Société

Orléans : des locaux de l'ancien hôpital Madeleine se transforment en chambres pour des familles sans-abri

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Orléans mercredi 18 janvier 2017 à 20:10

Arminda, 34 ans, enceinte, vit dans la rue depuis 2 ans avec son fils Joël.
Arminda, 34 ans, enceinte, vit dans la rue depuis 2 ans avec son fils Joël. © Radio France - Aurore Jarnoux

On grelotte toujours dans le Loiret. Ce jeudi, les températures ressenties sont glaciales : -12°C à Orléans, -11°C à Montargis. Dans notre département, 118 places d'hébergement d'urgence ont été ouvertes. L'ancien hôpital Madeleine par exemple accueille tous les soirs 44 personnes démunies.

Dans l'ancien hôpital Madeleine à Orléans, les bureaux ont été remplacés par des dortoirs. Dans une des sept chambres aux murs jaunis, Arminda se repose sur son lit. La jeune femme de 34 ans, enceinte de huit mois, profite de ce moment de répit. "L'endroit est bien, on a le droit au petit déjeuner, sourit Arminda. On se sent en sécurité parce que dehors, on est en danger".

Avec le froid c'est dur, là au moins on est au chaud"- Arminda

Arminda va pouvoir passer quatre nuits au chaud, dans l'ancien hôpital. Ça fait deux ans maintenant que cette Angolaise d'origine vit dans la rue avec son fils, Joël, 9 ans. "Quand vous avez une place pour dormir dans un centre, ça va mais quand il n'y en a pas, j'ai le cœur qui bat", soupire la future maman.

Avec mon fils, dormir dehors comme ça sur des chaises, c'est dur. Il se réveille vers 5h du matin et dit "j'ai mal partout". Moi je ne peux rien faire" - Arminda

Arminda fond en larmes en évoquant ce souvenir. Comme elle, l'ancien hôpital, transformé en centre d'hébergement d'urgence à la demande de l'Etat, accueille en majorité des femmes seules, isolées. Et malheureusement, la demande est forte.

"On est chaud et le matin, quand mon fils part à l'école, je sais qu'il a mangé quelque chose"

De nombreuses femmes seules autour d'Orléans

"Sur l'Orléanais, il y avait un réel besoin parce que depuis cet été, il y a une forte proportion de femmes accompagnées d'enfants qui sont en situation de demande d'asile", explique Sandra Baret, la directrice adjointe d'Imanis, l'association qui gère la structure.

Le centre accueille en ce moment 44 personnes. Six lits supplémentaires peuvent être installés en cas d'urgence. Mais ça ne durera qu'un temps, jusqu'au 31 mars. "Après, on ne sait pas ce que vont devenir les personnes", s'agace Sandra Baret.

Arminda va devoir trouver une solution mais la future maman veut rester optimiste : "on aura nos papiers et une maison mais en attendant, je veux juste qu'on trouve une place pour dormir, c'est le plus important".