Société

Nantes : un collège flambant neuf, mais des lacunes

Par Antoine Denéchère, France Bleu Loire Océan lundi 16 octobre 2017 à 10:15

Jean-Michel Blanquer (à gauche) le 9 octobre au collège Erdre-Porterie à Nantes, avec Cathy Cordier, principale, et William Marois, recteur d'académie
Jean-Michel Blanquer (à gauche) le 9 octobre au collège Erdre-Porterie à Nantes, avec Cathy Cordier, principale, et William Marois, recteur d'académie © Maxppp - Nathalie Bourreau

Une semaine après la visite du ministre de l'Education Nationale dans cet établissement flambant neuf, France Bleu Loire Océan a interrogé des parents, élèves et enseignants du collège public Erdre-Porterie. Bilan : il y a quelques manques.

A la rentrée, 280 élèves ont découvert ce nouveau collège public, situé au Nord-Est de Nantes, quartier saint-Joseph de Porterie. L'établissement est "le plus beau collège du département", explique la principale Cathy Rodier. Il est vrai que la façade, avec ses miroirs et son bois, est plutôt réussie, et que le bâtiment, spacieux, donne une sensation de calme, avec sa cour insérée dans un petit bois. Malgré tout, après un mois et demi, les utilisateurs de ce collège, le seizième de Nantes, constatent certains manques.

On n'a pas de vestiaires, les élèves se changent dans les toilettes" (prof d'EPS)

Bénédicte Peroni, enseignante en EPS (éducation physique et sportive) a, par exemple, profité d'une réunion entre des personnels du collège et Jean-Michel Blanquer, lundi 9 octobre en fin de matinée, dans le collège, pour expliquer au ministre, en présence du recteur et de plusieurs élus locaux, qu'elle "fait les cours de sport dans la cour", la plupart du temps. En effet, l'établissement ne comprend pas de gymnase et les équipements sportifs du quartier sont déjà utilisés par des écoles primaires, des clubs et associations. Et il est très compliqué de trouver des créneaux horaires pour les collégiens : "on espère vraiment en obtenir à l'avenir pour ne pas toujours être dehors", explique la professeure d'EPS. Quant au nouveau gymnase municipal Jean-Vincent, "il se situe à deux kilomètres du collège", reconnaît la principale, qui ajoute que "ça fait un peu loin". Autre grief énoncé par Bénédicte Peroni : "dans le collège, on n'a pas eu de vestiaires pour les élèves, donc ils se changent dans une petite salle polyvalente ou dans les toilettes. Pour un nouvel établissement, c'est un peu regrettable."

La principale du collège, lors d'une réunion avec le ministre, des élus locaux et le recteur, le 9 octobre 2017 - Radio France
La principale du collège, lors d'une réunion avec le ministre, des élus locaux et le recteur, le 9 octobre 2017 © Radio France - Antoine Denéchère

Autre problème constaté : le Centre de documentation et d'information (CDI) ne contient quasiment pas de livre. "Il n'y a pas de budget pour ça en 2017, la salle est belle" résume un parent, "mais les étagères sont vides". Les enseignants ont également distribué "très peu de manuels scolaires" : il faut donc "beaucoup recopier", soupire un collégien de quatrième . Un parent d'élève note un "manque de personnels de service, ce qui fait que les salles sont peu ou pas nettoyées". Quant au portail d'entrée, il ne serait "pas assez large", explique ce parent : "résultat, ça embouteille le matin devant le collège, entre ceux qui sont à pied, ou poussent leurs vélos ou trottinettes. On nous a dit que le portail serait modifié l'an prochain."

Il faut être patient" (Cathy Rodier, principale)

La principale, Cathy Rodier, demande "de la patience" aux parents et professeurs, "nous n'avons pas encore de fonds de roulements pour les livres ou le matériel, ça va venir." Les parents et élèves interrogés tiennent à expliquer, pour leur part, que "le collège est agréable" malgré tout. "La principale, les enseignants, font tout ce qu'ils peuvent pour qu'on soit bien", explique un élève.