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VIDÉO - Nantes : une chaîne humaine autour du lycée Guist'hau pour dénoncer les violences policières

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Par , France Bleu Loire Océan

Une centaine de personnes, parents d'élèves, professeurs et lycées, a manifesté ce jeudi 6 février devant le lycée Guist'hau de Nantes (Loire-Atlantique) pour protester contre les violences policières de la semaine passée lors d'une manifestation anti-contrôle continu et réforme du baccalauréat.

Une centaine de personnes a formé une chaîne humaine et pacifique ce jeudi 6 février devant le lycée Guist'hau de Nantes (Loire-Atlantique) pour dénoncer les violences policières de la semaine passée.
Une centaine de personnes a formé une chaîne humaine et pacifique ce jeudi 6 février devant le lycée Guist'hau de Nantes (Loire-Atlantique) pour dénoncer les violences policières de la semaine passée. © Radio France - Nicolas Fillon

"Jeudi, nos enfants se sont fait agresser par des vieux cagoulés non identifiés !!!" Cette pancarte, avec les mots écrits en noir sur fond jaune, c'est Karine, une maman de lycéenne, qui la brandit. Elle et d'autres parents d'élèves, ainsi que des professeurs et des lycées, sont venus devant le lycée Guist'hau de Nantes (Loire-Atlantique) ce jeudi 6 février à 18h à l'appel de la Fédération des Conseils de Parents d’Élèves (FCPE) de l'établissement.

Une chaîne humaine et "pacifique"

Objectif : créer une chaîne humaine et "pacifique" contre les violences policières "disproportionnées" de la semaine passée. Jeudi 30 janvier, les forces de l'ordre avaient fait usage de leurs matraques et de gaz lacrymogène pour débloquer l'établissement et déloger les manifestants mobilisés contre la réforme du baccalauréat et la tenue des épreuves du contrôle continu "E3C", qu'ils ont d'ailleurs réussi à faire reporter à lundi 11 et mardi 12 février. Une scène qui avait été filmée et qui avait indigné de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.

"Il n’y a eu ni médiation ni sommation, regrettait la FCPE dans un communiqué publié mercredi 5 février. Comment penser que la confiance envers les forces de l'ordre et le lycée ne soit pas rompue après de tels faits ? Nous ne parvenons pas à comprendre que la communauté éducative n’ait pas pu se faire entendre de la Compagnie Départementale d’Intervention (CDI), alors même que le proviseur du lycée nous a indiqué qu'il avait demandé que les élèves ne soient pas touché-es, et que les enseignant-es ont été rabroué-es."

Tous les parents ont été choqués(Karine, maman d'une lycéenne de Guist'hau)

Des élèves, enseignants et personnel de Guist'hau qui ont justement bien garni cette chaîne humaine, composée d'une centaine de membres ceinturant l'établissement de part et d'autre, dans une bonne ambiance et quelques chants lycéens. On trouvait également des parents d'élèves, comme Karine donc, la maman à la pancarte. "Tous les parents ont été choqués par ce qui s'est passé jeudi, explique-t-elle. Nos enfants en sont revenus traumatisés, et nous aussi. Nous regrettons aussi l'absence de communication du lycée vers les parents."

Celle qui parle de "bavure" regrette que les lycéens n'ait "pas pu avoir de droit de réponse" face aux communiqués du rectorat et à la version policière "mensongers à propos de jeunes cagoulés qui auraient mis le feu à des poubelles, ce qui est totalement faux puisque l'ambiance était pacifique" dit-elle.

"Je veux qu'on nous écoute, qu'on remette en place des échanges avec le lycée, il ne faut plus que ce genre de chose se reproduise, souffle Karine. Un blocus et trois poubelles devant la porte d'entrée du lycée ne nécessitait pas des coups de matraque et du gaz lacrymogène. Il y a aussi eu des provocations, insultes homophobes et hyper violentes de la part des policiers qui ne portaient pas leur numéro d'immatriculation. C'est vraiment choquant."

Cette violence ne peut pas aller contre nos élèves (Michel Decha, professeur de lettres au lycée Guist'hau et syndiqué SNES-FSU)

Dans la chaîne humaine, il y a aussi Michel Decha, professeur de lettres au lycée Guist'hau et syndiqué SNES-FSU. Un de ses collègues, qui faisait tampon entre les lycéens et les policiers, a été violemment matraqué. "Particulièrement choqué", Michel Decha fait part de ses craintes : "On se rend compte que la situation que l'on apercevait dans d'autres lycées de périphérie est désormais possible dans un établissement de centre-ville comme le notre. Plus personne n'est à l'abri des violences policières."

S'il est venu à l'appel de la FCPE, c'est "pour dire stop". "Ces épreuves de contrôle continu ne doivent pas être l'occasion d'empêcher les enfants de s'exprimer d'une manière ou d'une autre. Cette violence ne peut pas aller contre nos élèves."

La chaîne humaine a ceinturé pendant une bonne heure le lycée Guist'hau, dans une ambiance très calme. Parents d'élèves, lycéens et professeurs se donnaient la main pour dire stop aux violences policières.
La chaîne humaine a ceinturé pendant une bonne heure le lycée Guist'hau, dans une ambiance très calme. Parents d'élèves, lycéens et professeurs se donnaient la main pour dire stop aux violences policières. © Radio France - Nicolas Fillon

Alors que la police a précisé après son intervention du 30 janvier qu'elle avait été appelée par la direction de l'établissement et que ce dernier était bloqué par des élèves mais aussi par des personnes extérieures au lycée, Michel Decha a tenu à défendre son proviseur : "Il nous a expliqué qu'il voulait sécuriser la rue après un feu de poubelle en appelant les pompiers et policiers, mais il n'imaginait pas qu'une compagnie qui intervient plutôt dans des affaires de grand banditisme soit mobilisée. Il ne s'imaginait pas qu'il puisse y avoir une telle violence envers des jeunes ni cagoulés ni étranger au lycée puisqu'il s'agissait de nos élèves."

Des élèves "blasés" selon le professeur de lettres. "Ils ne veulent pas porter plainte contre ces violences car ils savent que ça ne va pas aboutir, souffle Michel. Ces E3C, cette réforme, ne passent pas. Personne ne comprend la logique, on n'est ni dans l'examen national, ni dans le contrôle continu. Mais bien dans une violence physique et institutionnelle."

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