Société

Nathéo et Maée : les deux derniers bébés de la maternité de St-Jean-d'Angély

Par Charlotte Jousserand, France Bleu La Rochelle mercredi 25 janvier 2017 à 7:00

Gaëlle et Romain, les parents de la petite Maée née ce lundi peu avant 10 heures
Gaëlle et Romain, les parents de la petite Maée née ce lundi peu avant 10 heures © Radio France - Charlotte Jousserand

La maternité de St-Jean-d'Angély vit ses derniers jours. Les deux dernières naissances ont eu lieu ce lundi. Le service fermera définitivement vendredi.

La maternité de Saint-Jean-d'Angély ferme définitivement ce vendredi. Les deux derniers accouchements ont eu lieu ce lundi, avant la fermeture du pôle obstétrique. La petite Maée est arrivée dans la matinée, suivi par Nathéo en début d'après midi. Le petit garçon est arrivé juste à temps, "à une demie heure près" selon sa maman Emmanuelle qui aurait pu être transférée sur Niort.

Les deux accouchements se sont bien passés. Les deux mamans souhaitaient accoucher dans cette maternité. Gaëlle, la maman de Maée, raconte : "accoucher à Saint-Jean c'était une évidence, le terme était prévu le 9 février donc c'était un peu compliqué car je ne voulais pas accoucher à Saintes, alors j'ai pris un rendez-vous pour le 23 janvier et Maée est arrivée le 23 donc c'était parfait".

Nathéo est officiellement le dernier bébé né à la maternité de Saint-Jean-d'Angély - Radio France
Nathéo est officiellement le dernier bébé né à la maternité de Saint-Jean-d'Angély © Radio France - Charlotte Jousserand

Quand les premières contractions se sont faites sentir, il n'était pas possible pour Gaëlle d'aller jusqu'à Saintes. "Si on avait du faire 35 kilomètres, j'aurai sûrement accouché dans la voiture". Romain, le papa confirme : "j'avais le choix entre soit partir au travail soit partir à la maternité. On a filé à la maternité. Normalement entre Saint-Hilaire-de-Villefranche et Saint-Jean-d'Angély on met un quart d'heure en temps normal, et 7 minutes en temps d'accouchement quand on ne respecte pas les limitations de vitesse".

Pour Emmanuelle, la maman de Nathéo, c'était aussi très important d'accoucher dans cette maternité. "C'est ici que je suis née" raconte la jeune maman, "je tenais à accoucher à Saint-Jean-d'Angély car ici il y a une ambiance familiale, un contact particulier". Gaëlle confirme : "ici on est chouchouté, coocooné, les sages femmes et les aides soignantes sont juste géniales".

Des réaffectations en attente pour le personnel de la maternité

19 personnes travaillent dans cette maternité de Saint-Jean-d'Angély jusqu'à vendredi. Des sages-femmes, des aides-soignantes et des aides puéricultrices. Pour le moment, un petit nombre d'entre elles ont reçu une nouvelle affection. Soit dans le centre périnatal de proximité qui va remplacer la maternité, soit dans d'autres maternités de la région. Mais la plupart des personnels n'ont pas encore reçu leur réaffectation officielle. Pour Christine, sage-femme depuis 16 ans dans cette maternité, "une page se tourne mais on est toujours dans l'attente et dans l'inconnu. Je termine vendredi, j'ai deux jours de congés et après je ne sais pas où je vais".

Christine appréhende la fermeture de cette maternité qu'elle connait par cœur. Elle a de nombreux souvenirs, ce qui reste de ces derniers jours ce sont "les au-revoir avec les patientes en consultation. Elles savent qu'elles ne me reverront plus et du coup ce sont des au-revoir touchant". Christine redoute le jour de fermeture, surtout le moment où il faudra fermer la porte du service : "Ce n'est pas moi qui fermerait la porte, je ne peux pas mais je serais là".

La maternité de Saint-Jean-d'Angély sera à partir de la semaine prochaine transformé en centre périnatal de proximité. Un centre ouvert du lundi au vendredi, de 9 heures à 18 heures où les femmes enceintes et celles qui viennent d'accoucher peuvent venir consulter le pédiatre et passer différents examens avec les sages-femmes. Des consultations périnatales spécialisées seront proposées avec des consultations d'hypnose, d'acupuncture ou encore d'hygiène alimentaire. Il y en a cinq sur les deux Charentes selon l'Agence régionale de Santé.