Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

TÉMOIGNAGE - Deuil d'un enfant : "pas de mot dans le dictionnaire, pas de sens, pas de reconnaissance"

-
Par , France Bleu Saint-Étienne Loire

C'est le souhait de nombreuses familles qui ont perdu un enfant : la reconnaissance du mot "parange". Ce néologisme est déjà utilisé par certains parents endeuillés, pour désigner leur situation pour laquelle il n'existe pas de nom officiel. Une Stéphanoise qui a vécu ce drame témoigne.

Un lâcher de ballons pour la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, en octobre 2018, à Nancy.
Un lâcher de ballons pour la journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal, en octobre 2018, à Nancy. © Maxppp - Alexandre Marchi

Comment appelle-t-on une personne qui a perdu un enfant ?  Il n'y a pas de mot reconnu contrairement à "veuf" quand on perd un époux, ou "orphelin" quand on perd un parent. La députée LFI Mathilde Panot, épaulée par une trentaine de parlementaires de tous bords, a décidé la semaine dernière de s'emparer de cette question, avec une proposition de résolution parlementaire. Le besoin d'avoir un mot est essentiel pour les familles endeuillées, explique Stéphanie Filliung, présidente de l'association stéphanoise Lou'Ange, qui confectionne et distribue des layettes pour les enfants nés sans vie. 

Un mot pour faire son deuil... et ne pas oublier

"Pas de mot dans le dictionnaire, ça veut dire pas de sens, pas de reconnaissance", détaille cette mère de famille, qui a accouché il y a dix ans d'une fille morte née, alors qu'elle en était à six mois de grossesse. "Or la reconnaissance est une étape essentielle du deuil", poursuit Stéphanie Filliung. 

Stéphanie Filliung, présidente de l'association Lou'Ange

Elle donne en exemple les discussions de tous les jours, où l'on vous demande combien vous avez d'enfants : "moi je réponds "j'en ai trois"... quelque part je renie ma fille qui est décédée à la naissance puisque après, la question qui suit c'est "quel âge ont vos enfants ?". Du coup ça met notre interlocuteur mal à l'aise, nous on n'a pas tout le temps envie d'en parler, alors que si je pouvais dire "j'ai trois enfants et avec mon mari on est paranges d'une petite fille", ce serait plus simple". 

Pétitions

Stéphanie Filliung a signé de nombreuses pétitions pour la reconnaissance du mot "parange", qu'elle emploie, tout comme ses variations, "papange" ou "mamange". Elle a aussi décidé de monter son association, il y a presque dix ans, pour venir en aide aux parents qui ont vécu le même drame qu'elle. L'association Lou'Ange confectionne et distribue des layettes, nids d'ange et bonnets pour les hôpitaux, afin que les enfants nés sans vie puissent être habillés avant d'être présentés à leurs parents. 

"Nous notre fille nous a été présentée dans un plateau à instruments, c'est une image violente... je me suis dit que non seulement je n'avais pas été capable de donner la vie à ma fille mais qu'en plus nous n'étions pas foutus de l'habiller dignement", se souvient-elle. 

Plus de 30.000 layettes ont été distribuées en dix ans, au CHU de Saint-Étienne, au HPL et dans de nombreux hôpitaux en France. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess