Société

Opération de Greenpeace contre Petit navire à Mont-Saint-Aignan près de Rouen

Par Kathleen Comte, France Bleu Normandie (Seine-Maritime - Eure) et France Bleu dimanche 18 décembre 2016 à 13:06

La cellule rouennaise de Greenpeace vide le rayon conserves Petit navire du Carrefour Mont-Saint-Aignan pour protester contre les méthodes de pêche de la marque.
La cellule rouennaise de Greenpeace vide le rayon conserves Petit navire du Carrefour Mont-Saint-Aignan pour protester contre les méthodes de pêche de la marque. © Radio France - Kathleen Comte

Ce samedi, la cellule rouennaise de Greenpeace a retiré les boîtes de thon Petit navire des rayons de Carrefour Mont-Saint-Aignan. Le but : protester contre les méthodes de pêche de la marque.

Greenpeace en colère contre la marque Petit navire. En cause les méthodes de pêche de la marque jugées nocives pour la biodiversité. Depuis deux ans maintenant l'ONG fait pression sur la marque pour une pêche sans Dispositif de Concentration de Poissons (DCP). Samedi, Greenpeace a organisé une opération dans 25 villes de France. Et le Carrefour de Mont-Saint-Aignan (près de Rouen) n'a pas été épargné. Toutes les boîtes de thon de la marque ont été enlevées des rayons. Une opération menée dans le calme.

Greenpeace vide les rayons des boîtes de thon Petit Navire pour protester contre les méthodes de pêche. En tout 15 minutes auront été nécessaires et trois caddie.  - Radio France
Greenpeace vide les rayons des boîtes de thon Petit Navire pour protester contre les méthodes de pêche. En tout 15 minutes auront été nécessaires et trois caddie. © Radio France - Kathleen Comte

"Petit navire le bon goût du carnage" pouvait-on lire sur les t-shirts des cinq militants présents. Au rayon conserves, Benjamin se dépêche d'enlever les produits de la marque. Certains clients comme Christophe, s'arrêtent, intrigués. Dans ses mains, le tract distribués par l'ONG : "Oui je soutiens la cause. Si on ne fait rien, on n'a rien non plus. Moi c'est le genre d'opération qui peut avoir un impact sur moi et ne plus me faire acheter cette marque de thon."

Aucun vigile ne vient stopper l'opération. En 15 minutes les rayons sont vidés dans trois caddie pleins à ras bord. Denise n'a plus qu'à coller l'affiche : "J'accroche une affiche disant : "Les poissons disparaissent, Petit navire aussi." Tant que Petit Navire videra les océans, Greenpeace videra ses rayons."

Affiche collée par Greenpeace après avoir vidé les rayons des boîtes de thon Petit Navire.  - Radio France
Affiche collée par Greenpeace après avoir vidé les rayons des boîtes de thon Petit Navire. © Radio France - Kathleen Comte

Direction ensuite l'accueil pour tenter de voir le directeur. Elisa Perroux, une des membres de Greenpeace : "On va laisser les caddie ici. Si on rencontre le directeur et qu'il s'engage à nos côtés, on reviendra les ranger ce soir."

Finalement un des cadres du magasin vient au rendez-vous. L'échange se passe dans le calme. Il prend la lettre tendu par l'ONG, promet de la remettre à la direction. Il comprend l'initiative mais refuse de laisser les rayons vides. Refus également de laisser l'ONG revenir en fin de journée pour remettre les boîtes en place.

"Petit Navire, le bon goût du carnage"

Malgré cela, bilan plutôt positif pour Elisa Perroux : "Ils sont arrivés un peu remontés, puis finalement suite aux explications ils se sont apaisés et ils ont semblé comprendre. On aura mis la pression qu'il fallait, pour nous c'est satisfaisant." Elle ajoute : "Petit Navire reste sourd aux demandes de Greenpeace qui consistent à adopter des méthodes de pêche durables. Ce qui n'est pas le cas actuellement. Pratiquement la totalité des boîtes de thons Petit Navire proviennent d'une pêche destructrice, des prises d'espèces protégées comme le requin soyeux. De plus, ça ne cible pas les thons qui sont arrivés à l'âge adulte. Notre objectif n'est pas de pénaliser telle ou telle enseigne de supermarchés mais bien de faire pression sur Petit Navire pour que la marque adopte d'autres méthodes."

Mais l'opération marathon n'est pas terminée pour les militants. Après Carrefour, c'est au tour du Super U des Coquets de Mont-Saint-Aignan.