la propreté, elles doivent se pencher sur l'ensemble des problématiques et pas seulement embaucher des personnes pour faire joli."

photo - collectif "la belle au bois d'ordures" - Aucun(e)
photo - collectif "la belle au bois d'ordures"

Et si la prévention ne marche pas, il y a la répression. En avril dernier, deux sénonais ont d'ailleurs écopé d'amendes de 300 euros, et 100 euros avec sursis pour des dépôts d'ordure.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu