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Nouvelle manifestation du personnel de Chambéry : "Sans nous, l'hôpital ne peut pas tourner"

Par

Nouvelle mobilisation alors que les négociations avec le gouvernement s'achèvent. Rencontre à Chambéry avec les non-soignants qui se sentent oubliés.

Les préparatrices en colère Les préparatrices en colère
Les préparatrices en colère © Radio France - Christophe Van Veen

Comme un symbole , 400 manifestants du personnel hospitalier de Chambéry sont partis des Urgences, ce mardi après-midi, pour un défilé dans toute la ville-préfecture de Savoie. La mobilisation était bien moindre que le 16 juin où ils étaient 1.200. Mais la colère, elle, ne faiblit pas. 

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Les oubliés du Ségur

6,3 milliards d'euros ont été mis sur la table par le gouvernement pour revaloriser la filière santé, dans le cadre du Ségur. Les négociations ont débuté il y a un mois, et s'achèvent dans quelques jours. 

"Je suis en colère. Ce qu'on veut, c'est du fric pour l'hôpital public." - Sophia, assistante sociale

Beaucoup s'estiment oubliés. C'est le cas de Sophia, assistante, sociale. "Qui a entendu dire qu'on allait augmenter les assistantes sociales ? Cela fait dix ans que notre point d'indice est gelé. Je suis en colère. C'est une décision politique. Malgré les blablas de Macron et compagnie, on a compris que le gouvernement n'a jamais eu l'intention de nous augmenter. Ce qu'on veut, c'est du fric pour l'hôpital public !"

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Sophia gagne 1.500 euros par mois. "Assistante sociale, c'est elle qui aide les malades à resortir en sécurité, à ne pas revenir aux Urgences au bout de 48 heures. On est oubliées, dévalorisées et plus personne ne veut travailler dans le social à l'hôpital public."

L'exécutif brocardé © Radio France - Christophe Van Veen

Sans médocs, pas d'hosto !

Le centre hospitalier de Chambéry-Aix-les-Bains, emploie 4.200 personnes, dont une grande partie ne sont pas des soignants. Ces personnels s'estiment méprisés, oubliés des négociations salariales. 38 préparatrices en pharmacie à l'hôpital se considèrent comme invisibles. Elles ont tenu à se montrer et à exprimer leur colère. "On est le cœur de l'hôpital qui ne peut pas fonctionner sans nous." 

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Elles racontent comment elles suivent trois ans de formation alors que seulement deux sont reconnus, comment les débutantes intègrent l'hôpital avec des CDD de six ans en étant payées 1360 euros par mois. Souvent, il y a une telle précarité qu'il est même très difficile d'obtenir un logement ou un prêt dans une banque. 

"On aimerait que les Français qui applaudissaient au balcon soient à nos côtés." - Valentina laboratoire d'analyses

Au labo, même son de cloche. Les analyses sont au coeur du dispositif de santé mais celles et ceux qui les pratiquent sont oubliés. Valentina rappelle que ce personnel est mobilisable de jour comme de nuit, toute l'année, pour un salaire de misère. "Quand les Français applaudissaient les soignants sur les balcons, c'était très bien. On aimerait qu'ils soient à nos côtés en ce moment." 

Labo invisible © Radio France - Christophe Van Veen

Gisèle est une "secrétaire en colère", c'est écrit sur son dossard. "Cela fait 40 ans que je bosse ici et que je me bats pour qu'on soit reconnu." Elle dit clairement qu'elle ne se sent pas intégrée à l'hôpital, car les secrétaires sont systématiquement oubliées des négociations salariales. "Et pourtant on est en première ligne. Pendant le Covid, c'est nous qui avons accueilli les familles. Quand les gens sont énervés parce qu'ils n'arrivent pas à avoir de rendez-vous, c'est nous qui en prenons plein la figure." 

Les secrétaires en colère © Radio France - Christophe Van Veen
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La prime de 500 euros ne suffira pas. © Radio France - Christophe Van Veen
Les manifestants sont partis des Urgences de Chambéry © Radio France - Christophe Van Veen

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