Société

"Mur des noms" à Schirmeck : le sociologue Philippe Breton appelle à abandonner le projet

Par Jules Brelaz, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu Limousin mardi 21 mars 2017 à 9:23 Mis à jour le mardi 21 mars 2017 à 17:30

Philippe Richert et Jean-Marc Todeschini secrétaire d'Etat chargé de la Mémoire lors de la présentation du projet du Mur des Noms à Schirmeck.
Philippe Richert et Jean-Marc Todeschini secrétaire d'Etat chargé de la Mémoire lors de la présentation du projet du Mur des Noms à Schirmeck. © Maxppp - .

Invité de France Bleu Alsace, Philippe Breton a révélé mardi matin que les noms de "Malgré-Nous enrôlés par les SS lors du massacre d'Oradour-sur-Glane pourraient figurer sur le Mur des noms à Schirmeck" (Bas-Rhin) aux côté des noms des victimes du nazisme.

Pour tenter d'éteindre la polémique, Philippe Richert, le président de la région Grand Est, a annoncé lundi une nouvelle phase de concertation préalable à la construction du "Mur des noms" de Schirmeck. "La concertation a déjà eu lieu" répond le sociologue Philippe Breton à l'origine de la controverse. Le directeur de l'Ovipal, l'Observatoire de la vie politique en Alsace, a appellé mardi matin à abandonner le projet.

Il y a un risque mémoriel. Je peux vous donner un exemple hautement symbolique : certains des Waffen SS Alsaciens qui ont été associés au massacre d'Oradour-sur-Glane sont présents sur ce mur à côté des victimes alsaciennes d'Oradour"

"A Oradour il y avait des Waffen SS Alsaciens, la plupart étaient enrôlés de force. Ils ont été associés au massacre dans la deuxième section de la troisième compagnie. Des Alsaciens étaient là présents, nous prenons donc un risque, il faut donc enquêter sur ces hommes pour savoir s'ils ont commis des crimes de guerre. En tout cas, si vous allez aujourd'hui sur le fichier de la région des noms qui seront sur le mur, vous trouvez le nom des Waffen SS qui étaient à Oradour."

Ça montre bien le risque que Philippe Richert a pris en lançant ce projet, qui doit à mon sens être abandonné. La concertation a déjà eu lieu."

LIRE AUSSI : Pas encore construit, le Mur des noms déjà au cœur d'une polémique

Les révélations du sociologue Philippe Breton ravivent de la douleur des victimes du nazisme. Pour Robert Hébras , le dernier survivant du massacre d'Oradour-sur-Glane la réalisation de ce mur est inconcevable : "Ça me choque beaucoup, il faut abandonner le projet".

Il y a des Malgré-Nous, beaucoup de Malgré-Nous qui sont des victimes du nazisme, par contre il y a les autres, il ne faut pas les mélanger, c'est tout" - Robert Hébras, survivant du massacre d'Oradour-sur-Glane.

Robert Hébras, survivant du massacre d'Oradour-sur-Glane