Société

Près de 250.000 œufs contaminés ont été "mis sur le marché" en France depuis avril

Par Mooréa Lahalle, France Bleu Picardie et France Bleu vendredi 11 août 2017 à 10:26 Mis à jour le vendredi 11 août 2017 à 18:24

La Commission européenne va convoquer les pays de l'UE touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil dès que l'ensemble des faits seront établis.
La Commission européenne va convoquer les pays de l'UE touchés par le scandale des œufs contaminés au fipronil dès que l'ensemble des faits seront établis. © AFP - ERIC LALMAND / BELGA MAG / BELGA

Près de 250.000 œufs contaminés au fipronil, importés de Belgique et des Pays-Bas, ont été "mis sur le marché" en France depuis avril, a annoncé vendredi le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a annoncé ce vendredi matin que depuis avril, près de 250.000 œufs contaminés ont été "mis sur le marché" en France. Il assure néanmoins que "le risque pour la santé humaine est très faible". Ce même jour, le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis a indiqué que la Commission européenne allait convoquer les pays de l'UE touchés par le scandale dès que l'ensemble des faits seront établis.

Oeufs contaminés sur le territoire français depuis le 16 avril

Stéphane Travert a déclaré ce vendredi matin sur RMC que "deux centres d'emballage d’œufs dans le Nord et la Somme ont reçu des œufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et de Belgique". Il a précisé qu'un premier lot "de 196.000 œufs en provenance de Belgique a été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai". "Ces œufs ont déjà été consommés sans impact pour la santé", a souligné le ministre.

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Un deuxième lot en provenance des Pays-Bas comprenant environ "48.000 œufs a été mis en vente par les magasins Leader Price entre le 19 et le 28 juillet". Le code de ce lot, qui se trouve sur les coquilles des œufs, est le 0NL43651-01.

Le ministre a fait état d'un avis de l'agence de sécurité de l'alimentation, l'Anses, qui confirme selon lui que "le risque pour la santé humaine est très faible au vu des niveaux de fipronil qui sont constatés dans les œufs contaminés, mais aussi au vu des habitudes françaises de consommation alimentaire".

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Réunion entre ministres concernés et agences de sécurité alimentaire

Le commissaire européen à la Santé a quant à lui "proposé de tenir une réunion de haut niveau rassemblant les ministres concernés ainsi que les représentants des agences de sécurité alimentaire dans tous les Etats membres impliqués, dès que l'ensemble des faits sera à notre disposition". "Nous devons examiner en détail ce qui s'est passé. Nous avons besoin d'une analyse complète de ce cas. Nous avons besoin que nos experts identifient où les problèmes ont pu surgir pour que nous soyons capables de nous asseoir et discuter de solutions et de la marche à poursuivre", a expliqué Vytenis Andriukaitis.

La liste des pays affectés par cette contamination ne fait que s’allonger, passant à douze au sein de l'Union Européenne ce vendredi matin après que le Danemark, la Slovaquie et la Roumanie ont annoncé jeudi être à leur tour affectés. La Belgique et les Pays-Bas, où la contamination s'est produite, sont mobilisés pour en trouver les responsables. Les enquêtes menées dans ces deux pays se sont accélérées jeudi, menant à l'arrestation de deux dirigeants d'une entreprise néerlandaise qui a vraisemblablement appliqué le produit dans des poulaillers.

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Des tensions entre Etats membres

Le ministre belge de l'Agriculture a accusé les Pays-Bas de ne pas avoir prévenu ses voisins après avoir été alerté, dès novembre 2016, d'une possible utilisation frauduleuse de fipronil dans la désinfection de poulaillers. La Haye a contesté toute accusation de négligence, assurant qu'il n'y avait "aucune indication d'un risque aigu pour la sécurité alimentaire" au moment de cette dénonciation anonyme.

Vytenis Andriukaitis a estimé avoir "un bon système, et indéniablement les standards alimentaires les plus élevés dans le monde." Il a par la suite précisé : "Nous devons travailler ensemble pour tirer les leçons nécessaires et avancer plutôt que perdre de l'énergie à désigner des coupables".

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