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Société

Nadège, gilet jaune de Haute-Savoie : "un an après, je continue la lutte mais je ne porte plus mon gilet"

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Par , France Bleu Pays de Savoie

Il y a un an, Nadège a été parmi les premières à occuper le rond-point de Margencel en Haute-Savoie. Un an après le début du mouvement des gilets jaunes, elle revient sur cette mobilisation.

Un an après le début des gilets jaunes, Nadège retrouve régulièrement ceux avec qui elle a occupé le rond-point de Margencel (Haute-Savoie).
Un an après le début des gilets jaunes, Nadège retrouve régulièrement ceux avec qui elle a occupé le rond-point de Margencel (Haute-Savoie). © Radio France - Richard Vivion

Haute-Savoie, France

Nadège, il y a un an vous avez immédiatement adhéré au mouvement des gilets jaunes. Quelles étaient vos motivations ? 

Ce qui m’a poussée à descendre dans la rue ? C’est simple, c’est la naissance de ma petite-fille. Un petit bout de bébé qui un jour sera adulte et travaillera. En tant que mamie je me suis dit qu’il faut qu’elle puisse être fière et vivre dignement de son travail. Permettre également à ses parents de subvenir à ses besoins, de lui payer des études, son loyer sans se dire : bonté divine, on travaille et on ne s’en sort pas. Toute personne qui travaille a le droit de vivre décemment. Pour moi, la justice primaire est là. C’est la raison qui m’a poussée à dire : il faut que cela change, il faut que cela soit plus juste pour tout le monde. 

Vivre mieux 

Dès le début du mouvement, le rond-point de Margencel a été occupé. Quels souvenirs gardez-vous des premiers jours passés sur ce lieu ? 

Premièrement, j’ai été stupéfaite, surprise de voir que dès le 18 novembre, après un rassemblement de motards, les gens se sont réunis et ont monté le camp. Alors que personne ne se connaissait, on était ensemble. Il y avait des retraités, des médecins, toutes sortes de gens. Des jeunes, des vieux, et on s’en foutait royalement. On avait juste besoin d’être ensemble pour crier au secours.  Nous voulions être écoutés et que ce gouvernement comprenne que la France voulait juste vivre mieux.

Ecoutez Nadège, gilet jaune de Margencel (Haute-Savoie).

Le 19 décembre 2018, Nadège et les gilets jaunes de Margencel (Haute-Savoie) ont été délogés du rond-point qu'ils occupaient depuis un mois.  - Radio France
Le 19 décembre 2018, Nadège et les gilets jaunes de Margencel (Haute-Savoie) ont été délogés du rond-point qu'ils occupaient depuis un mois. © Radio France - Richard Vivion

Et puis le 19 décembre, le rond-point a été évacué par les forces de l’ordre. L’opération s’est déroulée dans le calme et, ce jour-là, vous avez même dansé devant les policiers, c’était un moment particulier. 

C’était même plus que cela. D’abord, il y avait de la colère car on n’a pas compris cette opération. On ne faisait rien de mal sur ce rond-point donc c’était très dur à vivre. Il y avait beaucoup d’émotion car c’était la fin de quelque chose que nous n’avions pas prévu de construire mais qui est devenu extrêmement important pour nous. Quand nous avons dansé sur "La foule" de Piaf devant les gendarmes et les policiers, cela a été pour les gens qui étaient là, un vrai instant de communion. Je m’en souviendrai toute ma vie et quand je serai vieille, je le raconterai à mes petits-enfants. Ce jour-là, nous avons montré qu’on pouvait contester en musique. Aujourd’hui encore, quand j’entends cet air de Piaf, j’ai les larmes aux yeux. 

"Je ne porte plus mon gilet" 

Quel bilan faites-vous de cette année de mobilisation des gilets jaunes ? 

Même si on a rien gagné, ce gilet je le garderai jusqu’à ma mort. C’est un symbole de lutte et de cette volonté de vivre mieux. En revanche, je ne le porterai plus pour la simple et bonne raison qu'on est devenu des cibles. Et je refuse d’être une cible ! Je suis, avant d’être gilet jaune, une citoyenne française. Cela fait partie de mes droits constitutionnels de manifester mon mécontentement. Ce gilet reste le souvenir de mes premiers pas dans la contestation. Je ne l’avais jamais fait avant. Jamais, à part devant ma télé, je ne m’étais permis de râler pour des lois ou des décisions prises à ma place. Aujourd’hui, je continue la lutte parce qu’on ne peut pas s’être battu pendant un an, avoir vécu le froid, la faim, la peur, cette adrénaline, les gaz… pour que cela s’arrête. Il faut continuer à se battre et faire comprendre au reste de la population, ceux qui ne nous voient pas ou qui ne voient que les manipulations des médias, que nous sommes toujours là. 

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