Société

A Nantes, une manifestation pour la libération des berges de l'Erdre

Par Boris Hallier, France Bleu Loire Océan samedi 17 octobre 2015 à 19:41

Des manifestants du collectif l'Erdre pour tous.
Des manifestants du collectif l'Erdre pour tous. © Radio France - France Bleu

Les bords de l'Erdre sont à tout le monde! C'était le mot d'ordre de la manifestation organisée par le collectif L'Erdre pour tous à Nantes, ce samedi après-midi. Pour ces randonneurs, la préfecture ne remplit pas son rôle car des riverains bloquent toujours l'accès aux berges.

C'est un combat qui dure depuis neuf ans. Le collectif L'Erdre pour tous réclame l'application de la servitude de marchepied. Depuis 2006, la loi impose en effet aux riverains d'un cours d'eau de libérer l'accès aux berges aux piétons, sur une largeur de 3m25. Mais plusieurs propriétaires sur les bords de l'Erdre s'y opposent. Ils ne veulent pas voir de randonneurs circuler dans une partie de leur jardin.  

L'opposition entre riverains et randonneurs a parfois été tendue. Comme en témoigne cette vidéo tournée en 2011 : 

"La préfecture ne fait pas appliquer la loi" - Un responsable du collectif L'Erdre pour tous

"A la Chapelle-sur-Erdre, huit riverains bloquent toujours l'accès aux bords de l'Erdre", raconte Yves Piffard, l'un des responsable du collectif. "Le préfet a sur son bureau onze constats de gendarmerie, mais il ne les transmet pas au procureur." 

Pour les riverains, la fréquentation va détériorer les berges

Les propriétaires qui ne veulent pas entendre parler de cette servitude de marchepied mettent en avant la protection de la nature. "Comment laisser passer 50 000 personnes par an dans un jardin privé comme ça? Il faudra des aménagements, or la loi n'en prévoit pas", se défend Jean-Pierre Aymé, propriétaire d'une maison à la Chapelle-sur-Erdre, sur les bords de la rivière. 

Jean-Pierre Aymé, propriétaire à la Chapelle-sur-Erdre

Les randonneurs du collectif L'Erdre pour tous contestent ces arguments et les estimations de fréquentation. Ils ont donc défilé devant la préfecture et le conseil départemental de Loire-Atlantique pour demander l'application de la loi et la sanction des propriétaires.