Société

Orléans : Consensus autour du nouveau projet de rénovation de la rue des Carmes

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans lundi 18 janvier 2016 à 22:33

La rue des Carmes
La rue des Carmes © Radio France - Stéphane Barbereau

C'était une épine dans le pied de la municipalité depuis 9 ans : la rénovation de la rue des Carmes, dans le centre-ville. Un projet à rebondissements politiques, judiciaires, urbanistiques. L'épilogue a été dévoilé ce lundi avec une présentation commune du maire et de ses (ex)-opposants.

L'image est inattendue. Dans une salle de la mairie, sur fond de logos dorés de la ville, le maire et son ancien opposant au projet d'alignement de la rue des Carmes. Olivier Carré, maire d'Orléans (Les Républicains) et Olivier Marchant, le président de l'association de riverains Aux Carmes Citoyens.  Entre les deux hommes, le dialogue passait plutôt par les tribunaux administratifs ces dernières années.

Olivier Carré et Olivier Marchant, ensemble pour présenter le projet Carmes - Radio France
Olivier Carré et Olivier Marchant, ensemble pour présenter le projet Carmes © Radio France - Stéphane Barbereau

2007 : on détruit

Petit retour en arrière. En 2007, Serge Grouard, alors maire d'Orléans, souhaite profiter du chantier de la deuxième ligne de tramway pour rénover la rue des Carmes. Il propose alors de démolir 17 immeubles sur la partie la plus étroite de la rue, côté place Croix Morin. Le projet est piloté par son 1er adjoint à l'urbanisme qui n'est autre que celui qui allait lui succéder quelques années plus tard à son fauteuil de maire : Olivier Carré.

De nombreux logements et commerces vides, rue des Carmes - Radio France
De nombreux logements et commerces vides, rue des Carmes © Radio France - Stéphane Barbereau

Les recours devant les juridictions administratives se multiplient, le Ministère de la Culture classe également deux immeubles de la rue et l'Architecte des Bâtiments de France fait part de ses réticences. Le projet est au point mort.* Mais l'élection du nouveau maire au début de l'été a semble-t-il, contribué à relancer le dossier.* Il faut dire que sur place, rue des Carmes, beaucoup de commerçants, de locataires sont partis. Dans certains logements, des marchands de sommeil ont pris place. Mairie mais aussi riverains opposants historiques au projet souhaitent débloquer la situation. Un compromis est trouvé qui aboutira au nouveau projet.

L'élargissement est enterré en grand partie

D'abord, il n'y a plus vraiment d'élargissement. Dans le projet d'origine, il y a 9 ans, 17 immeubles devaient être démolis sur une centaine de mètres, une petite place créée. Tout cela est abandonné. Deux immeubles seulement seront détruits, côté place Croix Morin. Mais cet élargissement est essentiel pour le projet selon Olivier Carré (Les Républicains) :

C'est le plus important parce que c'est çà qui fait que, quand on est du côté de l'hôpital, le centre-ville a l'air d'être fermé. Comme ça, on aura une dynamique urbaine qui sera respecté

Avant/ après les travaux rue des Carmes - Aucun(e)
Avant/ après les travaux rue des Carmes - Mairie d'Orléans

A la place de ces deux immeubles détruits doit ouvrir une grande enseigne dans environ 2 ans, la fameuse locomotive commerciale de la rue. Olivier Marchant, le président de l'association "Aux Carmes citoyens" est élogieux sur le projet :

Demain, la rue des Carmes, ce sera the place to be, là où il faudra être

Ecoutez O. Carré et O. Marchant parler du projet Carmes

Ensuite, on va rénover toutes les façades, des deux côtés de la rue, sur le modèle de ce qui a été fait quartier Bourgogne. Tout devrait aller vite pour deux raisons : d'abord, les riverains, vent debout contre le projet initial, l'approuvent désormais. "C'est un projet qui respecte le patrimoine et l'histoire de la rue", dit Olivier marchant de l'association aux carmes citoyens. Rue des carmes, côté Porte Madeleine, ce sont des logements et commerces vides, rachetés par la mairie depuis plusieurs années pour 13 millions d'euros. La ville n'attendait plus que les feux passent au vert sur le plan judiciaire pour démarrer les travaux, c'est désormais chose faite puisque tous les recours en justice sont abandonnés.

Pour Olivier Carré, la rue des Carmes n'attirait plus qu'une seule sorte de commerces :

Beaucoup de gens étaient chassés de ce quartier. Il y a de la place pour tout le monde dans le centre-ville, y compris des commerces typés, mais dans la diversité

Pour Olivier Carré, la rue des Carmes s'est trop spécialisée

à droite, l'un des deux immeubles de la rue des Carmes qui sera démoli - Radio France
à droite, l'un des deux immeubles de la rue des Carmes qui sera démoli © Radio France - Stéphane Barbereau

Enfin, la rue des carmes, ce sera le lien vers le futur éco-quartier Porte Madeleine, avec un pôle universitaire (dans un premier temps, on attend 800 étudiants de l'IAE, l'école d'économie et de gestion), également un jardin public, un nouveau groupe scolaire réunissant les actuelles écoles Jean Zay et Roger Toulouse et puis le dispensaire (le centre de vaccination de l'hôpital). Un quartier à 60 millions d'euros, en chantier pour 10 ans.

L'ancien Hôpital Porte Madeleine va devenir un éco-quartier - Aucun(e)
L'ancien Hôpital Porte Madeleine va devenir un éco-quartier - Mairie d'Orléans

Lutter contre les marchands de sommeil

Des travaux qui vont débuter dans les prochains jours à l'intérieur des immeubles qu'a racheté la ville au fil des années.  La mairie annonce aussi un important programme de rénovation de l'habitat pour lutter contre les marchands de sommeil, elle va obliger propriétaires et locataires à réaliser des travaux dans les logements jugés insalubres. Si le propriétaire refuse, c'est la mairie qui fera les travaux et demandera ensuite à se faire rembourser. Olivier Carré se veut intransigeant à ce sujet :

On va intervenir de façon assez musclée pour trouver des solutions de logement digne pour les personnes qui sont dedans et obliger les propriétaires à faire des travaux

Olivier Carré veut éradiquer les marchands de sommeil du quartier Carmes

La rénovation du quartier Carmes-Madeleine coûtera 60 millions d'euros (dont 33 millions pour la mairie, le reste provenant d'autres collectivités et des recettes du foncier qui aura été vendu aux promoteurs).

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