Société

Landes : la SPA dit non aux animaux sous le sapin de Noël

Par Lisa Melia, France Bleu Gascogne mercredi 21 décembre 2016 à 12:45

Pas de chatons ou de chiots sous le sapin cette année
Pas de chatons ou de chiots sous le sapin cette année © Maxppp - J. de Mester

Pourquoi pas un chaton ou un chiot pour Noël cette année ? Nous sommes nombreux à vouloir offrir un animal de compagnie à un proche, pour les fêtes de fin d'année. Mauvaise idée, assure la SPA de Saint-Pierre-du-Mont.

Chaque année, à l’approche des fêtes, le même manège se répète. A partir de la mi-décembre, les bénévoles du refuge SPA de Saint-Pierre-du-Mont reçoivent plus de candidats à l’adoption que les mois précédents. Souvent, il s’agit de parents qui envisagent d’offrir un animal de compagnie à leurs enfants pour Noël, d’hommes et de femmes qui veulent faire plaisir à un conjoint.

L’intention est louable, reconnaît Gregory Duplant, le responsable du refuge. Je ne doute pas que ceux qui veulent offrir un animal pour Noël pense au plaisir de la personne qui le recevra et au bien-être du chien ou du chat. Cela dit, nous sommes radicalement contre l’animal-cadeau.

Pourquoi une telle opposition ? Grégory Duplant ne manque pas d’arguments. D’abord, le refuge préfère recevoir la personne qui va adopter l’animal directement, pour s’assurer qu’ils sont compatibles et que chacun y trouvera son compte. Adieu, donc l'effet de surprise du chiot avec un nœud sur la tête, sous le sapin, le matin du 25 décembre. "Même quand on pense bien connaître ses proches, on ne peut pas être certain qu’il s’agit du bon chien ou du bon chat, soutient Grégory Duplant. Après les fêtes, nous voyons arriver des gens désemparés, qui n’avaient pas prévus d’adopter un animal et qui ne parviennent pas à s’y adapter."

Grégory Duplant, responsable du refuge SPA de Saint-Pierre-du-Mont

Animal-objet

Autre raison de la réticence des bénévoles : les animaux ne sont pas des objets. Avant toute adoption, les nouveaux maîtres sont soumis à un interrogatoire serré. Où l’animal vivre-t-il ? Sera-t-il laissé seul durant la journée ? Disposera-t-il d’un jardin ? Devra-t-il cohabiter avec d’autres animaux ? "Les gens sont souvent surpris, sourit Grégory Duplant, mais c’est dans leur intérêt et dans celui de l’animal." Ce matin de décembre, justement, une famille de Parentis se présente au refuge. Ils viennent trouver une compagne pour leur jeune chien. Quand on leur demande s’ils cherchent un cadeau pour les fêtes, ils se récrient immédiatement.

"C’est un pur hasard du calendrier si nous sommes là pour les fêtes de Noël, assure Pascal, le père. Les animaux cadeaux, c’est hors de question." "Souvent, les parents pensent faire plaisir aux enfants, mais ils oublient qu’il faudra s’en occuper, poursuit Chloé, la fille cadette. Un chien doit être sorti, il faut nettoyer derrière lui, jouer avec lui, l'éduquer… Les enfants, eux, ne s’en occuperont pas. Quand les parents réalisent quelle masse de travail les attend, ils s’en débarrassent."

Une voix de la sagesse qui surprend et qui rassure Grégory Duplant : depuis quelques années, le message que cherche à faire passer la SPA, "les animaux ne sont pas des objets", s'inscrit de plus en plus dans les esprits. Depuis le début du mois, le refuge de Saint-Pierre-du-Mont a placé une petite cinquantaine de chats et de chiens. L’an dernier, c’était 75, le second meilleur mois de l’année.

"L’effet Noël se fait sentir en décembre avec une hausse des adoptions, conclut Grégory Duplant, mais aussi en janvier et en février, avec un bond du nombre d’abandons." Si vous souhaitez adopter un animal pour les fêtes, oubliez, donc, l'effet de surprise. Le responsable du refuge vous invite plutôt à venir avec la personne qui sera en charge du chat ou du chien.