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Société

Orléans : la justice annule l'arrêté d'expulsion d'un Camerounais, papa d'un enfant sourd

vendredi 8 juin 2018 à 17:59 Par François Guéroult, France Bleu Orléans et France Bleu

Raymond Zeh peut rester en France : ce Camerounais, père d'un enfant atteint de surdité profonde, scolarisé à Saint-Jean-de-la-Ruelle, était menacé d'expulsion. Mais le tribunal administratif d'Orléans a annulé l'arrêté du préfet du Loiret.

La préfecture du Loiret dispose d'un mois pour appliquer le jugement du tribunal administratif d'Orléans
La préfecture du Loiret dispose d'un mois pour appliquer le jugement du tribunal administratif d'Orléans © Radio France - Stéphane Barbereau

Orléans, France

Raymond Zeh a retrouvé le sourire ! Ce Camerounais, habitant de Beaugency, et dont le fils de 11 ans, atteint de surdité profonde, est scolarisé à l'Institut régional des sourds à Saint-Jean-de-la-Ruelle, était menacé d'expulsion. L'établissement médico-social et le collectif RESF 45 s'étaient mobilisés et viennent d'obtenir gain de cause auprès du tribunal administratif d'Orléans.

Ce qui est dommage, c'est que la préfecture n'ait pas réalisé avant l'erreur manifeste qu'elle avait faite dans ce dossier" - Chantal Thabourin, du collectif RESF 45

Raymond Zeh a toujours expliqué qu'il n'était ni réfugié politique, ni exilé économique, mais qu'il avait quitté le Cameroun pour que son fils Junior, atteint de surdité profonde, soit opéré et appareillé en France - ce qui a été fait en 2011, mais l'enfant nécessite un suivi, d'autant qu'il souffre de troubles moteurs et neurologiques. S'appuyant sur les progrès médicaux effectués au Cameroun, le préfet avait pris un arrêté d'expulsion en janvier - "arrêté totalement ubuesque", souligne Chantal Thabourin, du collectif RESF 45 : "Pour que Junior puisse rentrer au Cameroun, il faudrait lui enlever l'implant qu'il a actuellement, pour lui remettre un autre implant de la marque qui existe au Cameroun ! Le tribunal administratif a rendu une décision d'humanité, certes, mais ce qui est dommage, c'est que la préfecture n'ait pas réalisé avant l'erreur manifeste qu'elle avait faite dans ce dossier.

"C'est une décision d'humanité" - Chantal Thabourin (RESF 45)

Cela a été psychologiquement dur pour moi" - Raymond Zeh

Pendant ces quatre mois de procédure, Raymond Zeh a perdu son droit de travailler, alors qu'il effectuait des missions d'intérim : "C'est une situation assez complexe pour un parent qui accompagne un enfant handicapé, seul dans un pays étranger... Moralement, psychologiquement, cela a été dur pour moi. Je suis vraiment satisfait car le tribunal administratif a compris que mon fils, pour le moment, a besoin d'être suivi en France."

Dans ce jugement, le tribunal condamne la préfecture à payer les frais de justice dans cette affaire - soit la somme de 1 000 euros - et lui donne un mois pour délivrer une autorisation provisoire de séjour. Nouveau combat pour le comité de soutien : l'obtention d'un visa pour permettre à Raymond Zeh et à Junior de passer l'été au Cameroun pour voir leur famille - ce visa qui avait été délivré ces deux dernières années par la préfecture n'a jusqu'ici pas été obtenu.