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Société

Noirmoutier : ils se mobilisent contre l'expulsion d'un ancien migrant de Calais

vendredi 27 octobre 2017 à 18:28 Par Emmanuel Sérazin, France Bleu Loire Océan et France Bleu Nord

Des habitants de Noirmoutier ont lancé une procédure pour tenter d'éviter l'expulsion d'un migrant afghan. En un an, Sifat a appris le français, trouvé un toit et même un CDI. Mais la Préfecture de la Vendée menace toujours de l'expulser le 3 novembre.

Sifat, 26 ans, entouré de quelques-uns de ses amis noirmoutrins.
Sifat, 26 ans, entouré de quelques-uns de ses amis noirmoutrins. © Radio France - Emmanuel Sérazin

Noirmoutier-en-l'Île, France

Sifat fait partie des premiers volontaires qui ont accepté de monter dans les bus l'an dernier, quand la jungle de Calais a été démantelée. Ce car l'a conduit jusqu'à Noirmoutier en Vendée, où il a été pris en charge par l'Etat pendant 6 mois, le temps d'examiner sa demande d'asile. Mais la réponse est négative. Cet afghan de 26 ans doit se présenter le 3 novembre à la Préfecture de la Vendée, pour être expulsé le pays qu'il a fui. Car le Préfet a rejeté la demande de régularisation par le travail déposée par ses amis noirmoutrins.

Dès son arrivée en vendée, Sifat a commencé à apprendre le français. Aujourd'hui, il le comprend très bien, le parle assez pour se faire comprendre, et commence à l'écrire. Le jeune s'est très vite intégré sur l'île. Alors quand l'Etat a cessé de le prendre en charge avant l'été, le jeune garçon a découvert qu'il pouvait compter sur ses nouveaux amis. Il est hébergé dans un studio indépendant chez un couple de retraités, à qui il rend des services en s'occupant du jardin, en cuisinant ou en allant faire les courses.

Un contrat en CDI pour devenir maçon

En plus d'un toit, cet ancien garagiste a aussi trouvé un travail : un maçon qui peine à recruter sur l'île, veut l'embaucher en CDI. Le contrat est déjà rédigé, prêt à être signé.

Il commencera par faire de la manutention, et au fil des jours, il apprendra le métier de maçon. Vu la vitesse à laquelle il a appris à parler le français et son intégration dans le milieu associatif, je suis convaincu - Christophe Mathé, chef d'entreprise

Les amis de Sifat ont donc déposé une demande de régularisation par le travail. Mais cette procédure a été rejetée par la Préfecture de la Vendée, car l'Obligation de Quitter le Territoire Français est enclenchée, notamment par que Sifat n'a pas répondu à deux courriers envoyés cet été. Et pour cause : ils ont été adressés à l'association qui l'accompagnait à son arrivée, mais ne lui ont jamais été transmis.

Jusqu'où iront ses amis ?

En fréquentant le club de badminton, la salle de musculation et par sa nature enjouée, le jeune migrant s'est fait de nombreux amis depuis son arrivée sur l'île. A commencer par Bénédicte, libraire à Noirmoutier...

Si Sifat s'est fait de nombreux amis, aucun n'appartient à une association ou un mouvement politique. Tous se mobilisent à titre personnel, par amitié. Alors chacun se demande jusqu'où il sera prêt à aller pour défendre ce nouvel ami, si les gendarmes débarquent la semaine prochaine pour l'expulser vers l'Afghanistan.

Quant au jeune garçon, il sait qu'il est beaucoup trop dangereux de rentrer dans son pays d'origine pour le moment. Alors, si la Préfecture de la Vendée n'entend pas la demande de ses amis, il sera contraint de quitter Noirmoutier, pour retourner à Calais et tenter à nouveau de rejoindre l'Angleterre. En abandonnant derrière lui son toit, son CDI... et ses amis.