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Orléans suspend officiellement la laïcité lors des fêtes de Jeanne d'Arc

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

C'était une tradition de fait, cela devient une règle de droit ; le 8 mai à Orléans, les élus peuvent communier en écharpe républicaine lors de la messe solennelle des fêtes de Jeanne d'Arc. C'est ce que prévoit la charte sur la laïcité, votée jeudi soir et que dénonce l'opposition.

Serge Grouard, maire d'Orléans, et Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, lors des fêtes de Jeanne d'Arc en 2012
Serge Grouard, maire d'Orléans, et Jacques Blaquart, évêque d'Orléans, lors des fêtes de Jeanne d'Arc en 2012 © Maxppp - Pascal Proust

La laïcité, au cœur d'une polémique à Orléans, jeudi soir, le conseil municipal a adopté une charte sur la laïcité. Le texte vise notamment à ce que les associations subventionnées par la ville s'engagent à respecter les valeurs et les principes de la République. Mais l'article 7 de cette Charte pose problème, car il suspend explicitement les règles de la laïcité pour les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans.

Une exception pour la messe solennelle du 8 mai

Cet article rappelle d'abord que "dès lors qu'ils portent les effets distinctifs de leur fonction, les élus doivent s'astreindre au strict respect de la neutralité républicaine lors des cérémonies religieuses". En clair, s'ils portent l'écharpe républicaine, ils ne peuvent pas prier ou communier.

Mais le texte prévoit "une seule exception à cette règle," lors de fêtes de Jeanne d'Arc. Au nom de la tradition, explique Charles-Eric Lemaignen, l'adjoint qui a piloté l'élaboration de cette charte, "les fêtes johanniques sont à la fois civiles, religieuses et militaires. La pratique catholique des élus lors de la messe solennelle du 8 mai, cela existe depuis des dizaines, voire des centaines d'années ! Laissons vivre cette tradition, et ne polluons pas cette question essentielle de la laïcité par cette polémique inutile."

D'une tradition de fait à une règle de droit

Mais avec cette charte, ce qui n'était qu'une tradition de fait devient une règle de droit. Et en cela, cette exception est dangereuse, affirme Sarah Benayad, conseillère municipale d'opposition de gauche, "à partir du moment où on met une exception, ça n'a plus de sens ! Surtout actuellement, alors que la question est conflictuelle et que les gens s'y perdent. Bien sûr qu'il faut avoir du respect pour les fêtes de Jeanne d'Arc, mais il ne faut pas tout mélanger. Lorsqu'on porte l'écharpe, on représente l'ensemble des Orléanais, donc on doit rester neutre, laïc, en toute circonstance."

Un point de vue que partage, au fond, Olivier Geffroy, conseiller municipal d'opposition LR, "le contexte a changé, insiste l'élu. Nous avons besoin aujourd'hui de nous réarmer au plan républicain. Pour paraphraser le général de Gaulle, défendre la laïcité, ce n'est pas sauter comme un cabri en criant "laïcité." D'ailleurs, le général de Gaulle, très croyant, ne pratiquait jamais lorsqu'il était en représentation pour la République. Il faut être cohérent, et je ne crois pas que ce soit un très grand sacrifice pour les élus orléanais qui sont catholiques de ne pas aller communier ce jour-là."

Recours devant le tribunal administratif

Pour Florent Montillot, le 1er adjoint au maire, ce débat n'a pas lieu d'être. "Les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans sont une exception unique en France, que même la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'a pas remise en cause. Surtout, quand on commence à entrer dans le détail, on s'arrête où ? Faut-il, par exemple, renoncer à ce que le maire d'Orléans brandisse l'étendard de Jeanne d'Arc, sous prétexte que cet étendard évoque la Vierge Marie ?"

La charte de la laïcité a été approuvée vendredi soir par 42 voix (la majorité et le groupe d'opposition de droite, malgré ses réserves) ; les groupes d'opposition de gauche et LREM ont voté contre. La polémique n'en restera pas là : la conseillère municipale communiste Dominique Tripet déposera dès la semaine prochaine un recours devant le tribunal administratif d'Orléans pour faire annuler cette charte. De leur côté, les socialistes orléanais ont décidé de saisir le gouvernement, par l'intermédiaire de l'Observatoire de la laïcité et de Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales.

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