Société

Policiers : Bernard Cazeneuve reçoit les syndicats, marche silencieuse le 26 octobre

Par Marina Cabiten, France Bleu Paris Région et France Bleu mercredi 19 octobre 2016 à 8:00 Mis à jour le mercredi 19 octobre 2016 à 17:37

Des policiers protestent à Nice, le 18 octobre.
Des policiers protestent à Nice, le 18 octobre. © Maxppp -

Au lendemain d'une deuxième nuit de manifestations spontanées, les syndicats de police appellent à des manifestations silencieuses partout en France, mercredi prochain. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve les reçoit ce mercredi. Il annonce ne pas vouloir entrer "dans un cycle de sanctions".

Après deux nuits de manifestations des policiers, sur les Champs-Elysées lundi soir puis à Evry, Marseille et Montpellier la nuit dernière, mais aussi ce mercredi midi, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve va recevoir les syndicats de policiers, ce mercredi 19 octobre, à 16H30. Le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas les recevra également ce mercredi, à 19H. Deux syndicats de gardiens de la paix, Alliance et l'Unsa-Police, demandaient une réunion "en urgence" avec les ministres de l'Intérieur et de la Justice, pour faire part de leur ras-le-bol. Un troisième syndicat, Unité-Police SGP-FO, a pour sa part appelé à une manifestation silencieuse, "une marche de la colère policière et citoyenne", le mercredi 26 octobre, à Paris et en province, à laquelle il invite Alliance, l'Unsa-Police et la population à se joindre. Bernard Cazeneuve annonce ne pas vouloir "entrer dans un cycle de sanctions" , mais "rappeler des principes".

Appel à une manifestation silencieuse mercredi prochain

Dans la nuit de mardi à mercredi, de nombreux policiers sont restés mobilisés : quelque 400 d'entre eux se sont rassemblés à Evry, où le directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone a reçu les chefs de brigade et de brigade anticriminalité (BAC) de l'Essonne, d'où étaient partis de nombreux manifestants la veille.

Appel à la démission de leur patron

Ils ont abondamment hué leur patron lorsqu'il est reparti en voiture, appelant à sa démission. Une soixantaine d'autres se sont à nouveau réunis devant l'hôpital Saint-Louis à Paris, où est soigné un agent grièvement blessé lors de l'attaque au cocktail Molotov du 8 octobre à Viry-Châtillon, dans l'Essonne, qui a exacerbé la colère des policiers. Par ailleurs, une centaine de policiers se sont rassemblés dans la nuit de mardi à mercredi à bord de leurs véhicules de service sur le Vieux-Port à Marseille.

Des manifestations se sont également tenues à Nice et à Toulouse.

Rappel à l'ordre

"Défiler avec des voitures de police et des gyrophares (...) n'est pas conforme à ce qu'est la déontologie de la police dans la République", a lancé au Sénat le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "Ils manifestent une exaspération que je comprends", a-t-il toutefois ajouté. La "police des polices" (IGPN) va enquêter sur "les manquements individuels aux règles statutaires" après cette manifestation sur les Champs-Élysées dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé pour sa part Jean-Marc Falcone. Les manifestants "fragilisent la police nationale", a-t-il asséné.

Les forces de l'ordre ont également fait face ces derniers jours à un guet-apens dans le quartier sensible du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Une manifestation de soutien à de jeunes nationalistes corses a violemment dégénéré à Bastia, plusieurs dizaines de personnes jetant des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre. Des tags antipolice ont aussi échauffé récemment les esprits. Mardi, une enquête a été ouverte après la découverte d'un nouveau tag sur le campus de l'université Paris VI Pierre-et-Marie-Curie à Paris.

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