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Société

Orléans : quand des soupçons de mariage blanc menacent de séparer un couple franco-algérien

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Par , France Bleu Orléans

La mairie d'Orléans a-t-elle manqué de discernement, en signalant un possible mariage blanc au procureur de la République ? C'est la question que se pose un jeune couple s'est présenté à la mairie pour se marier le mois dernier. Depuis ce signalement, le jeune homme est sous le coup d'une expulsion

Youcef et Stépahnie se sont rencontrés il y a environ un an
Youcef et Stépahnie se sont rencontrés il y a environ un an © Radio France - Anne Oger

Orléans, France

Youcef et Stéphanie ont tous les deux une vingtaine d'années, elle est française, lui est algérien, en situation irrégulière en France depuis plus d'un an. Il a 23 ans, elle en a 21, et leur histoire d'amour comme ils la racontent, ressemble à beaucoup d'autres. Ils se sont rencontrés via un site internet, elle est venue s'installer chez lui à Orléans, et s'est retrouvée enceinte, il y a trois mois. Une grossesse souhaitée, dit-elle. 

"Quand elle me l'a annoncé, j'étais super content, et tout naturellement, je lui ai demandé si elle voulait m'épouser", raconte Youcef. "Elle a dit oui, alors on est allés à la mairie d'Orléans, c'est là que tout a commencé, je n'aurais jamais dû y aller !" poursuit le jeune homme, en riant. 

Un signalement au procureur de la République et c'est l'engrenage

Car devant les agents de l'état civil, les deux jeunes gens se retrouvent assez vite sous le feu des questions, sous la forme d'entretiens séparés. "Ils nous ont demandé beaucoup de choses, mais quand on est sortis, on était confiants, on avait leur avait répondu exactement de la même façon, on a même montré la photo de l'échographie de Stéphanie". dit Youcef. 

Nous nous posions des questions sur le consentement de la jeune fille 

Mais les agents soupçonnent un mariage blanc, c'est-à-dire juste une fraude pour permettre à Youcef d'obtenir des papiers. Elle fait donc un signalement au procureur de la République d'Orléans, c'est la loi. Celui-ci doit ensuite mener une enquête, et il a un mois pour autoriser le mariage, ou le rejeter. "Nous avions des raisons de nous poser des questions" explique Muriel Sauvegrain, la première adjointe au maire d'Orléans, en charge des questions administratives. "Et si nous nous posons des questions, nous devons transmettre au procureur, c'est une obligation"

Une dizaines de mariages empêchés chaque année

L'élue explique que les deux agents de l'état civil à la mairie d'Orléans connaissent bien la procédure, qu'ils ont l'habitude, et qu'ils savent repérer des indices de possibles pressions : "quand on a affaire à des filles très jeunes, coupées de leur famille, c'est un signe. En l'occurrence la jeune fille dans ce couple n'avait pas dit à ses parents qu'elle comptait se marier"

A la mairie d'Orléans, 400 mariages sont célébrés chaque année, une cinquantaine font l'objet d'un signalement au procureur de la République, et une dizaine sont empêchés pour cause de non-consentement présumé ou établi.

Un mariage finalement autorisé

Le mariage de Youcef et Stéphanie ne fait pas partie de ces cas de figure, le procureur de la République d'Orléans a fini par autoriser leur projet, la lettre est arrivée cette semaine à la mairie. Et une date a été fixée, le 7 décembre prochain. Mais ce sera peut-être trop tard, car entre-temps, l'enquête auprès de Youcef a débouché sur un arrêté d'obligation de quitter le territoire français émis par le préfet, autrement dit un ordre d'expulsion. Le jeune homme est censé avoir quitté le territoire le... 6 décembre.

Je ne peux pas laisser Stéphanie toute seule pendant la grossesse

"Je ne comprends rien à ce qui se passe, Stéphanie est enceinte, je ne peux pas la laisser !" s'inquiète Youcef, qui entre-temps a également fait établir un certificat de reconnaissance en paternité. "A partir du moment où on est allés à la mairie, tout est devenu compliqué, la police est venue chez moi, ils m'ont confisqué mon passeport. Moi vous savez, je veux bien partir, mais elle a besoin de moi, ce que je demande c'est de pouvoir rester au moins jusqu'à l'accouchement"

Un espoir que Stéphanie, la future maman, formule aussi. "Moi de toute façon je le suivrai, mais si on pouvait rester en France, ce serait mieux pour le bébé. Mais je l'aime et on restera ensemble, de toute façon".

Une erreur de jugement de la mairie d'Orléans ?

Pour Dominique Tripet, conseillère municipale communiste à Orléans, qui a tenté d'aider le jeune couple, la mairie d'Orléans a commis une erreur de jugement en faisant un signalement à la justice. "C'est à partir de là que l'engrenage judiciaire s'est mis en branle, et ce genre d'engrenage, c'est difficile d'en sortir. La mairie a peut-être jugé un peu trop vite, après tout chacun est libre de tomber amoureux de qui il veut"

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