Société DOSSIER : L'immigration : un enjeu électoral 2017

Où en sont les réfugiés des camps de Calais et Paris accueillis en Limousin ?

Par Jérôme Ostermann, France Bleu Limousin et France Bleu dimanche 5 mars 2017 à 14:03

Zyad, Mohammed et Noubrass avec Isabelle Faure, la directrice du CAO de Peyrat-le-Chateau.
Zyad, Mohammed et Noubrass avec Isabelle Faure, la directrice du CAO de Peyrat-le-Chateau. © Radio France - Jérôme Ostermann

Où en sont les quelque 300 réfugiés arrivés en Limousin depuis l'été dernier en provenance de Calais et Paris ? Quelques uns ont obtenu l'asile mais la plupart sont dans l'attente d'une réponse de l’administration, comme à Peyrat-le-Chateau en Haute-Vienne. Reportage.

Où en sont les quelques 300 réfugiés arrivés en Limousin depuis l'été dernier en provenance des camps de Calais et Paris ? Seulement dix ont vu leur demande d'asile aboutir favorablement. Il y a eu une réponse négative pour à peu près autant de personnes. Plus de 150 réfugiés ont déjà quitté le Limousin, notamment huit mineurs partis de Corrèze, car admis en Angleterre. Pour les autres, les dossiers sont toujours à l'étude. Il faut à l'administration en moyenne un an pour les traiter.

Une chose est certaine, en Haute-Vienne, le centre de loisirs de Saint-Léger-la-Montagne devra être libéré au mois de mai. Au final, il ne restera que 90 places contre 137 actuellement dans les CAO, les centres d’accueil et d'orientation, en Limousin en plus des 170 places en Cada, les centres d’accueil pour demandeurs d'asile.

Deux heures de cours de français tous les jours

Des réfugiés qui, au quotidien, continuent de s'accrocher à leur rêve d'une vie en France. Comme à Peyrat-le-Château, petite commune de 1.000 habitants au pied du Lac de Vassivières, où 49 réfugiés sont accueillis dans des gîtes. Parmi eux, trois Irakiens de Bagdad, il y a Mohammed, 49 ans, journaliste reporter. Après quelques jours dans la jungle de Calais, il est arrivé il y a un mois en Limousin et il est en pleine demande d'asile. Sa priorité est de rejoindre Paris pour avoir une chance de trouver un travail de journaliste en langue arabe.

Zyad, lui est un ingénieur informatique de 44 ans, arrivé en juillet 2016 à Peyrat-le-Chateau, il fait partie des cinq personnes à avoir obtenu une réponse positive. Il peut rester deux ans en France. Il espère rejoindre Limoges et faire venir sa famille qu'il a tous les jours au téléphone via internet. Noubrass a 49 ans, gravement blessé à une jambe par les soldats de Daesh, il a été opéré en Belgique avant d'arriver en Limousin où il tente de se reconstruire en faisant beaucoup de sport. Des réfugiés qui ont deux heures d'apprentissage du français tous les jours. Passage obligé pour vivre en France et y trouver un jour du travail.

Reportage audio avec trois réfugiés Irakiens de Peyrat-le-Chateau

Trois réfugiés irakiens qui habitaient la même ville, Bagdad, mais qui ne se connaissaient pas avant d'arriver dans cette petite commune du Haut-Limousin. Ils vivent maintenant sous le même toit à Peyrat-le-Château. Certains de leurs voisins réfugiés bénéficient d'un accompagnement psychologique , les traumatismes peuvent être nombreux. Un refus pour les papiers par exemple, peut vite conduire à la dépression.

Zyad, Mohammed et Noubrass, eux, ont l'air d'aller plutôt bien. Malgré leurs inquiétudes. Il faut se débrouiller. Un exemple ? Quand ils ont absolument besoin d'aller à Limoges et que personne ne peut les y conduire, ils marchent 10 kilomètres pour aller prendre le train à Eymoutiers. Mais s'ils sont éloignés de la ville, ils apprécient d'être entourés. De quoi entretenir l'espoir d'obtenir l’autorisation de vivre en France, au moins quelques années. De toute façon plaisante Zyad : "A Bagdad, tout le monde est mort".

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