Société

Harcèlement de rue quartier Pajol : la préfecture de police de Paris et la mairie réagissent, la droite manifeste

Par Jocelyne Jean, France Bleu Paris Région et France Bleu vendredi 19 mai 2017 à 18:30 Mis à jour le vendredi 19 mai 2017 à 19:14

© Maxppp -

Les femmes ne seraient plus les bienvenues dans le quartier La Chapelle-Pajol dans le 18e arrondissement de Paris selon un article du journal "Le Parisien". Une pétition a été lancée par une association de riverains. La droite manifeste, la préfecture de Police et la Marie se justifient.

S'agit-il d'une zone de non droit pour les femmes comme l'écrit le journal le Parisien ou d'un sentiment d'insécurité qui grandit dans ce quartier populaire du Nord de Paris? Le fait est que de nombreuses habitantes se plaignent de harcèlement, lorsqu'elles empruntent certaines rues du quartier. Pour Pauline, qui aime, justement son quartier, précisément parce qu'il est cosmopolite et divers, il est devenu difficile d'emprunter certaines rues : "il y a des frôlements, des remarques sur la tenue vestimentaire, des propositions sexuelles, des insultes, c'est devenu intenable!" Dans certaines rues, on ne voit que des hommes, qui stationnent sur le trottoir, les trafics se sont multipliés et les riverains ne se sentent plus en sécurité.

le témoignage de riveraines

L'association Demain la Chapelle a mis en ligne, sur le site Change, une pétition, à l'attention du président Emmanuel Macron, de la maire de Paris, Anne Hidalgo et des maires d'arrondissements, pour réclamer que des mesures soient prises, pour sécuriser le secteur. Une pétition qui, en l'espace de quelques heures a collecté près de 2.000 signatures. Ce que les membres de Demain la Chapelle réclament, c'est que l'Etat prenne des dispositions pour sécuriser les lieux. Pour autant, pas de stigmatisation, loin de là, vis à vis des migrants, parfois présents, le centre de la Porte de la Chapelle, ne parvenant plus à endiguer l'afflux. Une marche exploratoire est prévue, dans les jours à venir, dont les observations seront transmises aux pouvoirs publics.

La ville et la Préfecture de Police, déterminés à agir.

La mobilisation des associations Demain la Chapelle et SOS la Chapelle a été entendue par la Ville et par la Préfecture de Police, qui ont annoncé, ce vendredi, par communiqué, "une augmentation des contrôles de police" et "des actions de sensibilisation". Les autorités confirment travailler en lien avec la mairie du 18 ème arrondissement, pour la mise en oeuvre d'un plan d'action dédié. "Nous ne tolérerons pas qu'un quartier soit en proie à des actes de discrimination à l'égard des femmes. Cela ne correspond ni aux valeurs de Paris, ni aux valeurs de la République" a souligné Anne Hidalgo, maire de Paris. La question du harcèlement de rue sera, en outre, abordée, lors d'une rencontre entre François Molins, procureur de la République et les maires d'arrondissements, le 31 mai prochain, au Parquet de Paris.

Ce vendredi après midi, à l'initiative de Babette de Rozières, candidate Les Républicains aux législatives, avait organisé un sit-in et une marche, dans le quartier. Une démarche jugée comme "récupération politique", par les associations qui rencontrent depuis plusieurs mois des élus de tous bords, mais refusent d'être attachés à un parti en particuliers.