Société

Opération séduction pour les pompiers dans le quartier sensible d'Empalot à Toulouse

Par Jean Saint-Marc, France Bleu Toulouse samedi 10 octobre 2015 à 20:17

La grande échelle, star de la journée !
La grande échelle, star de la journée ! © Radio France - Jean Saint-Marc

Grande échelle, lance à eau, démonstration d'une désincarcération : les pompiers sont allés ce samedi à la rencontre des habitants du quartier Empalot de Toulouse. Un quartier sensible dans lequel ils sont parfois reçus à coups de pierres.

Sébastien, pompier professionnel à Ramonville et qui intervient régulièrement à Empalot le dit tout de suite : ici, les interventions sont parfois "difficiles". Certaines nuits, les pompiers sont "agressés à coup de pierres, de bouteilles de verre ou même de parpaings".

Dans un coin de la tête, on n'oublie pas qu'on peut être pris à partie

Mais heureusement, ces faits sont de moins en moins fréquents estime le jeune pompier : "sur ce quartier, cela fait un petit moment qu'on a pas eu à essuyer quelques jets de pierre. Ça fait un moment qu'on intervient de manière normale, même si dans un coin de la tête, on n'oublie pas qu'on peut être pris à partie". "On est là pour eux ! On aimerait qu'ils comprennent ça"

Et si ces actes se raréfient à Empalot, ce dont rêve Sébastien c'est de les voir disparaître complètement : "les actes d'incivilité, ça ne devrait pas arriver ! On n'est pas là contre la population, on est là pour eux. On aimerait qu'ils comprennent ça !"

Pour faire passer ce message les pompiers toulousains ont passé toute une après-midi ce samedi dans le quartier pour des démonstrations en tout genre : les petits ont pu grimper tout en haut de la grande échelle, essayer de se déplacer dans une pièce enfumée et assister à la désincarcération d'une voiture.

Une désincarcération peut durer trois quarts d'heure - Radio France
Une désincarcération peut durer trois quarts d'heure © Radio France - Jean Saint-Marc

Peu de pompiers issus des quartiers

Le but est d'améliorer l'image des pompiers dans ces quartiers... Mais aussi de susciter des vocations explique Emilienne Poumirol présidente du SDIS, le Service départemental incendie et secours : "le nombre pompiers issus des quartiers est extrêmement faible ! il faut les amener vers ces métiers qui prônent des valeurs chères à notre République."

Pour elle c'est la seule façon d'amener "un autre regard sur les pompiers, en particulier quand ils viennent la nuit dans les quartiers". Pour ça les opérations du genre vont se multiplier en Haute-Garonne ces prochains mois.