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VIDÉOS - Opération à haut risque pour évacuer un homme de 300 kg de son domicile à Perpignan

- Mis à jour le -
Par , France Bleu, France Bleu Roussillon, France Bleu Hérault

Un homme malade d'environ 300 kg, bloqué depuis des années dans son domicile, a pu être évacué ce mardi à Perpignan. L'opération, aussi délicate qu'inhabituelle, a été "réussie".

Découpe d'une partie de la façade au niveau du premier étage.
Découpe d'une partie de la façade au niveau du premier étage. - Guillaume Collard / SDIS

Âgé de 53 ans, le malade vit à même le sol dans une maison insalubre et ne peut pas passer la porte de sa chambre. Selon son avocat Jean Codognès, pour cette "opération à haut risque" une évacuation classique par l'escalier était impossible. L'homme était bloqué dans son domicile depuis des années. Le malade, d'environ 300 kg, a pu être évacué ce mardi à Perpignan, dans une opération, aussi délicate qu'inhabituelle.

La maison de deux étages est située dans un quartier aux rues étroites du centre de Perpignan. Des travaux de consolidation ont d'abord été réalisés. Puis un cordon sanitaire a été installé ce mardi matin. Plus de 50 personnes, dont des policiers, des pompiers et des équipes médicales, sont mobilisées pour les travaux techniques et logistiques, la sécurisation du périmètre et la prise en charge du patient.

Ouverture de la façade au niveau du premier étage

Pour extraire le malade, une partie de la façade devait être détruite au niveau du premier étage. Les derniers travaux de consolidation ayant été réalisés, l’allège a pu être ouverte et la menuiserie a été déposée. L'homme a ensuite été déplacé horizontalement vers une nacelle suspendue à une grue, qui l'a déposé au niveau de la rue, où une ambulance l'attendait.

Le patient a été pris en charge par une équipe du SMUR 34 et du SAMU 66 avec l’assistance du GRIMP. Dans un premier temps, il a été conduit au CHU de Montpellier pour une "évaluation globale" de son état de santé. Selon le chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition, Antoine Avignon, il sera transféré quelques semaines plus tard vers un centre de rééducation.

"Quand on re-mobilise une personne immobilisée pendant deux à cinq ans, il y a un risque de décompensation circulatoire, de thrombose. C'est un système cardio-vasculaire longtemps au repos qui est réactivé", précise le médecin.

Une opération coordonnée par plusieurs services

L'homme vivait immobilisé au sol depuis plus d'un an "après s'être vraisemblablement cassé une jambe", selon son avocat Jean Codognès. Il était alimenté par son frère, mais son état de santé se dégradait rapidement. Son avocat avait demandé, fin octobre, une intervention urgente au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Quelques jours plus tard, son client et la Ligue nationale contre l'obésité avaient porté plainte contre X pour "non-assistance à personne en danger" et "omission de porter secours à personne en péril". Après des mois de tractations entre sa famille, son avocat et les autorités, une solution a été trouvée et l'opération préparée et coordonnée par les services de l'État, du département et de la ville.

Le "drame de l'obésité"

Cette affaire "jette une lumière très crue sur le drame de l'obésité que vivent en France des millions de gens aujourd'hui", affirme Agnès Maurin, la directrice de la Ligue contre l'obésité. "Ce drame qui fait qu'en bientôt 2021, des gens ne sont pas pris en charge parce qu'ils sont malades de cette pathologie, qui n'est pas reconnue comme une maladie par l'État français", déplore-t-elle.

Elle dénonce une "prise en charge aléatoire, un manque de formation des médecins généralistes face à l'obésité qui touche sept millions de Français, selon une étude de 2012", précise Mme Maurin. Pour le malade, la prochaine étape sera "de récupérer de l'autonomie, chose qu'il n'avait plus", a indiqué à la presse Me Codognès, reconnaissant que sa "situation n'est pas simple".
 

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