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Paris : des tailleurs de pierre se mobilisent pour aider symboliquement des réfugiés

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Par , , France Bleu Paris, France Bleu
Paris, France

Collectifs et associations ont mené une action symbolique ce samedi matin porte de la Chapelle, à Paris. Des tailleurs de pierre ont ciselé de gros blocs de roche installés sous un pont, par la mairie, pour empêcher les migrants de s'installer. Mais le centre d'accueil juste à côté est saturé.

Florent, armé de sa polka, lisse la roche.
Florent, armé de sa polka, lisse la roche. © Radio France - Kevin Boderau

Équipés de leur burin, leur polka et leur grenadine, une quinzaine de tailleurs de pierre s'est mobilisée ce samedi matin pour soutenir les réfugiés installés porte de la Chapelle, à Paris. Ils sont une trentaine à vivre boulevard Ney, sous un pont, dans un espace de quinze mètres de large, entre des blocs de roche.

La mairie de Paris a installé ces pierres il y a deux semaines pour empêcher les migrants d'y vivre. Mais le centre de premier accueil installé juste à côté est complètement saturé. Les associations et collectifs du quartier ont donc voulu dénoncer cette situation.

Nous voulons donner un sens à un lieu qui n'en a pas, situé entre deux voies rapides, sous un pont qui ne ressemble à rien"- Frédéric Thibaut, tailleur de pierre

Frédéric Thibaut a tenu à être présent ce samedi. "Nous, ces blocs, on a l'habitude de les travailler, explique le tailleur de pierre. On considère que les pierres sont faites pour fabriquer de belles choses, pas pour faire ça".

Pour les collectifs, c'est de l'acharnement contre les réfugiés

Les tailleurs ont décidé de déplacer quelques blocs pour faire de la place aux réfugiés présents. Ils ont sculpté cette roche, l'ont dessinée et aplanie pour permettre à chacun d'y graver un message. "Avec les pierres, on a franchi un stade symbolique, s'agace Jérôme du collectif P'tit Dej' à Flandre. Là on n'est pas sur une avenue fréquentée et bien, même là on va les empêcher de se mettre, ça raconte quelque chose d'une forme d'acharnement".

Les quelques trente réfugiés, la plupart Soudanais, les ont laissés faire, quelque peu dubitatifs. Brahim lui aime quand même l'idée de pouvoir graver un message ou une idée. "Vous savez, beaucoup de gens viennent ici pour prendre des photos ou discuter mais rien ne change", raconte le jeune homme de 24 ans.

Tout ce que nous voulons, c'est un endroit pour vivre, un lieu pour dormir"- Brahim, réfugié soudanais

Mais Brahim va encore passer une nouvelle nuit au milieu des voitures et des blocs de pierre. Depuis son ouverture en novembre dernier, le centre d'accueil de la porte de la Chapelle est bondé.

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