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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Nous, les vieux, on peut mourir dehors" : la colère des retraités face à la gestion de la troisième vague

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Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu

Journée nationale de mobilisation des retraités, ce mercredi, à l'appel d'une intersyndicale, pour dénoncer la baisse du pouvoir d'achat, la gestion de la crise sanitaire, et la stigmatisation des personnes âgées. A Metz, les seniors organisent une opération de tractage.

Jean-Claude Kremer (CGT Retraités) et Arlette Perray (FO Retraités)
Jean-Claude Kremer (CGT Retraités) et Arlette Perray (FO Retraités) © Radio France - magali fichter

Les retraités en ont gros sur la patate, et ils le font savoir. Journée nationale de mobilisation ce mercredi, à l'appel de plusieurs syndicats (FO, CGT, CFTC, CFE CGC, FSU, Solidaires...) pour dénoncer, pêle-mêle, la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement, le manque de pouvoir d'achat, le manque de vaccins, ou encore la stigmatisation des personnes âgées. A Metz, ils n'ont pas prévu de rassemblement massif pour ne pas mettre en danger les plus fragiles, mais un tractage dans les rues du centre-ville, toute la journée.

Aujourd'hui, dans les hôpitaux, certains médecins disent qu'ils vont devoir faire un choix"

Pour Arlette Perray, responsable de l'UD FO des retraités de Moselle, les plus âgés payent les choix d'Emmanuel Macron face au Covid. Et avec la troisième vague et les services de réanimation qui sont pleins, elle est très inquiète : "Aujourd'hui, dans les hôpitaux, certains médecins disent qu'ils vont devoir faire un choix qu'ils ont déjà fait lors de la première vague. En gros, nous, ce qu'on comprend, c'est les vieux, mourrez dehors pour que nous, on puisse soigner dedans. Ce n'est pas acceptable pour le pays des droits de l'homme.

Elle sait bien que ce n'est pas la faute des soignants. Pour elle, c'est la gestion du gouvernement qui est en cause : "On n'a pas donné les moyens aux hôpitaux, on a fermé des lits, on n'a pas donné de masques au moment de la première vague. On ne fait pas le nécessaire pour que les gens soient réellement vaccinés - par exemple, les personnes âgées de moins de 75 ans, il n'y en a vraiment qu'une poignée qui est vaccinée." L'intersyndicale réclame d'ailleurs la vaccination pour tous, tout de suite.

Les jeunes ont déjà suffisamment de problèmes - que le gouvernement fasse le nécessaire pour les aider, pas seulement les parents et les grands parents."

Car il n'est pas question pour Arlette Perray d'opposer jeunes et vieux. "Ça ne m'a pas dérangé de m'autoconfiner, ça ne m'a pas dérangé de me faire vacciner. J'ai pris cette responsabilité, pour moi, pour ma famille et pour les gens qui m'entourent, insiste celle qui est mère et grand-mère. Mais il faut arrêter d'opposer les générations entre elles. Les jeunes ont déjà suffisamment de problèmes - que le gouvernement fasse le nécessaire pour les aider, pas seulement les parents et les grands parents."

Une réaction aussi, alors que les retraités dénoncent une baisse toujours plus sensible de leur pouvoir d'achat, à cette annonce de Bruno Le Maire, le ministre des finances, sur la facilitation des donations entre générations "de quelques milliers d'euros". Il a déclaré chez nos confrères de franceinfo, ce lundi : "Permettre à des grands-parents de soutenir leurs petits enfants, de soutenir les jeunes qui sont ceux qui ont probablement le plus souffert de cette crise économique et de cette crise sanitaire, ça me paraît juste".

On est dans la culpabilisation des plus âgés qui ont travaillé dur."

Encore un symbole, pour les retraités, d'un "pointage du doigt" des seniors, qui auraient beaucoup plus de moyens que ce qu'ils disent. Or, pour Jean-Claude Kremer, secrétaire CGT Moselle Retraites, ce n'est pas aux grands-parents de pallier les défaillances de l'Etat. "Pour que les retraités puissent donner des milliers d'euros à leurs petits enfants, il faudrait qu'il leur reste de l'argent après avoir payé leur loyer, leurs charges, etc... Beaucoup ne le peuvent pas ! On est dans la culpabilisation des plus âgés qui ont travaillé dur." Et de rappeler : "Cet argent, on ne l'a pas volé. C'est l'acquis de notre travail, de nos cotisations." 

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