Société

Un policier niçois : "Parfois on nous appelle et on n'intervient même pas"

Par Sébastien Germain, France Bleu Azur mardi 25 octobre 2016 à 9:08

Des policiers niçois manifestent
Des policiers niçois manifestent © Maxppp - Franck FERNANDES

Les policiers manifestent en ce moment. Une mobilisation importante est prévue ce mercredi à midi place Masséna à Nice, elle est organisée par les syndicats. Un policier niçois nous livre un témoignage bouleversant.

Il préfère rester anonyme. Il prend déjà des risques à témoigner sur France Bleu Azur. Son témoignage est très inquiétant.

Nous sommes des chiens de gardes muselés"

Ce policier niçois participe à toutes les mobilisations. Il nous explique pourquoi il accepte de témoigner aujourd'hui : "Les collègues qui sont jeunes ne veulent pas faire 30 ans de plus dans ces conditions. Nous sommes des chiens de gardes attachés, sans pouvoir pour se défendre. Nous sommes muselés par notre hiérarchie. Les citoyens pensent que nous ne sommes bons qu'à mettre un PV. On nous demande de faire du chiffre mais notre métier c'est aussi d’arrêter les voleurs. La politique du chiffre tue le service à la personne. "

Plusieurs heures de retards sur les interventions"

La police ne se rend plus sur certaines interventions selon ce policier : "ça nous est arrivé d'avoir plusieurs heures de retard sur une intervention. Il y a des conflits familiaux, une personne nous appelle et parfois le retard sur l'intervention peut durer 1 heure, 3 heures, des fois il n'y a même pas d'interventions. On est tous à la ramasse."

On doit acheter un téléphone pour pouvoir bosser"

Les moyens matériels sont également insuffisants : "On est à la rue, on est obligé d’utiliser notre salaire, d’investir dans des portables pour pouvoir recevoir des mails de victimes. Pour bien bosser, il faut que nous payons de notre poche. Notre vie privée est aussi difficile. Quand on se fait insulter tous les jours forcément on a du mal à l'oublier au moment de rentrer chez soi."

Un policier niçois

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