Société

Nantes : une cérémonie pour les "morts de la rue"

Par Marion Fersing, France Bleu Loire Océan et France Bleu jeudi 3 novembre 2016 à 18:25 Mis à jour le jeudi 3 novembre 2016 à 20:27

Le carré des indigents du cimetière de la Bouteillerie à Nantes
Le carré des indigents du cimetière de la Bouteillerie à Nantes © Maxppp - Franck Dubray

Une cérémonie est organisée ce samedi à la chapelle de l'Hôtel Dieu, à Nantes, en mémoire des 25 SDF et des cinq personnes sans famille décédées depuis un an à Nantes et accompagnées, lors de leurs funérailles, par l'association "De l'ombre à la lumière".

Une cérémonie pour les morts de la rue est organisée ce samedi 5 novembre, à la chapelle du CHU de Nantes, à 10h. Une cérémonie en mémoire des 25 SDF et des cinq personnes sans aucune famille mortes depuis un an à Nantes et accompagnées lors de leurs funérailles par l'association "De l'ombre à la lumière".

Ils sont ignorés jusque dans la mort

L'objectif de son président, Olivier Jobert, c'est de leur rendre leur dignité : "les gens de la rue sont des gens que l'ont voit quand on marche dans la rue, mais que l'on ignore. Et ils sont ignorés jusque dans la mort. Or, nous, nous voulons que ces gens reprennent leur place dans notre société. Ils ont fait partie de notre société, ils ont vécu avec nous, ils ont vécu des choses différentes, mais on leur doit un accompagnement digne au moment où ils meurent".

Un enterrement "comme tout le monde"

En plus de cette cérémonie du 5 novembre, l'association travaille toute l'année pour que les SDF aient un enterrement "comme tout le monde". Parce que la douleur des SDF qui perdent un de leurs "copain de rue", elle est la même que pour n'importe qui. Rodrigue ne le sait que trop bien : "c'est pas parce qu'on est à la rue qu'on est des monstres ! C'est très dur, surtout quand c'est un ami qui est proche, qui a le cœur sur la main".

Ils se rendent compte que, quand ça leur arrivera, ils ne seront pas oubliés

Alors, leur offrir une vraie cérémonie de funérailles, c'est essentiel. Pour dire adieu à ceux qui partent bien sûr, explique Thérèse Masson, la présidente de "L'écoute de la rue". Pour ceux qui restent aussi : "ils se rendent compte que, finalement, ils ne sont pas oubliés. Ils se disent que quand ça leur arrivera, ils ne seront pas oubliés eux-mêmes. Et ça, pour eux, c'est très important".

C'est aussi le moyen de "recoller les morceaux" avec la famille pour Olivier Jobert. Des proches qui ont souvent perdu le contact depuis des années. "On parle de la personne, de ce qu'elle était ces derniers temps parce que, souvent, entre la période qu'ils ont connu et le décès, il y a eu un chemin assez long et, parfois, une descente difficile". Mais "ils méritent qu'on se souviennent d'eux", martèle Olivier Jobert. L'association tient pour ça un grand "livre de la mémoire" qui contient les portraits des "morts de la rue" avec des mots de leurs proches.