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Dossier : Coronavirus Covid-19

"Nous sommes des invisibles" : Yves, homme de ménage, raconte son quotidien avec le coronavirus

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Par , France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

Le travail au quotidien des femmes et des hommes de ménage a changé depuis l’apparition du Covid-19 : davantage de désinfections, de pression et aucune reconnaissance. Yves, homme de ménage qui se lève à 3 heures du matin raconte son quotidien avec le coronavirus.

Du travail en plus mais pas de reconnaissance. Photo d'illustration.
Du travail en plus mais pas de reconnaissance. Photo d'illustration. © Maxppp - Gaëtan Bally

Il se sentent les oubliés de la crise sanitaire et pourtant, ils sont en première ligne pour rassurer ceux qui viennent travailler dans les bureaux, les entrepôts, les magasins, les usines. Yves travaille pour plusieurs employeurs dans la banlieue de Nancy avec plusieurs "chantiers", tôt le matin, et la crise sanitaire lui a donné du travail en plus. Pas d'heures supplémentaires, pas de prime exceptionnelle, mais de l'amertume. 

Les hommes et les femmes de l'ombre, on est des invisibles

Comme ses collègues, il vit difficilement cette période et surtout le manque de reconnaissance qui l’accompagne. Il témoigne : "Avec le problème du covid, c’est 30% de travail en plus avec les bureaux à désinfecter, les claviers, les souris, les interrupteurs, les poignées de porte..." 

Ni gants, ni masques

"On n’a pas de gants, pas de masques, on a du mal à avoir du matériel. Même ma cheffe n'est même pas venue me voir pour me demander comment ça se passait. Ils ne s'inquiètent de rien. On est des invisibles." 

Manque de reconnaissance

"On est toujours en première ligne pour désinfecter mais on n’a aucune reconnaissance. Je me lève tous les jours pour aller bosser à quatre heures du matin. On parle des caissières mais on ne parle pas des femmes de ménage qui font le ménage dans les supermarchés. C’est les hommes et les femmes de l'ombre, ce serait bien un peu de reconnaissance par rapport à ce problème qui nous préoccupe tous."

Ils ne savent pas ce qui se passe derrière, je gagne 850 euros par mois en travaillant comme un forcené

"Les personnels d'entretien n'intéressent personne. Les gens sont contents d’arriver dans un endroit propre, sécurisé, mais ils ne savent pas ce qui se passe derrière."

Les premiers à être engueulés, c’est nous, les femmes et les hommes de ménage

"On n’a quasiment pas de salaire ; moi, je gagne 850 euros par mois en travaillant comme un forcené et on n'a aucune prime. Je pense qu'il y a beaucoup de sociétés de nettoyage qui font beaucoup de pognon sur notre dos et on n'a aucune reconnaissance." 

30% de travail en plus : ecoutez Yves, homme de ménage dans la banlieue de Nancy.

"Tous les mois, on reçoit une palette de papier à mettre dans les distributeurs. Ce mois-ci, on n'a rien vu. Ce matin, plusieurs personnes m'ont demandé comment ça se fait qu’il n’y a plus de papier dans les distributeurs et plus de savon, presque en nous engueulant alors que nous, on n'y est pour rien." 

"Bon, je pense que la société qui livre a dû avoir des problèmes aussi pendant le confinement, mais les premiers à être engueulés, c’est nous, les femmes et les hommes de ménage. Non, ce qui manque le plus, c'est la reconnaissance."

Un manque de reconnaissance pour Yves et ses collègues.

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