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Coronavirus : reconfinement en France à partir de vendredi, jusqu'au 1er décembre

"Nous ne nous coucherons jamais", la lettre du comédien lavallois Jean-Luc Bansard à Samuel Paty

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Par , France Bleu Mayenne

Le comédien et directeur du théatre du Tiroir à Laval Jean-Luc Bansard a exprimé sa douleur et sa détermination après la décapitation du professeur de collège Samuel Paty. Jean-Luc Bansard a écrit une lettre pour lui rendre hommage.

Jean-Luc Bansard, le directeur du théâtre du Tiroir à Laval.
Jean-Luc Bansard, le directeur du théâtre du Tiroir à Laval. © Radio France - Lila Lefebvre

Une lettre pour Samuel Paty, c'est ainsi que le directeur du théâtre du Tiroir de Laval, Jean-Luc Bansard partage sa douleur après la mort par décapitation de l'ensignant ce vendredi dans les Yvelines. Jean-Luc Bansard appelle à défendre collectivement la liberté d'expression, alors que Samuel Paty semble avoir été tué parcequ'il avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahommet. 

"Je me suis posé la question pourquoi je suis sur Terre, pourquoi moi en tant qu'artiste je prends la parole ? s'interroge Jean-Luc Bansard sur France Bleu Mayenne. Rares sont ceux comme Samuel Paty, qui comme le journal Charlie osent s'opposer aux exigences toujours plus pressantes des religions. Je veux crier, depuis la scène de mon théâtre et depuis la rue s'il le faut que nous ne nous coucherons jamais". 

La Lettre dans son intégralité

Si le crime qui a tué SAMUEL PATY est si difficile à nommer, c’est parce qu’il a été  commis au nom d’une idéologie fasciste nourrie dans les ­entrailles d’une religion.  

Et rares sont ceux qui comme SAMUEL PATY, comme le journal Charlie,  osent s’opposer aux exigences toujours plus pressantes des religions en général, et de certaines en particulier.
 

Le coupable du meurtre de SAMUEL PATY comme les coupables de Charlie et de l’hyper casher, ou du Bataclan sont morts.... Mais leurs complices sont toujours là : ce sont la ­lâcheté, le cynisme, le pédantisme, l’inculture, la trahison, la couardise, le confort intellectuel, l’opportunisme, l’aveuglement, la suffisance, la superficialité, les calculs politiques, l’inconscience, la légèreté, le défaitisme, l’indécision, l’imprévoyance et mille autres travers qui, séparément, semblent anodins, mais qui, tous réunis, ont permis d’exterminer un professeur et les innocents du journal.

Ce vendredi 16/10/20, comme à chaque fusillade par ceux qu’il faut bien nommer «  des fous de Dieu » puisqu’ils tuent en son nom, les bourreaux ont actionné des armes dont le mode d’emploi avait été rédigé par d’autres. Pour écrire cette défaite collective, cette défaillance de notre société devant le crime, défaite de nous tous, les citoyens, il restera l’Histoire. L’histoire qu’enseignait SAMUEL PATY. Avec tous les êtres qui se disent humains, je veux crier dans la rue et chaque jour depuis la scène de mon théâtre,  je veux crier, nous devons tous crier : « nous ne nous coucherons jamais. »
 

L’anéantissement d’un être humain n’inspire que ­colère et chagrin. Car avec lui disparaît pour toujours sa connaissance du monde.
 

L’exécution de SAMUEL PATY, ne vise qu’à effacer  ses convictions laïques, celles de l’école républicaine qui m’a forgé, celles de la tolérance qu’il enseignait.
 

Victor HUGO disait en 1848 à l’assemblée nationale qui voulait diminuer les budgets de l’école et de la culture déjà très faibles: « qu'il faudrait multiplier les écoles, les chaires, les bibliothèques, les musées, les théâtres, les librairies ; il faudrait multiplier les maisons d’études pour les enfants, les maisons de lecture pour les hommes, tous les établissements, tous les asiles où l’on médite, où l’on s’instruit, où l’on se recueille, où l’on apprend quelque chose, où l’on devient meilleur ; en un mot, il faudrait faire pénétrer de toutes parts la lumière dans l’esprit du peuple ; car c’est par les ténèbres qu’on le perd. »
 

Le criminel de SAMUEL PATY et tous ses complices sont dans les ténèbres.
 

Voilà pourquoi je continue à animer une compagnie de théâtre et à défendre une saison au Petit Theatre 8 rue jean Macé où on entendra encore cette année toutes les langues du monde comme ce dimanche 18/10 la magnifique langue d’AZERBAIDJAN... Et en novembre celles 18 refugies qui jouent ESCHYLE et les Suppliantes. Je continuerai à dire les poètes au théâtre pour faire taire tous les obscurantismes qui sont par définition aveugles et porteurs de meurtre.
 

Aujourd'hui, je suis professeur d'histoire et je m'appelle SAMUEL PATY.
JLB

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