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Société

Nantes : des étudiants réquisitionnent des salles de l'université pour des mineurs étrangers isolés

jeudi 23 novembre 2017 à 20:14 Par Aurore Jarnoux, France Bleu Loire Océan

Etudiants et migrants dorment à la fac de Nantes ! Une partie du sous-sol de l'université de Lettres est occupée depuis mercredi soir. Une dizaine de salles a été réquisitionnée pour héberger des mineurs étrangers isolés après leur expulsion de l'ancienne école des Beaux-Arts.

Le sous-sol de l'université de Lettres à Nantes est occupé depuis mercredi soir par des étudiants et des mineurs étrangers isolés.
Le sous-sol de l'université de Lettres à Nantes est occupé depuis mercredi soir par des étudiants et des mineurs étrangers isolés. © Radio France - Aurore Jarnoux

Nantes, France

"Un toit pour toutes et tous" : c'est le message tagué sur les murs de l'université de Lettres, située sur le campus du Petit-Port à Nantes. Mercredi soir, des étudiants ont réquisitionné une dizaine de salles de cours pour accueillir une trentaine de mineurs étrangers isolés. Ils avaient été expulsés dimanche soir de l'ancienne école des Beaux-Arts.

Un élan de solidarité

La maire de Nantes, Johanna Rolland, avait annoncé le déblocage d'une dizaine de places pour recueillir ces jeunes. C'est insuffisant lui répondent les étudiants qui ont décidé de se mobiliser. De la nourriture, des matelas et des vêtements ont été donnés ce jeudi pour l'installation des migrants.

En quelques heures, les jeunes ont réussi à s'organiser. Désormais, les salles de cours sont transformées en dortoirs, friperie et même en cuisine. "Il y a également tous les produits d'hygiène de première nécessité, souligne Noé, étudiant en langues. Et on a même une douche avec de l'eau chaude."

Ça fait chaud au cœur, sans eux, on dormirait dans la rue" - Kirfala, Guinéen de 15 ans

Kirfala, un jeune Guinéen de 15 ans, n'en croit pas ses yeux. Il est très touché par ces gestes de solidarité. "Je ne m'y attendais pas, explique l'adolescent. Sans eux, on dormirait dans la rue car on n'a pas de famille, pas d'amis ici, on ne connaît personne." Kirfala a traversé le Sahara, la Méditerranée, et il a atterri à Nantes un peu par hasard il y a quelques semaines. "J'ai vécu dans la rue, on dormait à la gare", raconte le jeune homme.

Ça pourrait être moi, j'ai le même âge qu'eux" - Léa, étudiante à l'université de Nantes

Léa est très touchée par ces témoignages. La jeune fille de 17 ans se sentait dans l'obligation d'aider. "Ça pourrait être moi, j'ai juste de la chance, rappelle Léa. Vu que la mairie de Nantes veut les rendre invisibles, nous on essaie de montrer qu'ils existent."

Et les étudiants comptent bien occuper les lieux le plus longtemps possible. "Si il faut, on occupera d'autres bâtiments, souligne Camille. Il y a toujours des gens dans la rue, ce n'est pas humain".

L'Université en appelle à l'Etat

De son côté, la direction de la fac de Nantes interpelle les pouvoirs publics afin de trouver une solution à cette situation "inédite". Elle a décidé pour l'instant de ne pas expulser les mineurs mais elle rappelle que l'université n'est "pas un lieu adapté pour l'hébergement et l'accueil de personnes en situation d'urgence". Ça "n'a pas vocation à durer" précise la présidence de l'université dans un communiqué.

En attendant, aucun cours n'est annulé. Ils ont seulement été déplacés dans d'autres salles.