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Société

Nuit de la Solidarité jeudi soir à Paris : plus de 2.000 personnes vont recenser les SDF

jeudi 15 février 2018 à 5:10 Par Martine Bréson, France Bleu Paris et France Bleu

La mairie de Paris organise, jeudi soir, la Nuit de la Solidarité. Près de 2.000 personnes vont recenser les SDF de la capitale. Cette Nuit a lieu en pleine polémique sur le nombre de sans-abri sous-estimé, dans un premier temps, par le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires.

Près de 2.000 personnes vont recenser les sans-abri à Paris durant la Nuit de la Solidarité.
Près de 2.000 personnes vont recenser les sans-abri à Paris durant la Nuit de la Solidarité. © Maxppp - Nicolas Kovarik

Paris, France

Anne Hidalgo l'avait annoncée en avant-première lors de son interview le 10 janvier 2018 sur France Bleu Paris. Elle souhaitait organiser une Nuit de la Solidarité dans la capitale pour savoir exactement combien de personnes dormaient encore dehors dans la ville. Cette Nuit de la Solidarité a lieu jeudi soir. On sait déjà qu'elle sera renouvelée en 2019. Un test avait déjà eu lieu dans le 10e arrondissement de Paris. L'Etat et le préfet d'Ile-de-France assistaient au comité de pilotage mais ils n'y participent plus.

Cette Nuit s'inspire d'une initiative identique lancée à New York, Bruxelles et Athènes.

Deux mille personnes vont participer à cette Nuit de la Solidarité 

Près de 1800 bénévoles ont répondu à l'appel lancé par la maire Anne Hidalgo. Durant deux heures, ils vont parcourir la capitale dans la nuit de jeudi à vendredi pour faire le décompte des personnes qui dorment à la rue. Les résultats de cette initiative doivent permettre d'améliorer leur situation. Les bénévoles se déplaceront par petites équipes. 

Chaque groupe aura à sa tête un travailleur social qui connait bien la population des sans-abri, qui sait comment leur parler. Ce sont ces professionnels qui vont coordonner les bénévoles dans chacun des secteurs choisis. Les vingt arrondissements ,qui ont été découpés en petits secteurs, seront quadrillés par les bénévoles.

Comment va se dérouler cette nuit de la Solidarité ?

En tout, ce sont 350 équipes qui vont parcourir Paris. Elles vont d'abord se retrouver dans les mairies d'arrondissement pour être briefer avant de partir à la rencontre des SDF. Les bois de Vincennes et de Boulogne ne sont pas concernés par cette opération car les SDF qui occupent ces bois ont déjà été répertoriés par les professionnels. Pour les gares, les métros et les hôpitaux, ce sont la SNCF, la RATP et l'AP-HP qui s'occuperont de faire le décompte. 

Les personnes qui seront répertoriées pourront, si elles le souhaitent, remplir un questionnaire préparé par la Mairie de Paris. On ne notera ni leur nom ni leur nationalité. Il y aura des questions sur leur profil. On leur demandera depuis quand elles sont à la rue ou encore si elles ont déjà tenté d'appeler le numéro d'urgence. Les résultats de cette enquête seront publiés dans quelques semaines.  

L'Etat veut-il minimiser le nombre de personnes dans la rue ?

C'est la question que l'on pouvait se poser après l'intervention le 30 janvier 2018 du secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires. Julien Denormandie avait assuré qu'une "cinquantaine" d'hommes avaient dormi dehors la nuit précédente en Ile-de-France. Les associations avaient été indignées par ces propos. Le secrétaire d'Etat a fait volte-face une quinzaine de jours plus tard. Il a précisé que les 50 personnes en question étaient celles pour qui des solutions de mise à l'abri n'avaient pas été trouvées et dimanche, il a évoqué le chiffre de 2 à 3.000 sans-abri qui dorment dans la rue.

Pour le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, Florent Guéguen, cette rectification de la part du secrétaire d'Etat est importante parce que "nous observons que depuis plusieurs semaines l'Etat vise à minimiser le nombre de sans-abri". Louis Gallois le président de la fédération avait, lui aussi, accusé dimanche le gouvernement de vouloir "minorer le nombre de SDF". 

"Le 115 continue de crouler sous les appels" - Florent Guéguen

Selon Florent Guéguen, le gouvernement veut "laisser croire qu'on tendrait vers la réalisation de l'objectif du président de la République, qui s'est engagé sur une mesure positive : zéro personne à la rue". Il estime que c'est "c'est une manière pour l'Etat de se défausser de sa responsabilité en disant : on loge les sans-abri et ceux qui ne le sont pas, c'est parce qu'ils préfèrent dormir dans la rue". Or, selon lui, "_la majorité des personnes sollicitent un hébergement_, le 115 continue d'ailleurs de crouler sous les appels".

Le directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, a reconnu que certains sans -abri ne souhaitaient pas rejoindre des hébergements mais c'est "souvent pour de bonnes raisons" a-t-il précisé. "Les hébergements proposés ne sont pas toujours dignes", a dénoncé Florent Guéguen. "Il y a un effort de l'Etat qui est fait et que nous soulignons, mais on est très loin de pouvoir proposer une solution adaptée et acceptée par tout le monde."