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Société

Népal : quatre étudiantes grenobloises de retour d'une mission humanitaire

jeudi 6 août 2015 à 19:41 - Mis à jour le vendredi 7 août 2015 à 6:00 France Bleu Isère

Quelques mois après le séisme qui a ravagé le pays, Agathe, Diane, Camille et Julie, quatre étudiantes en médecine à la faculté de Grenoble sont parties sur place pendant un mois pour acheminer du matériel médical dans des villages reculés du Népal. De retour en France, elles racontent leur aventure.

Camille, Julie, Agathe et Diane viennent de passer un mois au Népal
Camille, Julie, Agathe et Diane viennent de passer un mois au Népal

Elles n'ont plus leur tika sur le front, cette poudre rouge que les hindous tracent en guise de bienvenue. Mais même à Grenoble, elles ont gardé leurs mehndhi, des tatouages éphémères peints sur leurs mains avec du hénné, que les népalaises portent lors de fêtes religieuses en l'honneur de Shiva. 

Agathe Baronnat, Diane Saxod, Camille Aïtout et Julie Dominici sont rentrées depuis presque une semaine déjà. Mais après un mois passé en compagnie des népalais, elles sont encore un peu là bas, dans l'Himalaya, dans le petit village de Simjung, au Nord de Katmandou. 

Cette région a été dévastée par le séisme de magnitude 7,8 en avril dernier. A l'époque, ces quatre étudiantes en médecine à la faculté de Grenoble préparaient leur voyage depuis plusieurs mois, avec l'aide de l'Association Manoj, qui est installée depuis plusieurs années sur place. Le séisme n'a pas ébranlé leur motivation. Au contraire. Simple changement de plan : elles abandonnent l'idée de faire de la prévention sanitaire dans les écoles, et décident d'utiliser tous leurs fonds pour financer l'achat de matériel médical une fois sur place. Avec 10 000 euros en poche, elles s'envolent pour le Népal début juillet. 

"C'était post apocalyptique, mais les gens continuaient à vivre, et on était là à contempler des temples décapités, des escaliers qui menaient à rien, des lions en pierre qui ne veillaient sur plus rien."Agathe Baronnat 

Des scènes post apocalyptiques 

Arrivées à Katmandou, elles découvrent une ville détruite, mais pleine de vie : "les rues étaient pleines de gens, des couleurs partout, plein de bruits, plein d'odeurs, le contraste avec Paris qu'on avait quitté le matin même était impresionnant" , se souvient Agathe, "tout le monde nous saluait, "Namasté" - bonjour en Népalais -, ce sont les gens les plus gentils que j'ai rencontré, d'une gentillesse et d'une déférence incroyable, face à ça on se sentait mal à l'aise, on ne méritait pas tant"

Agathe Baronnat, étudiante de retour du Népal

La capitale est en ruines, "c'était de la science fiction" insiste Agathe, "c'était post apocalyptique, mais les gens continuaient à vivre, et on était là à contempler des temples décapités, des escaliers qui menaient à rien, des lions en pierre qui ne veillaient sur plus rien" . Pourtant, l'optimisme des Népalais est plus fort : "on savait qu'on était près de l'épicentre, on savait que l'on était dans une région du Népal qui avait été très touchée, on s'attendait à voir des choses terribles, des choses qu'on a vues au final mais qui ont été cachées par un optimisme frappant aussi"

Acheminer le matériel, parfois à dos de cherpas

Une fois le matériel acheté dans la capitale, il est apporté jusqu'à Simjung. Dans leurs cartons, des pansements, des tests de grossesse, des kits ORL, du matériel pour stériliser les outils, prendre la pression sanguine, des pèse-bébé, des tables d'accouchement, "la sage-femme du village avait les larmes aux yeux, elle n'y croyait pas" raconte Diane. 

Les quatre étudiantes grenobloises en compagnie des locaux

Ce n'est pas la fin du voyage. Il faut le transporter ensuite jusqu'aux petits villages reculés, sur des routes endomagées par le séisme. Le matériel est parfois transporté à dos de sherpas. "On marchait des heures, mais quand on arrivait ils étaient tellement heureux, on faisait la fête avec eux" , se souvient Diane, suivie par Agathe : "on pensait trouver de la tristesse, et on a trouvé des gens souriants, qui étaient prêts à nous faire découvrir la beauté de leur pays, qui existe encore"

Une aide humanitaire encore nécessaire

"Ils ont eu beaucoup d'aide financière, mais personne ne sait où elle est passée cette aide" souligne Agathe. La reconstuction est lente, et se fait "à la main, ils font la chaîne" décrit Diane, "chacun passe la brique à son voisin, et ça prend un temps phénoménal, on a déblayé une école, on était trente alors ça a bien avancé en une après-midi, mais c'était vraiment pierre par pierre, dans la chaleur, et la mousson"

"Ca nous a vraiment donné envie de devenir médecins, de bosser nos cours, et de repartir avec toutes les compétences, et soigner ceux qui en ont vraiment besoin."Diane Saxod 

Les quatre apprenties médecins s'accordent à dire qu'elles auraient aimé rester plus, pour assister à plus de consultations, épauler les Népalais, mais ce sera pour une autre fois, lorsqu'elles auront leur diplôme de médecine en poche. "On reviendra" , assure Diane, "ça nous a vraiment donné envie de devenir médecins, de bosser nos cours, et de repartir avec toutes les compétences, et soigner ceux qui en ont vraiment besoin"

Camille Regache

Agathe et Diane, de retour d'une mission humanitaire au Népal

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