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"Nous n'avons plus aucun endroit où dormir" : pour soutenir une famille nigériane, des parents se mobilisent
Pour soutenir une famille nigériane à la rue, l'école maternelle Jean Cocteau devrait être occupée par des parents d'élèves à compter de ce jeudi soir. Ils veulent alerter sur la situation de cette famille de cinq enfants.

"Je ne sais plus quoi faire" désespère Tracy, maman de cinq enfants, originaire du Nigeria. Elle est arrivée en France il y a trois ans et demi. Son mari et elle ont fait une demande d'asile dont le dernier recours a été refusé en septembre dernier, au moment de la rentrée scolaire. Depuis ce moment, la famille est ballotée de logements en logements, parfois très loin de l'école des enfants. Trois sont en maternelle à l'école Jean Cocteau de Bordeaux, un autre est au collège, le dernier n'est pas encore scolarisé. Cette situation a été évoqué lors d'un conseil de l'école bordelaise et a alarmé les parents d'élèves, qui ont décidé de se mobiliser.
Depuis ce lundi 24 avril, la famille n'a plus d'hébergement d'urgence et se retrouve à la rue. Mais grâce aux parents d'élèves de l'école Jean Cocteau, elle a pu passer deux nuits dans un hôtel. "On arrive un peu au bout de nos ressources" raconte Florence, mère d'élève qui soutient Tracy, et s'interroge sur la suite à donner à cette histoire. Pour l'instant, les parents d'élèves ont décidé d'installer la famille dans une salle de l'école maternelle, et d'occuper les lieux la nuit, afin d'alerter sur leur situation. Mais ce n'est pas la seule chose qu'ils ont faite, grâce à une cagnotte qui a circulé au sein de l'école, les parents ont pu aider la famille au quotidien. "La première chose qu'on a faite, c'est amener de quoi faire un petit déjeuner aux enfants, parce qu'on s'est rendu compte qu'ils ne mangeaient pas le matin" raconte Clémentine, elle aussi mère d'élève. Puis durant les vacances scolaires, les parents ont fait les courses de la famille, en se relayant durant les deux semaines.
Pour les parents il était impossible de rester indifférent. C'est ce que confirme Charles, père d'élève "quand vous commencez à demander à la famille ce dont elle a besoin a besoin, vous vous rendez compte qu'elle est vraiment en détresse". De son côté Tracy est très émue de toute cette générosité. "Ils sont comme ma famille, dit-elle en anglais, en remerciant les parents qui l'entourent. Elle explique que depuis le début de l'année, elle doit faire une heure de bus chaque matin pour amener ses enfants à l'école "ils sont épuisés, ils dorment dans le bus le matin". Si changer de logement était fatigant durant toute l'année, ne plus en avoir est une épreuve de plus : "C'est très difficile, ce n'est pas une bonne chose que les enfants dorment dans la rue, ils sont trop jeunes ".
"Je souhaite avoir un logement pour essayer d'avoir des papiers et commencer ma vie. J'ai des projets pour moi, je veux aller à l'école, mon mari aussi. Nous ne voulons pas déranger les autres avec nos problèmes, explique Tracy au bord des larmes. Mes enfants me disent, maman, on ne veut pas laisser nos amis de l'école, on veut rester ici".
La préfecture de Gironde précise que la famille est visée par une OQTF (une obligation de quitter le territoire français) et se trouve donc en situation irrégulière. Elle étudie la possibilité de lui proposer une solution d'hébergement de préparation au retour. Elle explique aussi, qu'initialement, la famille aurait pu rester dans un hébergement d'urgence jusqu'en juin, mais que des hôtels se sont plaints du non-respect de leur règlement intérieur, et lui ont demandée de partir.