Société

Nantes : des centaines de migrants à la rue

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu mercredi 23 août 2017 à 19:24

Les migrants et les demandeurs d'asile qui sont à la rue, à Nantes, sont le plus souvent des hommes et des femmes seuls venus de la corne de l'Afrique
Les migrants et les demandeurs d'asile qui sont à la rue, à Nantes, sont le plus souvent des hommes et des femmes seuls venus de la corne de l'Afrique © Maxppp -

Les Soudanais évacués de la maison qu'ils squattaient à l'est de Nantes sont loin d'être les seules demandeurs d'asile et migrants à la rue. Ils seraient plusieurs centaines alors qu'une partie d'entre eux devraient être hébergés, comme le prévoit la loi.

Comme les sept Soudanais évacués de la maison qu'ils squattaient à l'est de Nantes, plusieurs centaines de migrants et de demandeurs d'asile seraient à la rue selon la Cimade, l'une des associations qui leur vient en aide.

Les centres d'accueil, les appartements et les chambres d'hôtels prévus pour les demandeurs d'asile sont pleins depuis plusieurs mois

Ils sont à la rue alors que ceux dont la demande d'asile est en train d'être étudiée devraient être hébergés, c'est ce que dit la loi. Sauf qu'il n'y a pas assez de place. Les centres d'accueils sont pleins depuis déjà plusieurs mois, les appartements et les chambres d'hôtel aussi. Ces demandeurs d'asile se retrouvent donc à la rue. Il s'agit d'hommes et de femmes seuls pour la plupart, dernière roue du carrosse après les familles, les femmes enceintes et les malades.

Les squats sont de plus en plus nombreux et de plus en plus grands, avec des dizaines de personnes

Il y a aussi tout ceux qui attendent de pouvoir déposer leur demande d'asile. Un Soudanais, un Érythréen ou un Tchétchène qui arrive aujourd'hui à Nantes n'aura pas de rendez-vous pour le faire avant décembre ! Et, en attendant, là aussi c'est la débrouille explique Vanessa Bernard, en charge des questions juridiques à la Cimade. "Il y a ceux qui arrivent à se faire héberger chez des compatriotes, ceux qui tentent leur chance en appelant le 115, qui trouvent refuge à la gare aux urgences de l'hôpital. Il y a aussi ceux qui s'installent dans des squats. Ils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus grands, avec des dizaines de personnes. Et il y en a quelques-uns, aussi, qui dorment sous des tentes". Beaucoup sont fatalistes : "après toutes les épreuves qu'ils ont traversées pour arriver jusqu'en France, ils s'estiment déjà chanceux, même s'ils doivent dormir dehors".

De nombreuses requêtes déposées devant le tribunal administratif

Face à cette situation, la Cimade pousse les demandeurs d'asile à saisir le tribunal pour obtenir un hébergement. De nombreuses requêtes ont déjà été déposées devant le tribunal administratif.