Société

A Nancy, des jeunes migrants réclament des places d'hébergement

Par Marie Roussel et Mohand Chibani, France Bleu Sud Lorraine mardi 20 juin 2017 à 19:55

Dix migrants ont manifesté aux côtés de militants de Réseaux Education Sans Frontière et de la Ligue des Droits de l'Homme.
Dix migrants ont manifesté aux côtés de militants de Réseaux Education Sans Frontière et de la Ligue des Droits de l'Homme. © Radio France - Mohand Chibani

Depuis quelques jours, des migrants errent dans les rues de Nancy. Ils ont subi des tests de maturité osseuse, décrétant qu'ils n'étaient pas mineurs. Le conseil départemental estime donc que légalement, il n'est plus responsable de leur hébergement. Provoquant l'indignation des associations.

"Meurthe-et-Moselle, qu'as-tu fait de ton hospitalité ?" peut-on lire sur une pancarte. Une cinquantaine de manifestants sont entrés dans le hall du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle mardi 20 juin, pour dénoncer la "mise à la rue" de migrants. Des bénévoles de Réseau Education Sans Frontière étaient présents, avec des membres de la Ligue des droits de l'Homme, ainsi qu'une dizaine de jeunes exilés.

Test de maturité osseuse

Il y a quelques jours encore, ces migrants étaient accueillis dans des structures du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle. Mais le test de maturité osseuse qu'ils ont dû subir ont établi qu'ils étaient majeurs. Le conseil départemental, conformément à la loi sur l'enfance adoptée en 2015, s'est donc appuyé sur ces examens. Estimant qu'il n'était plus le responsable légal de ces jeunes migrants, la collectivité locale les a donc exclus de ses structures d'accueil.

Une cinquantaine de manifestants ont occupé le hall du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle à Nancy ce mardi 20 juin.  - Radio France
Une cinquantaine de manifestants ont occupé le hall du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle à Nancy ce mardi 20 juin. © Radio France - Mohand Chibani

Depuis, Dimitri, arrivé à Nancy le 23 avril "dort à la Pépinière". Il affirme être âgé de 17 ans : _"La France ce n'est pas un petit pays. Pour nous c'est déplorable, vraiment", ajoute-t-il. Youssouf, qui se déclare également mineur, a fui le Mali : "Je me suis confié au conseil départemental pour qu'il puisse m'aider à aller à l'école... Ils m'ont hébergé quelques temps, mais ils m'ont mis dans la rue. Je ne sais pas quoi faire"_.

Une situation "inacceptable" pour RESF

Joel Loparelli, fondateur de l'association Réseau Education Sans Frontière à Nancy dénonce une "situation scandaleuse" :

Joël Lopparelli, de l'association RESF veut que "ça bouge".  - Maxppp
Joël Lopparelli, de l'association RESF veut que "ça bouge". © Maxppp - Mohand Chibani

On a une dizaine de jeunes d’Afrique subsaharienne qui sont aujourd'hui à la rue. Soit rejetés par le conseil départemental, soit abandonnés... Certains sont même malades. On vient aujourd'hui au conseil départemental demander une entrevue et demander prioritairement que ces jeunes là sont hébergés.

Joël Lopparelli, fondateur de l'association Réseau Sans Frontière à Nancy.

Le Conseil départemental fait tout pour ne pas les accueillir. Il conteste leur minorité. C'est inacceptable. On veut que ça bouge. Il y en a assez !

Les services de l'Etat ont été saisis, une solution devrait être trouvée pour proposer un hébergement à ces jeunes migrants selon le conseil départemental.