Société

Panthéon : qui sont les quatre nouveaux pensionnaires ?

Par Marina Cabiten, France Bleu Saint-Étienne Loire vendredi 21 février 2014 à 7:00

Germaine Tillion, figure de la Résistance et nouvelle pensionnaire du Panthéon
Germaine Tillion, figure de la Résistance et nouvelle pensionnaire du Panthéon © MaxPPP

Vendredi matin, François Hollande va officialiser l'entrée au Panthéon de quatre nouveaux pensionnaires, des figures de la Seconde Guerre mondiale : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Retour sur leurs parcours.

I. Germaine Tillion (1907 – 2008)

Germain Tillion était une grande figure de la résistance. Ethnologue, elle donne un jour les papiers de sa famille à une famille juive pour la protéger. À partir de 1941, elle dirige les opérations d’évasions de prisonniers de guerre. En août 42, Germain Tillion est dénoncée, arrêtée puis déportée l’année suivante dans le camp de femmes de Ravensbrück, avec sa mère qui y sera gazée. Germaine Tillion sera libérée en 1945 par un convoi de la Croix-Rouge suédoise. Après la guerre, elle travaille sur l’histoire des déportées, et plus généralement sur la Seconde Guerre mondiale. Elle part ensuite en Algérie au moment de la guerre. En 2004, elle lance un appel contre la torture en Irak avec d’autres intellectuels.

II. Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920 – 2002)

Nièce du général de Gaulle, résistante dès 1940, Geneviève de Gaulle est spécialisée dans le renseignement. Arrêtée par la gestapo française, elle arrive au camp de Ravensbrück en 1944. Elle y devient amie avec Germaine Tillion et d’autres résistantes. Le patron de la SS, Heinrich Himmler, la garde en vie pour en faire une monnaie d’échange. Finalement, Geneviève de Gaulle sera libérée en 1945. Elle témoignera au procès de Klaus Barbie. Avant cela, elle s’engage dans l’association ATD Quart Monde dont elle devient la présidente en 1964.

La voici défendant ses idées sur un plateau de télévision en 1994 >

  III. Pierre Brossolette (1903 – 1944) ------------------------------------- L’un des plus hauts dirigeants de la Résistance. Journaliste au moment de l’entrée en guerre, il rejoint l’armée et est décoré en tant que capitaine en 1940. Mais, hostile au régime de Vichy, il rejoint comme Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle la résistance via le Groupe du musée de l’Homme. Sa librairie sert de lieu de réunion et d’échange de documents. Pierre Brosssolette part à Londres en 1942 où il rencontre Charles de Gaulle et travaille ensuite pour lui, entre France et Angleterre. Il est l’une des voix qui représentent les combattants de l’ombre à la BBC. En 1944, dénoncé, il est arrêté et emprisonné à Rennes. Torturé au siège de la Gestapo à Paris, Pierre Brossolette saute par la fenêtre pendant un moment d’inattention de son gardien. Il se blesse et meurt quelques heures plus tard sans avoir parlé. IV. Jean Zay (1904 – 1944) -------------------------- Jean Zay était un homme politique. Il a été ministre de l’Education du Front Populaire et a notamment mis en œuvre la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, et l’interdiction du port d’insignes religieux ou politiques à l’école. En 1940, il est visé par une campagne de presse menée par le gouvernement de Vichy, et réclamant la condamnation à mort du « juif Jean Zay ». Il est finalement condamné pour désertion et part en prison à Riom. En 1944, c’est là que des miliciens de Vichy viennent le chercher en se faisant passer pour des résistants, et l’assassinent dans un bois.
Jean Zay, ministre de l'Education assassiné par le régime de Vichy - Maxppp
Jean Zay, ministre de l'Education assassiné par le régime de Vichy © Maxppp
Aujourd'hui, 73 personnes sont inhumées au Panthéon dont Jean Moulin, Aimé Césaire ou Marie Curie.