Société

Nicolas Sarkozy dans le Forum France Bleu / France Info : "Un vote pour le FN, c'est un élu PS de plus"

Par Julie Guesdon, France Bleu vendredi 13 mars 2015 à 10:49

Nicolas Sarkozy invité du Forum France Bleu / France Info.
Nicolas Sarkozy invité du Forum France Bleu / France Info. © Radio France

Nicolas Sarkozy était ce vendredi le premier invité du Forum France Bleu / France Info. Le président de l'UMP, à l'approche des élections départementales, a voulu rassurer ses électeurs sur l'unité retrouvée au sein du parti. Il a tenté de dresser un cap pour contrer la montée du Front national, qui grignote des voix dans l'électorat de droite.

Nicolas Sarkozy était ce vendredi l'invité de France Bleu et France Info. A l'occasion des élections départementales, l'ancien chef d'État et actuel président de l'UMP a inauguré le Forum en répondant à la fois aux questions de nos journalistes mais aussi à celles des auditeurs de France Bleu.

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"Un vote pour le FN, c'est un élu PS de plus"

Nicolas Sarkozy a assumé la part de responsabilité du parti dans la montée du Front national : " pendant deux ans, ma famille politique était divisée, ce qui a donné un boulevard au FN."  Mais à l'approche des élections départementales, l'UMP se présente comme seule alternative crédible. **

"Si vous êtes contents de la situation actuelle, vous votez PS ou FN ; sinon, votez UMP. [...] Tous ceux qui ont envie de dire leur colère, votez [mais] le message est clair : quand vous votez pour le FN, vous avez un élu PS de plus".

Interrogé sur l'affaire Bygmalion qui entache le parti, Nicolas Sarkozy fait silence et rappelle qu'une "enquête est en cours" . Même silence d'ailleurs sur le nouveau nom de l'UMP.

L'ancien chef de l'État a également fait allusion aux actions de son successeur, dénonçant la politique actuelle qui risque de mener à "la crise de la France" . Il a également ironisé les dernières sorties du Premier ministre, faisant référence à l'utilisation du mot "apartheid" pour évoquer la situation dans les banlieues françaises et aux avertissements répétés de Manuel Valls contre le FN. L'ancien Président dénonce un manque de "bon sens" . "Quand je dis qu'il s'énerve un petit peu, c'est très en-dessous de ma pensée".

"Mme Touraine a une vision administrative de l'organisation de la santé"

Nicolas Sarkozy s'est ensuite attaqué à la loi Santé. Le tiers-payant généralisé à l'ensemble des Français d'ici 2017 ? Une idée "folle" qui "consiste à faire penser [...] que tout est gratuit" . Une gratuité qui pousserait les patients à "la surconsommation de médicaments et des consultations", estime le patron de l'MP.

Dans ce débat qui oppose les médecins au gouvernement, Nicolas Sarkozy s'est rangé du côté des praticiens, qui prévoient d'ailleurs une manifestation ce dimanche. Il estime que "tout ne peut pas passer par l'hôpital" : "Mme Touraine a une vision administrative de l'organisation de la santé. Pour elle, il n'y a que l'hôpital public, les établissements de santé privé sont illégitimes et les médecins libéraux [...] il faudrait les fonctionnariser."

"Pour que les retraites soient financées, il faut allonger la durée de cotisation"

Nicolas Sarkozy l'a assuré, chaque élu UMP devra s'engager sur la réduction du nombre de fonctionnaires , par le "non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux" , afin de réaliser des économies de fonctionnement. Face aux auditeurs, il a également évoqué la taxe professionnelle, remplacée par une taxe foncière, qui bénéficie en majorité aux "collectivités locales" et lui semble donc essentielle.

Le président de l'UMP est ensuite revenu sur le statut d'auto-entrepreneur , "utile en temps de crise" mais qui devient sujet à "concurrence déloyale vis à vis des artisans" . A la place, l'ancien chef de l'État a proposé de restaurer la défiscalisation des heures supplémentaires , une mesure supprimée par François Hollande.

Sur le travail toujours, Nicolas Sarkozy n'envisage pas de revenir à un départ à la retraite à 60 ans (contre 62 aujourd'hui), comme le propose le FN. Mais au contraire, "pour que les retraites soient financées, il faut allonger la durée de cotisation" , a-t-il asséné en conclusion de son intervention.