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Société

"On ne veut pas que la Rhune devienne un parc d'attraction"

dimanche 19 novembre 2017 à 18:02 Par Théo Hetsch, France Bleu Pays Basque

Ils étaient 400 ce dimanche au sommet de la Rhune pour dire stop au projet d'aménagement du département. Le projet "La Rhune 2020" prévoit d'adapter le lieu à l'affluence d'été et aux personnes handicapées, avec de nouveaux parkings, des jeux pour enfants et une passerelle entourant le sommet.

Le collectif Larrun Ez Hunki a organisé ce dimanche dimanche 19 novembre une grande marche pour dire non au projet d'aménagement du site
Le collectif Larrun Ez Hunki a organisé ce dimanche dimanche 19 novembre une grande marche pour dire non au projet d'aménagement du site © Radio France - Théo Hetsch

La Rhune, Ascain, France

Le collectif Larrun Ez Hunki ("touche pas à ma Rhune") a organisé ce dimanche dimanche 19 novembre une grande marche pour dire non au projet d'aménagement du site par le conseil départemental. Ils sont partis des 4 villages d'Ascain, Urrugne, Sare et Bera en Navarre. A 8h30, tous étaient au pied levé. Même les marcheurs du dimanche : "ça doit faire 30 ans que je ne suis pas monté à pied" soupire Michèle, une habitante de Sare, "mais là ce n'est pas possible un projet pareil, on doit se bouger !". Elle reconnaît que des aménagements sont nécessaires. Par exemple, il n'y a pas de toilettes publiques, alors que le lieu est fréquenté, en été, par près de 4 000 personnes chaque jour. "En revanche, je ne veux pas voir le col St Ignace - au départ du petit train - complètement bétonné".

Près de 400 000 personnes utilisent le petit train pour atteindre le sommet de la Rhune. C'est le site le plus visité des Pyrénées-Atlantiques. - Radio France
Près de 400 000 personnes utilisent le petit train pour atteindre le sommet de la Rhune. C'est le site le plus visité des Pyrénées-Atlantiques. © Radio France - Théo Hetsch

Comme elle, ils étaient prés de 400 à grimper au sommet. Un sommet que le département prévoit d'adapter d'ici 2020 pour faire face à l'afflux touristique et pour permettre l'accès aux personnes handicapées. Mais il prévoit aussi de nouveaux parkings, 2 nouveaux trains, des jeux pour enfants et une passerelle métallique entourant le sommet. Un projet évalué à 36 millions d'euros, qui fait grincer des dents.

Parmi les marcheurs, on craint notamment l'afflux de touristes. "Je suis monté à la Rhune en août dernier, ce que je ne fais jamais d'habitude", raconte une des marcheuses, "au moment d'arriver au col des trois fontaines, je n'y ai pas cru mes yeux, il y avait énormément de monde, comme un boulevard". Pour elle, "rajouter encore des parkings et deux trains supplémentaires, c'est vraiment dénaturer l'esprit de la montagne", râle-t-elle, "ce n'est pas un parc d'attraction".

Pour ces marcheurs, "rajouter des parkings et deux trains supplémentaires, c'est vraiment dénaturer l'esprit de la montagne" - Radio France
Pour ces marcheurs, "rajouter des parkings et deux trains supplémentaires, c'est vraiment dénaturer l'esprit de la montagne" © Radio France - Théo Hetsch

Les chiffres du petit train de la Rhune sont impressionnants : 4 millions d'euros de chiffres d'affaires, 17 salariés à l'année, ainsi qu'une trentaine de travailleurs saisonniers. C'est le site le plus visité des Pyrénées-Atlantiques. Le but affiché du département est d'augmenter encore ces chiffres, et les retombées économiques qui vont avec.

Arrivés au sommet de la Rhune, les membres du collectif ont pris la parole pour exposer leurs arguments. Ce qui leur fait particulièrement peur, c'est la passerelle métallique suspendue, qui est envisagée par le département pour offrir à tous un belvédère impressionnant sur les sommet alentours et la baie de St Jean de Luz : "toute la partie ouest du sommet sera inaccessible, c'est quasiment une privatisation", lance scandalisé Philippe Lacarra, de l'association Ideki d'Ascain, une des associations du collectif Larrun ez hunki. "Tout ça pour encore magnifier l'expérience de la Rhune", explique-t-il, "alors que pour nous, la Rhune est très belle ainsi, il n'y a pas besoin d'en rajouter".

Une pétition contre le projet "la Rhune 2020", lancée sur internet par le groupe Team Rhuners, a recueilli plus de 5 500 signatures.