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Société

Ils hébergent de jeunes migrants dans l'Yonne : "On n'allait pas le laisser dehors"

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Par , France Bleu Auxerre, France Bleu
Yonne, France

Ils seront plus de 1.200 à arriver dans l'Yonne cette année. Les mineurs isolés, des jeunes migrants souvent venus d'Afrique de l'Ouest, sont de plus en plus nombreux chaque année. Ces ados souvent livrés à eux-mêmes doivent subir un véritable parcours du combattant, mais la solidarité s'organise.

Le collectif d'aide aux migrants de l'Yonne avait affiché ces pancartes à l'entrée du marché d'Avallon pour sensibiliser les icaunais
Le collectif d'aide aux migrants de l'Yonne avait affiché ces pancartes à l'entrée du marché d'Avallon pour sensibiliser les icaunais © Radio France - Lisa Guyenne

Dans l'Yonne, certains ont décidé de tendre la main à ces jeunes. C'est le cas de M., il vit dans le sud du département et loge chez lui Mamoudou, un jeune Guinéen. "Ma fille sortait du boulot, et il l'a abordée. C'était un jeune apeuré, frigorifié, perdu, et on n'a pas pu le laisser dehors, évidemment."

"Il vaut mieux qu'il soit majeur, sinon on va devoir s'en occuper"

Si Mamoudou était à la rue, c'est parce que les autorités ont jugé qu'il avait plus de 18 ans. Une distinction qui change tout, explique André Pacco, du collectif d'aide aux migrants de l'Yonne : "Tous les textes de lois, nationaux et européens, sur la protection de l'enfance, stipulent qu'un enfant mineur doit être pris en charge par le département. Or, les départements sont saturés actuellement par ces demandes, ils ne s'en sortent plus. Donc - sans vouloir jeter la pierre - la tendance, c'est de dire : il vaut mieux qu'il soit majeur, sinon, on va devoir s'en occuper !"

Des tests d'âge pas fiables ?

D'autant que pour déterminer l'âge de ces jeunes, les autorités effectuent des tests dont l'efficacité est controversée. Il y a une radio osseuse des poignets, "que beaucoup de médecins dénoncent car on ne peut pas déterminer l'âge à un ou deux ans près", ainsi qu'un questionnaire oral, "dont les résultats sont soumis à interprétation puisque chacun s'exprime différemment", ajoute André Pacco. 

P. héberge lui aussi un jeune migrant, Mohammed : "Il a été reconnu majeur par le Conseil départemental. Mais moi, ça fait trois semaines qu'on vit ensemble, et pour avoir longtemps été au contact des jeunes, je pense sincèrement qu'il est mineur. Il n'a pas la maturité d'un adulte."

Et quand bien même ce serait le cas, pour M., cela ne changerait rien : "Même après le couperet des 18 ans, ça reste des gamins sans famille. On ne peut pas leur dire : bah, t'es majeur, dégage." Comme M. et P., une trentaine de familles logeraient de jeunes migrants dans l'Avallonnais. "Il y a de formidables élans de solidarité, c'est une belle aventure humaine", sourit P.

Le "délit de solidarité", ils l'assument

Les deux hommes savent que ce qu'ils font est théoriquement passible d'une sanction, pour aide au séjour illégal d'étrangers sur le sol français. C'est le fameux "délit de solidarité".  "Nous en sommes conscients, mais on est bien entourés, grâce aux collectifs et aux associations. S'il fallait partager cette responsabilité dans le box des accusés, on serait nombreux", explique M. "Devant un juge, je n'aurais pas, personnellement, de mal à dire que oui, quand un gamin de 16 ans démuni, perdu et apeuré m'aborde, je ne vais pas me soustraire à son appel. Ce serait de la non-assistance à personne en danger."

P. lui aussi, assume entièrement sa position : "Toute ma vie, on m'a appris à porter assistance aux autres. Aujourd'hui, une loi nous dirait le contraire ? Ce ne sont pas les valeurs que j'ai apprises. Je pense qu'il y a en ce moment des changements de valeurs qui sont vraiment dommageables. Surtout à une période où les gens ont besoin de lien social."

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