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Société

Les données de nos téléphones portables collectées par des panneaux publicitaires, une technologie testée à Dijon

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Par , France Bleu Bourgogne

C'était à l'été 2017, en gare de Dijon, des panneaux publicitaires ont été équipés de capteurs capables de collecter les données de vos téléphones portables. Objectif: mesurer le passage devant ces panneaux. Une expérience de 4 semaines, mais d'actualité dans certaines stations de métro à Paris.

Des capteurs d'audience ont été expérimentés sur une dizaine de panneaux publicitaires à la gare de Dijon, à l'été 2017 (illustration)
Des capteurs d'audience ont été expérimentés sur une dizaine de panneaux publicitaires à la gare de Dijon, à l'été 2017 (illustration) © Radio France - Stéphanie Perenon

Dijon, France

On connaissait la géolocalisation sur les téléphones portables, il y a désormais des panneaux publicitaires capables de collecter les données de vos téléphones. On trouve ces panneaux à Paris dans certaines stations de métro. Certains citoyens s'en sont d'ailleurs émus sur les réseaux sociaux. 

Une technologie qui a pourtant reçu l'aval de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) précise Isabelle Bordry, la cofondatrice de  Retency. C'est cette société qui fabrique les capteurs posés sur ces panneau. "Les données collectées restent anonymes et elles ne servent qu'à renseigner sur le flux et le nombre de passages devant ces panneaux de pub".

Un procédé testé à l'été 2017 à Dijon

L'expérimentation a duré quatre semaines exactement, au mois de juillet 2017. Ce sont une dizaine de panneaux publicitaires ont été équipés de ces capteurs, sur le parvis de la gare et dans les couloirs menant aux quais des trains. Des petits boîtiers qui ont collecté les données émises par les portables qui passaient à proximité.

La gare de Dijon a expérimenté la technologie de Retency à l'été 2017 (illustration) - Radio France
La gare de Dijon a expérimenté la technologie de Retency à l'été 2017 (illustration) © Radio France - Stéphanie Perenon

"C'est une sorte de mesure d'audience des panneaux publicitaires" - Isabelle Bordry la cofondatrice de Retency

"L'intérêt c'est de mesurer le passage devant ces panneaux, pour indiquer aux annonceurs quels sont ceux qui ont le plus de flux  et à quelles heures de la journée" explique Isabelle Bordry.

Mais est-ce que c'est légal ?

"La CNIL a validé le procédé et on est aujourd’hui complètement conforme au RGPD, le règlement européen des données personnelles", précise Isabelle Bordry car poursuit-elle, "aucune donnée personnelle n'est conservée, elles sont détruites dans les trois minutes après la collecte. Et il existe par ailleurs un devoir d'information que nous remplissions en indiquant qu'une mesure statistique est menée autour de ces panneaux."

Isabelle Bordry la cofondatrice de Retency

Tous fichés ? Les réactions sont partagées entre indignation et fatalisme à Dijon

En gare de Dijon, près de deux ans après l'expérience menée, les personnes interrogées sont partagées entre indignation et fatalisme. "Ca me dérange" souffle cette quinquagénaire, qui n'était pas au courant de cette nouvelle technologie.  "On est pistés", dit sa voisine. Mais pour ce quadragénaire, "on laisse tellement d'informations à gauche et à droite, alors une de plus ou une de moins, je ne vois pas ce que ça change." 

Ce qui dérange quand même, c'est le manque d'information, "on devrait être informé pour décider" s'indigne cette voyageuse, "consciente qu'avec nos téléphones nous sommes sans arrêt pistés, mais pour ces panneaux, on ne peut pas savoir et c'est un abus. C'est un peu rentré dans l'inconscient collectif comme quelque chose de normal de ne pas pouvoir s'y opposer." 

La solution ? Se passer de portable ? "C'est impensable" s'exclame ce jeune dijonnais d'une vingtaine d'années. Un avis unanimement partagé, "alors il faut faire avec" conclut-il. En attendant, si vous souhaitez vous y opposer, vous avez la possibilité de le faire en désactivant certains paramètres de vos téléphones.

Des panneaux qui collectent vos données, qu'en pensez-vous ? Les réactions sont partagées entre indignation et fatalisme, ici près de la gare de Dijon

Pascal Lardellier, professeur à l'IUT de Dijon, spécialiste des nouveaux usages numériques, répond à Trois idées reçues sur"l'espionnage" de nos téléphones portables.