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"Non, la justice n'est pas laxiste" se défend la déléguée de l'Union syndicale des magistrats

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Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

Depuis plusieurs semaines, l'institution judiciaire est sous le feu des critiques, notamment des syndicats de policiers, qui l'accuse d'être trop laxiste. "Il est faux de dire de l'arsenal existant n'est pas appliqué", répond la déléguée de l'Union syndicale des magistrats à Saint-Étienne.

C'est un reproche que l'on entend de plus en plus ces dernières semaines. La justice serait "laxiste", un constat martelé notamment par les syndicats de policiers après la mort d'Éric Masson à Avignon et de Stéphanie Monfermé à Rambouillet. "Évidemment, il y a l'émotion après ces drames qui se sont passés, mais on ne peut pas considérer que le vocable de laxiste corresponde à une réalité", explique Nelly Pradeau, déléguée de l'Union syndicale des magistrats pour le tribunal judiciaire de Saint-Étienne, qui était notre invitée ce mercredi matin.

135 000 peines fermes prononcées en 2019

Selon cette représentante des magistrats, les chiffres parlent d'eux-mêmes. "Le garde des Sceaux qui a rappelé qu'entre 2002 et 2020, c'est 25 000 personnes de plus ont été incarcérées. Sur 2019, 135 000 peines fermes ont été prononcées, donc la justice, non, elle n'est pas laxiste, elle a même tendance à être plus sévère", enchaîne Nelly Pradeau. "Les textes prévoient évidemment que le fait d'atteindre la vie et à l'intégrité d'une personne qualifiée comme étant dépositaire de l'autorité publique, ça constitue une circonstance aggravante. Donc l'arsenal [pour punir les agresseurs de policiers et de gendarmes], il existe. Il est faux de dire que il n'est pas appliqué puisque, s'agissant encore une fois des policiers et des gendarmes, on a un taux de réponse pénale de 95 %, là où il est de 84 % pour les autres atteintes."

Un projet de loi "fourre-tout"

Nelly Pradeau est également revenue sur l'adoption mardi à l'Assemblée du projet de loi "pour la confiance dans l'institution judiciaire", porté par le ministre de la Justice Éric Dupont-Moretti. Le texte prévoit notamment la mise en place de droits renforcés dès l'enquête préliminaire, un élargissement du secret des avocats ou encore la fin des réductions de peine automatiques. "On est dans quelque chose qui est relativement fourre-tout. Vous allez retrouver des dispositions qui à la fois peuvent satisfaire les policiers et gendarmes, et d'autres qui peuvent les inquiéter, notamment en ce qui concerne la procédure pénale, qui doit toujours être un équilibre entre les nécessités de l'investigation et aussi les droits de la défense. Les professionnels, pour s'y retrouver, doivent le lire attentivement, se saisir éventuellement de quelques idées, mais il est évidemment difficile à lire. Ce projet de loi ne répondra pas au problème structurel de fond, qui est un problème de moyens."

Filmer les procès ? 

Autre disposition du projet de loi : la possibilité de filmer les procès. "Ça dépend de ce que vous filmez, dans quelles conditions vous le filmer", réagit avec scepticisme Nelly Pradeau. "Si l'idée c'est de filmer, comme il a pu être indiqué, une justice intime, celle qui concerne par exemple les mineurs ou les divorces, ça peut être compliqué. Quel usage peut-être fait de ces images ? Quid de l'accord des parties ? Est-ce que cet accord est éclairé ? Je caricature, mais la justice, c'est par principe publique. Tout le monde peut se rendre dans les salles d'audience pour la vivre publiquement, cette justice. Mais quand elle est organisée à huis clos, c'est qu'elle correspond à une nécessité de protéger aussi les individus. Je ne sais pas si on a bien mesuré cet aspect-là à l'heure de la télé-réalité."

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