Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

"Nous ne pouvons plus vivre ici, dans ces conditions", les migrants de Rennes appellent l'État à l’aide

Des migrants sont obligés de dormir dans deux gymnases de Rennes depuis début juillet. Ils sont mis à disposition par la ville. Près de 70 d’entre eux occupent celui du Haut-Sancé, rue de Châteaugiron à Rennes. Ils attendent en vain une aide de la part de l’État.

Ils sont environ 50 enfants à dormir dans ce gymnase de Rennes depuis début juillet.
Ils sont environ 50 enfants à dormir dans ce gymnase de Rennes depuis début juillet. © Radio France - Alexandre Frémont

Rennes, France

Dans ce gymnase de Rennes situé rue de Châteaugiron à Rennes, près de 70 migrants dorment dans de grandes tentes blanches et rouges, installées sous des paniers de basket. La situation dure depuis le début du mois de juillet. C'est la ville de Rennes qui leur a mis à disposition ces lieux le temps de l'été. Le temps aussi pour ces familles, avec une cinquantaine d'enfants, de trouver une meilleure solution de logement

Un gymnase mieux que le Kosovo

Parmi ces migrants, il y a Fatah, 14 ans, arrivée à Rennes début juillet avec ses parents, ses frères et sœurs. Elle est assise sur une table avec des livres d’enfants à la main et elle est entourée de plusieurs autres petits. "C’est un ami de mon père qui nous a dit de venir ici parce que c’était bien. Mais il nous a menti, on est arrivé là sans rien. _On a dormi 10 jours dehors_. Dans ce gymnase, c’est mieux que dehors". La famille est partie du Kosovo, où nous dit-elle, la communauté Rom est détestée. Elle comprend la situation et sait que ça ne bougera pas mais préfère ne pas y penser. Et puis, pour elle, c’est toujours mieux ici que là-bas. 

Kristi lui est Albanais. Il a 25 ans, sa femme est gravement malade et doit se faire opérer en septembre prochain. Souffrant du dos, elle consulte très souvent un médecin qui lui recommande de ne peut plus dormir sur ces lits de camp.

"Ça va pas pour moi ici. Je dors là depuis 15 jours avec ma famille", grimace Kristi. "Je suis en France depuis 5 ans, ce n'est pas facile parce que je suis obligé de changer de place, changer de logement toute l'année, là où les gens souhaitent nous accueillir."

Moi je peux dormir dehors, mais pour ma femme et mon fils ce n'est pas possible."

Il détaille : "Par exemple je suis passé par Vitré, Pacé, Acigné, Fougères ou encore à Romillé. Moi je peux dormir dehors, il n'y a pas de problème. Mais pour ma femme et mon fils ce n'est pas possible et ce n'est pas normal." 

Kirsti aimerait pouvoir disposer d"au moins une petite chambre :  "Ce n'est pas grand-chose je pense", soupire-t-il. "Mon fils a 3 ans, il ne comprend pas ce qu'il se passe. Je le nourris de soupe mais il n'en veut pas. Il pleure mais je ne peux rien faire pour lui alors je sors dehors pour penser à autre chose. Il y a beaucoup trop de problèmes"

Chaque tente possède un numéro en haut de chaque entrée pour que les habitants se repèrent. - Radio France
Chaque tente possède un numéro en haut de chaque entrée pour que les habitants se repèrent. © Radio France - Alexandre Frémont

Kristi a déposé une demande de régularisation en Préfecture en février 2018 mais il n'a toujours pas de réponse. Ce père de famille sait que la procédure est longue mais il ne comprend pas pourquoi c'est si fastidieux. "Il fallait que j'attende 5 ans de vie en France pour pouvoir prétendre à quelque chose. Alors, j'ai attendu, je suis passé de ville en ville mais il ne se passe rien. Un patron souhaite m'engager, _j'ai une promesse d'embauche mais je ne peux pas travailler tant que je n'ai pas de papier_"

Des gros problèmes de santé

Sa femme est malade et souffre de la colonne vertébrale. D'après des médecins, si cette jeune femme de 20 ans continue de dormir sur ces lits de camp, elle risque de finir paralysée. "Les pompiers ne me répondent même plus quand je les appelle en urgence le soir", répond Kristi désabusé. Son fils a souvent de la fièvre et là aussi, Kristi ne sait plus quoi faire pour qu'il aille mieux. "Avant d'arriver ici, les deux n'étaient pas malades. Nous n'en pouvons plus, il faut que l'on nous aide", implore le père de famille. 

La mairie ne peut pas faire plus

Les conditions de vie sont difficiles, si vous ajoutez la chaleur de ces derniers jours et le manque de nourriture. "Ces familles nous disent que oui les conditions sont difficiles mais chez nous, on est parti depuis longtemps, on ne connaît plus personne, on a plus rien et on sait que les conditions sont bien pire encore qu'ici", relève Armelle Bounya, de l'association "Un toit c'est un droit". "Pourtant, les règles sont claires", détaille-t-elle, "les demandeurs d'asiles doivent être logés et les autres doivent avoir le droit à l'hébergement d'urgence"

Pour Frédéric Boursier, adjoint à la solidarité et à la cohésion sociale à la ville de Rennes, la mairie ne peut pas faire mieux que de mettre à disposition ces deux gymnases : "Il y a un moment où on ne peut pas inventer les bâtiments pour loger tout le monde donc il faut trouver d'autres solutions, tels que ces deux gymnases"

Écoutez le reportage dans le gymnase d'Alexandre Frémont.