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A Paris, le bidonville rom de la Petite ceinture attend l'expulsion

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Par , France Bleu Paris, France Bleu
Paris, France

Le bidonville de la Petite ceinture est en sursis. 300 Roms devraient être expulsés cette semaine dans le 18e arrondissement de Paris. Les associations qui les soutiennent sont en colère et dénoncent des expulsions "qui ne règlent rien et ne font que déplacer le problème".

Le bidonville, installé sur les rails désaffectés de la Petite ceinture
Le bidonville, installé sur les rails désaffectés de la Petite ceinture © Radio France - Sylvain Tronchet

C'est le seul bidonville sur le territoire de Paris. Le bidonville rom qui s'est installé en juin dernier sur les rails désaffectés de la Petite ceinture dans le 18e arrondissement (entre la porte des Poissonniers et la porte de Clignancourt) abrite 300 personnes, hommes, femmes enfants. La justice, sur demande du propriétaire des lieux SNCF Réseau (ex-RFF) a ordonné leur expulsion. Le jugement devrait selon toute probabilité être mis à exécution dans le courant de cette semaine d'après nos informations. La rumeur de l'expulsion est arrivée jusqu'au bidonville où certains habitants commencent à envoyer des affaires en Roumanie pour ne pas tout perdre. Un réflexe guidé par l'expérience sans doute. Pour certains ce ne sera pas la première expulsion. Loin de là. Livia Otal de médecins du Monde suit certaines familles depuis 2006 en région parisienne. Elle est en colère : _"l'expulsion ne résout pas le problème, explique-t-elle, ça ne fait que le repousser sur la commune d'à côté". _

Pour la ville de Paris, ce bidonville est dangereux 

Mais la préfecture de police et la ville de Paris estiment que le bidonville est dangereux. Les braseros, les poêles de fortune dans le cabanes en bois sont autant de risques d'incendie. Ce qui fait sourire Alain, 38 ans, qui habite le camp avec sa femme et son fils de 13 ans. "Ce qui est dangereux c'est la rue. Dans la rue, il y a des gens qui se droguent, des gens qui boivent, ici, entre nous, on est en sécurité." Surtout, cet architecte de formation craint de perdre son emploi, en CDI, dans une entreprise de désamiantage. _"Je travaille de nuit, c'est très difficile, poursuit-il, je ne peux pas laisser ma femme et mon fils seuls dans la rue"._

Du côté de la ville de Paris, qui n'est pas directement partie prenante, mais dont les travailleurs sociaux seront mis à contribution pour l'expulsion on assure qu'une solution de relogement sera proposée à tous, avec une priorité pour les familles d'enfants scolarisés dans les écoles parisiennes. Mais beaucoup d'habitants doutent de la pérennité de ces promesses. _"Ils vont nous mettre à l'hôtel, explique Alain, et un jour, ils nous diront qu'il n'y a plus d'argent pour payer l'hôtel."_ Pour cette raison, de nombreux habitants du bidonville préfèreront se débrouiller seuls pour retrouver un toit.

Des maisons fabriquées avec des matériaux de récupération où vivent des familles - Radio France
Des maisons fabriquées avec des matériaux de récupération où vivent des familles © Radio France - Sylvain Tronchet

Les associations de soutien ont pourtant proposé une solution, construire, avec l'aide des habitants, des structures démontables en bois qu'on pourrait installer temporairement sur un terrain libre. Olivier Leclerc est architecte, spécialiste de ce genre de constructions, il explique : "on nous dit qu'on ne peut pas construire pérenne, malheureusement, parce qu'il n'y a pas de terrain. Donc on s'est dit qu'on va construire quelque chose de provisoire, mais digne et confortable, et surtout démontable". Ce qui permettrait d'installer ces logements sur des terrains libres temporairement, en attendant de trouver une solution de logement définitive à ces familles.

Les associations demandent un moratoire

Une solution regardée avec intérêt du côté de la ville de Paris, mais qui se heurte à un écueil : le temps. Mobiliser les crédits (européens notamment) pour monter ce projet devrait prendre des mois. Les associations de soutien aux Roms du bidonville demandent donc un moratoire de quelques mois. Ce dont ne veulent pas entendre parler ni la ville de Paris ni la Préfecture de police.  La pétition lancée sur internet ne devrait pas empêcher l'expulsion cette semaine.

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