Société

"Non à l'état d'urgence" : quelques centaines de manifestants à Bordeaux

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde samedi 30 janvier 2016 à 19:26

Le collectif girondin organisera un nouveau rassemblement le 4 février
Le collectif girondin organisera un nouveau rassemblement le 4 février © Radio France - Pauline Pennanec'h

A l'appel du collectif girondin "Nous ne céderons pas", entre 600 et 3.000 personnes ont battu le pavé ce samedi à Bordeaux pour dénoncer l'état d'urgence et le projet de déchéance de nationalité.

Mobilisation contre l'état d'urgence et le projet de déchéance de nationalité : manifestations dans 70 villes de France. A Bordeaux, entre 600 personnes selon la préfecture de police et 3.000 personnes selon les organisateurs se sont rassemblées. Le cortège est parti à 14 h 30 de la place de la Victoire pour rejoindre le Grand Théâtre.

Et on peut dire que la pluie n'a pas refroidit le cortège. "Etat d'urgence, état policier" scandent les manifestants. 

Parmi eux, Pernelle, 24 ans. L'étudiante en droit pense que l'état d'urgence n'est plus efficace : "Si on pose la question à la majorité des Français, ils diront que ça ne change rien, donc pourquoi la continuer ? La séparation des pouvoirs n'existe presque plus, il n'y a plus recours à un juge. On prend des mesures sur des critères non fondés, et on donne des peines à des gens qui ne sont pas jugés" raconte l'étudiante.

C'est complètement aberrant de réduire les libertés des personnes sous prétexte de sécurité alors qu'on peut mettre la sécurité autrement qu'avec l'état d'urgence
— Pernelle, étudiante

"Il faut éviter de faire une exception à la règle"

Pour Ségolène, il est important de se mobiliser contre une prolongation qui créé selon elle une stigmatisation : "Il y a une discrimination énorme, ça induit une forme de racisme, parce que certaines personnes sont visées selon leurs origines" explique-t-elle.

Un peu plus loin dans le cortège on retrouve Karfa Diallo. Le Bordelais, président de la fondation du mémorial de la traite des noirs, milite pour que les libertés soient garanties et protégées : "Depuis les événements du 13 novembre, des centaines de personnes sont assignées à résidence. Ces personnes ne constituent pas une menace pour notre sécurité. Bien évidemment ces gens là devraient retrouver leur liberté. Et plus fondamentalement, c'est éviter de faire une exception à la règle."

Pour le président de la Ligue des Droits de l'Homme en Gironde, Jean-Claude Guicheney, ça n'est pas en prolongeant l'état d'urgence qu'on luttera contre la menace terroriste. 

Jean-Claude Guicheney : "On manifeste pour la préservation des libertés"

Et la contestation ne s'arrêtera pas là. Le collectif "nous ne céderons pas" appelle à un nouveau rassemblement le 4 février 2016, à 11 h 30 devant la préfecture de Bordeaux.

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