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Société

Nantes : la rentrée est passée, mais certains étudiants n'ont toujours pas de logement

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Par , France Bleu Loire Océan

L'année scolaire a commencé pour la plupart des étudiants à Nantes. Pourtant, certains n'ont toujours pas de logement ! Les résidences universitaires sont pleines et même dans le parc locatif privé, c'est compliqué.

Nicolas et Rémi gardent le sourire, mais ça fait un mois qu'ils cherchent un appartement à Nantes
Nicolas et Rémi gardent le sourire, mais ça fait un mois qu'ils cherchent un appartement à Nantes © Radio France - Marion Fersing

Nantes, France

Cette année encore, bon nombre d'étudiants ont galéré pour trouver un logement à Nantes. Et certains galèrent toujours, même si l'année scolaire a commencé et qu'ils ont repris les cours. Ils doivent donc se débrouiller comme ils peuvent en attendant de trouver, enfin, un toit.

"Dès qu'une annonce sort, les gens se précipitent pour appeler"

C'est le cas de Rémi et Nicolas, tous les deux élèves ingénieurs à l'école supérieure du bois sur le campus universitaire de la Chantrerie, entre Nantes et Carquefou. Après un semestre à l'étranger dans le cadre du programme Erasmus et un stage, ils sont revenus à Nantes il y a un mois pour trouver un appartement en colocation. "Et on n'a toujours rien trouvé", se désolent les deux jeunes hommes. Ce n'est pas faute de faire le tour des annonces sur internet et de multiplier les coups de fils. "Mais dès qu'une annonce sort, les gens se précipitent pour appeler. Et si on est pas dans les trois premiers, on nous répond que ce n'est pas la peine de venir visiter". Les deux étudiants ont aussi essuyé pas mal de refus de propriétaires qui refusent les colocations étudiantes parce qu'ils ont eu de mauvaises expériences précédemment. "C'est vraiment dommage de payer pour ce que d'autres ont fait...", lâche Nicolas avec amertume.

"Un soir sur un canapé, un autre sur un lit... On a même dormi dans des camions !"

Alors, 15 jours après leur rentrée, Rémi et Nicolas continuent de chercher, de passer des coups de fil entre les cours et de squatter chez les copains. "Quand on a de la chance, on a un lit dans une colocation pour quelques nuits. Sinon, c'est un canapé. On a même dormi dans un camion". Et le provisoire qui dure, c'est usant. "Ça rajoute du stress à celui de la reprise des cours. On ne peut pas rentrer tranquille chez nous le soir, ranger nos affaires. On est tout le temps en train de faire et refaire nos sacs".

"On est obligé de regarder des loyers plus chers et donc de chercher un job étudiant pour pouvoir le payer"

Après un mois de recherches, les deux garçons ont du se résigner à élargir leurs critères de recherche. "On regarde de plus en plus loin de notre école et à des prix plus élevés", explique Rémi. "Et on a revu nos priorités en terme de budget", poursuit Nicolas. "On cherche des jobs étudiants pour pouvoir tout payer". Ce jeudi après-midi, Rémi et Nicolas ont une visite. Seulement la deuxième alors qu'ils ont passé des coups de fil pour une trentaine d'appartement. Lors de la première, ils étaient les sixièmes à visiter, beaucoup trop loin dans la liste.

Savoir se vendre pour convaincre les loueurs

Les deux garçons vont donc peut-être adopter la même technique que leur copain Gwen, qui a fini par trouver un logement après avoir galéré, lui aussi. "Pour la visite, je me suis très bien habillé, je n'ai pas arrêté de faire des compliments sur l'appartement, j'ai vraiment donné de ma personne !", raconte le jeune homme qui, comme ça, a réussi à passer devant d'autres qui avaient pourtant appelé avant lui pour visiter. "C'est aussi mieux quand on peut venir visiter avec ses parents, ça fait plus sérieux".

L'arrivée dans le supérieur des enfants du baby boom des années 2000

La recherche d'appartement quand on est étudiant à Nantes est donc devenue une course, voir un combat. Le problème n'est pas nouveau, mais il s'est aggravé ces trois dernières années explique Isabelle Lefeuvre, de la commission habitant du Club immobilier Nantes Atlantique. "C'est parce que les enfants du baby boom des années 2000 ont entamé leurs études supérieures", poursuit un représentant du Crous qui gère les résidences universitaires.

La concurrence des jeunes salariés et des étudiants qui gardent leur appartement d'une année sur l'autre

Les 4.696 places en résidences universitaires sont donc prises depuis longtemps et il faudra attendre 2021 pour que deux nouvelles "cités U" de 120 places chacune ouvrent sur l'île de Nantes et sur le campus Tertre. "Et dans le parc privé, les étudiants sont en concurrence avec les jeunes salariés qui cherchent, comme eux, des T1 ou  des T2. Ces dernières années, pas mal de propriétaires ont aussi décidé de mettre leurs logements sur le site internet Airbnb plutôt que de les proposer aux étudiants", explique le responsable du Crous.

Ce phénomène, Isabelle Lefeuvre du Cina ne l'a pas remarqué. En revanche, ce qui pose problème cette année, c'est qu'il y a eu moins de livraison d'immeubles neufs. "Et à eux seuls, ils absorbent 70% de la demande locative". Et comme les étudiants ont bien compris que c'était compliqué de se loger à Nantes, ils conservent désormais leurs appartements d'une année sur l'autre plutôt que des les libérer en juillet-août.

Et ça ne devrait pas s'arranger tout de suite : si le nombre de jeune qui entrent dans le supérieur va baisser dans les années qui viennent, les établissements du supérieur cherchent à attirer davantage d'étudiants à Nantes. C'est le cas notamment de l'école supérieure du bois.

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